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14.02.2007
La vie des autres
LA VIE DES AUTRES (Das Leben der Anderen):
Un film allemand de Florian Henckel von Donnersmarck avec Thomas Thieme, Martina Gedeck, Ulrich Mühe
Résumé : Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georges Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent aux idées du parti.
Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus...
Critique : Film allemand dont j'avais entendu beaucoup d'avis positifs à France Inter, je fus néanmoins déçue par le manque de qualités cinématographiques. Certes, le sujet était très intéressant : montrer la surveillance, et donc l'atteinte, de la vie privée des allemands en R.D.A., et la pression exercée lors des interrogatoires. La première scène représente d'ailleurs ce sujet et est la plus intéressante du film.
Mais, si le sujet s'avère choisi avec intelligence, outre sa documentation, le scénario s'y appliquant ne reflète en rien les personnalités de l'époque.
Le personnage représentant l'espion de la Stasi tombe trop facilement du côté des « gentils » et commence à mentir à ses supérieurs ou à taire certaines révélations dans son rapport, tandis qu'auparavant, il était réputé pour sa foi en le régime et son impassibilité face aux lamentations des prisonniers. Qu'un tel personnage, froid et solitaire, décide subitement d' « arranger » les petites affaires illégales d'un metteur en scène, sans qu'il le sache, est plausible. Néanmoins, le passage de l'un à l'autre se fait trop abruptement, ou d'une manière peu convaincante.
La scène qui m'a paru la moins adaptée au contexte du film est celle où Wiesler, mis au courant par écoute d'une dispute entre Dreyman, l'auteur et sa compagne, l'actrice Christa-Maria, car cette dernière était forcée de le tromper, boit dans un bar et voit soudain l'actrice entrer. Il comprend qu'elle va tout de même retrouver l'autre homme, au désespoir de Dreyman. Wiesler décide subitement de la réconforter en se faisant passer pour un de ses admirateurs, lui sort de « magnifiques litanies » sur SON public, acte absolument étonnant de sa part et que je juge inadapté à sa personnalité. Mais le plus absurde se passe le lendemain, où Wiesler découvre dans le rapport de son camarade de ralliement, que Maria-Christa était revenue et que le couple s'était fougueusement réconcilié.
Cette situation fonctionnerait peut-être dans un cadre surréaliste (comme « Le fabuleux destin d'Amélie Poulain »de Jean-Pierre Jeunet) mais pas ici. Ou, du moins, le réalisateur n'a pas su saisir la subtilité de l'émotion. Il a voulu essayer de créer une histoire et des personnages fictifs et surréels, avec un contexte historique très documenté au fond, mais n'a pas su concilier les deux.
Ce qui est dommage car les acteurs, malgré leurs interprétations majestueuses, n'arrivent pas à nous convaincre du réalisme de leurs personnages. Ou ils y parviennent dans certaines scènes, rares malheureusement, qui nous font penser à la froideur cinglante de celles de « L'armée des ombres » de Jean-Pierre Melville ou à la violence conjugale du« Parrain » de Francis Ford Coppola (même si ces deux films ne présente aucun, ou peu, de rapports avec « La vie des autres »)
« La vie des autres » se présente comme une histoire manichéenne, où sont opposés la Stasi, dont le ministre Hempf, gros et vieux politicien pervers, et le lieutenant Grubitz, homme cynique et farci de pouvoir ; et les « résistants », tous de grands auteurs solidaires et naturels.
Outre la documentation surprenante du film, « La vie des autres » a tout de même l'atout de tourner autour de la grande question de la vie privée, d'où le titre du film. En effet, cette partie est exploitée d'une façon intéressante, nous montrant la surveillance qui tourne en obsession de la vie du couple d'artistes. Cette surveillance qui se fait par écoute, où Wiesler finit par vivre au dépend de ce couple, sachant tout de leurs disputes et de leurs conversations, ayant les mots mais pas les images, alors que nous, spectateurs, nous les avons. Ce principe, du passage de l'un à l'autre, de l'écoute à l'image, d'un côté, celui qui sait, de l'autre, ceux qui ignorent, est merveilleusement maitrisé durant la première petite heure du film.
De plus, la fin du film, qui ne tombe pas dans le cliché, ce dont j'avais un peu peur, où Wiesler prononce la dernière parole de ces 2 heures 17 minutes, conclut la fin de son comportement et l'apogée de sa surveillance.
Enfin, cette critique est un peu courte car le film étant très long, il me faudrait détailler plusieurs scènes et dévoiler des spoilers. Néanmoins, beaucoup de monde (des spectateurs, des critiques, des journaus, des festivals) apprécient ce film. Moi, je l'ai jugé décevant malgré son intéressant contexte historique. A vous de juger !
14:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note








