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21.05.2007

Jim Jarmusch

JIM JARMUSCH : 


Petit texte sur ce réalisateur dont j'admire deux de ses oeuvres (les seules que j'ai vues jusqu'à présent), toutes admirables, originales, empreint d'un humour noir et d'une poésie subtils et servies par d'excellents acteurs : Dead Man (1995) et Broken Flowers (2004).

Ces deux films sont très différents, tant par le décalage temporel que par le scénario ou la caractérisation des personnages. Pour cette dernière, il y a néanmoins un point commun, ce qui définit en partie la sensiblité de Jim Jarmush : les deux rôles principaux sont tous les deux des types paumés, des « pauvres types ».

L'un est un jeune homme timide, dépassé par la violence et brutalité de ceux de son sexe, les hommes, et tandis qu'il part dans une odyssée étrange, il va découvrir son vrai côté, ce que l'on appelle le « dark side » dans les blockbusters, mais qui ici est présenté avec intelligence et une incroyable originalité. L'autre est un Dom Juan vieilli, fatigué par la vie et émouvant, et tandis qu'il part à la recherche de son fils, découvre les aléas de la vie et sa méchanceté âpre et douce.

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De « Dead Man », la première impression est : étonnant. Ce film est déroutant, nous laisse bouche bée face à l'originalité de Jim Jarmusch, son humour, sa belle poésie brutale. De longues séquences sont mémorables, bercées de la musique de Neil Young, tandis que Bill Blake se repose de ces événements rocambolesques qui lui arrivent avec brutalité. Il n'est pas vraiment « Candide », il finit par s'habituer et de lui se dégage un aura d'être surréaliste. Peut-être est-ce lui qui est « différent ». Peut-être est-ce tout le film. Peut-être est-ce Jim Jarmusch, celui que l'on surnomme pionnier du néo-cinéma indépendant américain.

C'est Johnny Deep qui interprête ce rôle mémorable, qui a pu confirmer ses talents d'acteur et est d'une émotion incroyable.

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De « Broken Flowers », c'est une émotion qui apparaît en premier, mais différente de celle de Johnny Deep. Don Johnston est vieux, las, sans atout particulier. Il se retrouve largué. Une histoire qui se présente sans intérêt, à laquelle on ne s'intéresse pas. Et pourtant, Jarmusch réussit à nous émouvoir avec cette homme entouré d'indifférence. Il porte un regard lucide sur la société, sans porter d'accusation particulière. Il cherche sans entrain, il veut même abandonner, il est extrêmement fatigué. La justesse du ton et le surréalisme de ce regard incroyable font de « Broken Flowers », un film formidable.

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C'est l'excellent Bill Murray, avec sa tête de paumé, qui se détache de ses rôles comiques pour créer une interprétation émouvante, où son regard étonnant de chien égaré est pour beaucoup.


Je pense que Jim Jarmusch n'est pas, ou ne doit pas, être une sorte d'icône. Il est à part, comme beaucoup d'autres, et n 'hésite à exposer son point de vue. Il s'agit de quelqu'un de très sensible, bercé dans l'illusion de ses rêves.

 

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(c) Antoine Doyen 

Commentaires

j'ai jamais vue le film Dead man!

Ecrit par : sab | 27.05.2007

Ben moi je viens de le voir tout à l'heure et c'est pas mal du tout... Trop long et pas toujours très consistant mais plutôt envoûtant avec une musique géniale...

Ecrit par : nicolas | 17.02.2008

Au fait je sais pas si t'as été voir le fameux Gattopardo de Visconti l'autre jour avec le ciné-club poinca mais si oui, t'en as pensé quoi ?
L.V. est un de mes réalisateurs préférés et je mets le Guépard en tête dans sa filmo donc attention à ce que tu vas dire lol (non attaque-le si t'as pas aimé mais ça m'intéresse un peu de savoir).

Ecrit par : nicolas | 17.02.2008

Le guépard (ou Gattopardo, puisque tu es si pointilleux sur les titres de films) ? Tu as de la chance, j'ai bcp aimé. Sauf, que 3 h (et non pas 3h 30, comme il nous avait annoncé pour nous faire peur ), c'est plutôt long !!
Mais le film est très intéressant pour dépeindre la progression de la chute morale et physique du personnage de Burt Lancaster (génial), opposé à son neveu Alain Delon (qui choisissait mieux ses films à l'époque que maintenant !)
La scène du bal est étonnante et la plupart des plans se rapprochent des tableaux dans leur composition.

Mais de Visconti, ce n'était que le premier !! A vrai dire, celui qui m'intéresse, c'est La mort à Venise.

Ecrit par : oriane | 18.02.2008

Ben je ne suis pas spécialement pointilleux sur les titres des films sauf lorsque ça concerne l'Italie ! lol
Oui 3h30 ça me paraissait bizarre parce que j'ai moi-même vu deux versions : française de 2h45 et Italienne de 3h.

Ah un peu long, je n'avais pas trouvé, au contraire c'est à mes yeux un formidable crescendo qui cumule lors de la scène du bal, donc pour moi impossible de décrocher parce que le film gagne en intensité au fur et à mesure qu'il avance...

La chute morale je n'y ai prêté attention que la deuxième fois, j'étais trop ébloui la première fois par la mise en scène au plan strictement visuel.

Delon était très bon acteur à l'époque, toujours de Visconti et avec lui : "Rocco et ses frères" est magnifique.

Mort à Venise j'aime bien (beaucoup même) mais si tu peux trouver "Sandra" et "L'Innocent", je les adore, largement au-dessus !
"Les Damnés" aussi. Il y a juste "Ludwig" que je te déconseille mais d'autres encore sont à voir (Ossessionne, Senso...).

Bref, j'arrête de parler je vais être long mais voilà pour le père Visconti !

Ecrit par : nicolas | 18.02.2008

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