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  • Enfance

    ENFANCE

    Un roman de Nathalie Sarraute

    Racontant son enfance, Nathalie Sarraute évite avec brio l'autobiographie classique, celle qui décrit laconiquement les joies et les traumatismes de cette période si explorée.

    En effet, l'écrivain a choisi tout d'abord une narration à deux voix, donc sous forme de dialogue,comme si elle se parlais à elle-même. La voix principale raconte différents moments forts de cette enfance déchirée et, au fur et à mesure du récit, se laisse emporter dans le passé, dans les souvenirs, dans les détails et finit par ressentir l'émotion de l'enfant qu'elle était. Cette projection en arrière, comme le visionnage d'un film, est à la fois identique et différente de la vraie scène.

    La retombée en enfance est telle que Nathalie en vient à porter le même jugement qu'autrefois, à accentuer ses colères et ses joies qui, stoppées par une réfutation de la deuxième voix, s'évanouissent ou plutôt se développent, se transforment en le jugement adulte de Nathalie.

    Si la deuxième brise souvent, trop souvent,l'émotion ressentie par la narration nostalgique de la première, elle permet la réflexion face aux événements et la compréhension beaucoup plus humaine des caractères des différentes relations de cette enfance.

    Les deux voix se parlent, se contredisent, se calment, se complètent et finissent par se mêler. De nombreux doutes et interrogations jaillissent entre les phrases, des hésitations aussi, des troubles, telle une photographie un peu floue.

    Le style magnifique de Nathalie Sarraute, parfois proche de la poésie, rend enfin ce livre incontournable.

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    image -source -www.lelitteraire.com     

  • Ouverture de saison du TGP - 2007

    Ouverture de saison au Théatre Gérard Philipe de Frouard

     L'impression de rentrée est une nouvelle fois renforcée par l'ouverture de saison du TGP (alias Théâtre Gérard Philipe de Frouard), hier soir à 19 heures. Les habitués étaient au rendez-vous, les moins habitués aussi, et certains passionnés absents.

    Néanmoins, ce fut une excellente soirée, mélange de visages connus ou inconnus ; d'invités heureux ; de surprises encore tenues secrètes...Et de confitures ! Tout cela présenté par Isabelle Hiblot, chargée de l'action culturelle et de la com. et par Philippe Sidre, directeur du théâtre

    Quels veinards , ces artistes invités sur scène.. Chacun, après sa petite présentation, avait droit à une tartine de confiture faite maison : coing, cerise, fraise, rhubarbe et marron (la préférée des spectateurs)... 

     -Laurent Vacher inaugura la soirée avec Le Mystère de la météorite, voyage multi-culturel sur le traget effectué par Théodore Monod en cherchant la météorite de Chinguetti.

     -Ensuite, la seconde goûteuse fut une membre du festival de "La Tête Ailleurs". Ce festival, tout en recherchant une réelle qualité artistique, présente des spectacles brassant différentes personnalités aux difficultés sociales avec des professionnels. Au TGP aura lieu un concert de percussions Oflé Nié regroupant 15 musiciens.

    -La troisième tartine fut Belge, avec un spectacle de Luc Dumont, Trente-deux dix, une très belle histoire sur l'adolescence, l'amour et le jeu.

    - En 4ème, un Jean-Luc Lagarce culinaire ou la présentation de l'adaptation d'une de ses pièces Juste la fin du monde sur l'attente et le retour ; et qui semble très prometteur...

    -La 5ème dégustation fut en cours de création avec l'intervention de Jean de Pange, construisant en décentralisation son premier propre spectacle Pourquoi j'ai tué Serge Gainsbourg, conte moderne concernant les retrouvailles de deux amis et hanté par l'icône artistique...

    - Francesca Poloniato finit la dégustation de manière "ballerinesque" en présentant le ballet du CCN, La belle et la bête.

    Mais outre ces artistes, ayant pris la peine de se déplacer (merci à eux), il y a également de nombreux autres spectacles à pas manquer.

    Après cette longue mais passionnante présentation se mit en place l'improvisation A corps, à cordes, un trio comprenant... un trio artistique : une danseuse superbe et très douce dans ses mouvements Zrinka Simicic ; une impressionnante violoniste-vocale Chris Martineau ; et un sculpteur jouant avec le bois Denis Tricot. 

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    (Denis Tricot et ses sculptures) 

    Bref, comme l'a si bien exprimé Henri Klein (le président de l'association du TGP), invité en début de soirée sur scène (mais ayant raté la dégustation) :

    "Je n'aime pas les ouvertures de saison, car après, on a envie de tout voir".  

  • Le Pianiste

     LE PIANISTE

    Un récit de Wladyslaw Szpilman

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    Quoi de plus fort et percutant, tel un coup de fouet en pleine figure, que cette autobiographie au coeur du ghetto de Varsovie, écrite par un homme qui a connu l'horreur sur Terre : Wladyslaw Szpilman.

    En effet, il est très difficile de critiquer un livre autobiographique, surtout si l'auteur relate sans s'apitoyer sur son sort l'un des crimes contre l'humanité.

    Au début, l'aspect narratif a du mal à décoller : Szpilman vit la paisibilité d'une famille cultivée, à Varsovie et mène une existence convenable malgré les premières mesures antisémites. Mais à chaque chapitre, il nous rappelle avec froideur ou ironie que tout ceci n'est rien, que les nombreuses patrouilles circulant dans les rues le soir ou les tabassages en direct ne sont qu'un grain de poussière dans l'immensité de la folie et de la violence humaines. Très vite, les premiers Juifs sont arrêtés, torturés ou abbatus, leurs cadavres étant abandonnés sur les trottoirs, tandis qu'autour, les varsoviens s'organisaient égoïstement pour trouver de la nourriture ou des vaccins.

     Au fil du récit, l'auteur décrit nettement l'ascension de l'horreur et ressent des émotions de plus en plus fortes, de plus en plus personnelles. L'histoire devient à la fois personnelle et universelle. De plus, Szpilman accorde une confiance immense au lecteur en le respectant, d'où le message légèrement pacifique délivré à la fin.

    Néanmoins, il est difficile d'en dire plus pour ne pas dévoiler toute cette histoire invraisemblable par l'immensité de ses horreurs.

     Un livre à lire absolument.

    Petite précision : le livre, écrit en 1946, a été interdit sous le régime communiste. C'est seulement en 1998 que son fils, l'ayant découvert,réclame une nouvelle publication. Encore un nouvel exemple de la censure d'oeuvres relatant pourtant la vérité.

  • Compte-rendu cinématographique été 2007

    FIN DE L'ETE...

    L'été se finit, tel l'écran lumineux passant au noir, et d'où défilent des caractères blancs ; telle la dernière image figée de la pellicule ; telles les lettres tant fatidiques s'étendant clairement sur un fond sombre, telles les rangées se vidant au fur et à mesure tandis que résonnent les frottements des vêtements et des sacs et les pas de parfaits inconnus qui ont, le temps d'un film, contemplé l'oeuvre en même temps que vous...

    Oui, l'été se finit, ainsi que les quelques après-midi de pluie passés au cinéma, entre les trajets en bus, le shopping et les promenades au milieu des parcs. De même que les soirées où, confortablement installée devant le Mac, je me projettais un ou deux films en DVD, avant de tomber dans un sommeil profond.

    Cet été fut malheureusement peu riche côté cinéma, seulement trois films (dont une réedition) se détachant du lot. ( Côté DVD, par contre, les découvertes furent nombreuses, comme quoi le cinéma d'avant semble plus passionnant que l'actuel...) C'est pourquoi voici un petit panorama des films vus cet été au cinéma.

     

    PERSEPOLIS - Marjane Satrapi et Vincent Parronnaud 

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    Allez, autant commencer par l'une des plus belles surprises de l'été (que dis-je de l'été ? De l'année, carrément !) : l'adaptation cinématographique de la bande dessinée autobiographique de Marjane Satrapi. Le film est depuis deux mois à l'affiche, et c'est tant mieux. Optant courageusement pour une animation simple, respectant l'histoire sans pour autant la copier bêtement, « Persépolis » est l'un de ces rares films où l'on sort bouleversé, souriant, empli de tendresse envers les protagonistes de l'histoire. Un beau bijou à voir à plusieurs.

    Ici, la critique plus poussée du film

     

    THE BUBBLE - Eytan Fox

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    Un film engagé pour un propos intéressant, mais se concentrant trop sur les histoires de coeur de ses personnages. Ne manquant en revanche pas de rythme, certaines scènes s'avèrent très amusantes, où un autre regard est porté sur la jeunesse insouciante de Tel-Aviv, révoltés mais si lointains du conflit à la frontière. Les protagonistes sont attachants, les interprétations sympathiques et la bande-son originale se détache de l'ensemble. Dommage qu'Eytan Fox n'ait pas poussé l'intrigue plus loin, se contentant d'une fin assez explosive, plutôt au sens propre plutôt qu'au figuré...

     

    EXILE - Johnny To

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    Lorsque je suis allée voir Exilé, je ne connaissais rien du réalisateur, rien de son travail, rien des acteurs et peu de l'intrigue. Tentée par les images sublimes d'un court teaser et de quelques photos promettant l'ambiance des films de tueurs à gages, je ne fus pas déçue. Revisitant subtilement le film de genre, bourré de références au western (jusqu'à utiliser la scène de fusillade du trio dans The Good, The Bad and The Ugly de Sergio Leone), Exilé possède néanmoins de nombreuses trouvailles, où les personnages, attachants de par leurs différences, embarqué dans un rythme effréné aux fusillades impressionnantes, à la photographie sublime (notamment le premier plan du travelling en plongée au début), le tout porté par une bande-son absolument sublime. S'appuyant à encadrer en permanence les 4 héros, leurs sentiments sont honorables et évitent heureusement le cliché. Jamais ennuyeux, Exilé est une belle surprise, certes très violente, mais porté par la qualité et le soin des images. Seule note négative du film : le symbolisme des photos est un peu exagéré.

     

    HARRY POTTER AND THE ORDER OF THE PHOENIX - David Yates

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    Cette saga est marquée par le fait que les réalisateurs se succèdent, fournissant une ambiance et un travail différent au fur et à mesure que les personnages grandissent et que les livres manquent d'intérêt. Après les versions enfantines et brouillons de Chris Columbus, Alfonso Cuaron avait su redonner de la noirceur et du rythme à l'intrigue manichéenne. Puis, Mike Newell n'avait pas lésiné sur le côté « spectacle » du volet quatre et avait réussi à approfondir le scénario, optant pour des choix sévères (absence du combat de Quidditch décrit dans une cinquantaine de pages du livre, disparition de l'elfe Dolby...), et créant une valeur nouvelle aux personnages secondaires, qu'il n'hésitait pas à inclure dans des séquences anecdotiques amusantes (composition hilarante de l'acteur de Rogue durant la discussion de Harry et Ron lors de son cours ; les jumeaux Weasley débordant d'énergie ; ridicule cours de danse à l'ancienne...).

    Bref, curieuse de découvrir le résultat des 500 pages ennuyeuses et bourrées de bons sentiments du cinquième volume, j'acceptais de voir en VF le premier film de David Yates, un inconnu. Préférant se centrer sur le côté psychologique et traumatisé de notre héros (Daniel Radcliff, peu détestable mais peu original non plus), à grands renforts de visions chaotiques et d'excès de colères, le réalisateur en oublie carrément l'intrigue, copiant bêtement la description mot pour mot du livre, et voire détruit tout le travail sur les personnages secondaires construit par Mike Newell : mis à part le parrain Sirius Blake et la rose et caricaturale Dolores Ombrage, Ron est complétement délaissé et se contente de brefs sourires timides ; les frères Weasley essaient tant bien que mal d'amuser la galerie lors de leurs rares apparitions ; Cho Chang, malgré son aventure amoureuse avec le héros, disparaît mystérieusement à la fin du film ; le pauvre Drago Malefoy n'a droit qu'à 2 misérables scènes et le si brillant acteur de Rogue ne peut étaler son talent que vers la fin du film. Seuls les décors impressionnants en valent la peine (quelle surprise de débuter le film près des champs de blés !).

    Bref, cruel manque d'approfondissement des choses, peu arrangé par le plagiat pur et simple (jusqu'aux dialogues, récités mot pour mot comme dans l'oeuvre originale même dans le doublage français) et finissant sur une morale cliché, sensée valoriser les bienfaits de l'amitié. Belle amitié, en effet, de s'apercevoir (seulement à la fin!) de la maigre présence des autres acteurs...

     

    CARTOUCHES GAULOISES - Medhi Charef

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    Un film sympathique, reconstituant une Algérie mythique et tentant courageusement de donner du sens à cette guerre. N'écartant pas l'aspect autobiographique, Medhi Charef nous replonge dans l'ambiance à la fois heureuse et sombre de son enfance, chaotant entre les parties de foot avec ses copains, et les quotidiennes rafles d'Algériens sur les lieux publics. Evitant le mélodrame enécouratnt les brefs moments d'émotion et simplifiant les sentiments, Cartouches gauloises s'avère un film sage et posé, à l'image du jeune interprète. Attention, un enfant vous regarde ! Aurait-on envie de hurler aux violents tirailleurs, à la fois français et algériens. Car un enfant les regarde éxécuter de sang-froid leurs victimes, maltraiter les femmes de l'âge de sa mère, jeter du haut d'un avion les cadavres torturés des opposants de son âge, tout cela impassiblement et attentivement, comme si la violence quotidienne, au lieu de le terroriser davantage, l'encourager à garder les yeux ouverts pour s'imprégner à jamais ces images.

    Il est dommage qu'une telle justesse de scénario soit complétée par une mise en scène trop soignée et de jeunes interprètes se contentant de réciter leur texte telle une leçon, ne donnant pas assez d'émotion à leurs visages et à leurs voix.

     

    NAISSANCE DES PIEUVRES - Céline Sciamma

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    Emballée par la bande-annonce de ce film sur l'adolescence et influencée par l'étalage complet de critiques positives, j'attendais beaucoup de Naissance des pieuvres et je fus déçue. Les images et les idées sublimes entreaperçues dans la bande-annonce perdaient ici de leur charme, comme si l'essentiel du film s'était résumé en 2 minutes. Le regard porté sur la sexualité, jugé intéressant et original par la plupart des critiques, me semble plutôt traumatisant et assez courageux. Malgré de très belles séquences (comme les scènes intriguantes de gym aquatique ou les discussions du plafond) et des actrices sublimes, Naissance des pieuvres reste creux, par l'absence affolante d'affection et de tendresse, la disparition des parents et l'obscénité des garçons. Les rares moments de fous rires sonnent faux, et ces jeunes filles « traînent » leurs corps peu, trop ou très formés, leurs espoirs et leurs désirs dans la moiteur des vestiaires de piscines ou dans les rues désertes. Porté par une très belle musique, le film s'avère dérangeant et troublant, tel le malaise vertigineux ressenti au-dessus de l'eau chlorée de la piscine.

     

    LE JARDIN DES FINZI CONTINI (1971) - Vittorio de Sica

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    Dernier film, en réedition dans une petite salle d'une vingtaine de place (et pourtant bondée), je finis ma tournée cinématographique estivale par une perle émouvante, du brillantissime réalisateur italien Vittorio de Sica, découvert le même été avec Le voleur de bicyclette et Sciuscia. Si l'enfance, thème phare de ces derniers, est ici plus délaissée au profit des relations adultes, l'histoire reste d'une simplicité émouvante. L'intrigue a un peu de mal à décoller et les personnages difficiles à distinguer dans le premier quart d'heure, je me suis vite laissée prendre par la mise en scène sublime et le flot d'émotions ressenties, toujours renforcées par des dialogues justes et une interprétation sublime.

    L'intrigue se révèle aérée et le contexte historique intelligemment traité, préférant le placer en second plan jusqu'à l'éclatement de la guerre, détruisant cruellement l'insouciance des jeunes gens de Ferrare

    Dans les films de de Sica, les personnages sont « beaux », sensibles et incroyablement réalistes. La caméra cherche sans cesse à discerner leurs émotions dans les lignes courbes de leurs profils et de leurs lèvres, dans leurs gestes et surtout dans leurs regards. Les yeux se fixent, brûlants et brillants, mettant à nu les sentiments contenus au fond d'eux-mêmes, telles les lectures savantes des Finzi Contini et de leurs amis, au bord du désespoir.

     

    affiches : Allociné.com