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14.10.2007
West side story
WEST SIDE STORY :
Un film de Robert Wise et Jérome Robbins. Avec Natalie Wood, Richard Beymer, Georges Chakiris, Rita Moreno, Russ Tamblyn…Scénario de Jérome Robbins et Ernest Lehman, d’après William Shakespeare.
De l’autre côté du grillage :
Résumé : Dans le West Side, bas quartier de New York, deux bandes de jeunes s'affrontent, les Sharks de Bernardo et les Jets de Riff. Un ex des Jets, Tony, s'éprend de Maria, la soeur de Bernardo.
Critique : Première séance de ciné-club, ce mercredi après-midi, dans une salle pleine où s’agitaient quelques inhabitués plus ou moins agaçants, critiquant chaque petite parcelle du chef d’œuvre, argumentant leurs propos par des raisons niaises et ignorant même jusqu’au mot « respect ». C’est à se demander pourquoi ces spectateurs-là viennent aux séances de ciné-club, réunissant courageusement une variété de films cultes, inconnus ou contemporains.
Bref, malgré ces désagréables lamentations sonores, le film brillait de son plus bel éclat esthétique, scénaristique et mélodique à l’écran. Réunissant brillamment et sans la moindre fausse note les ingrédients efficaces à la comédie musicale américaine de l’époque, servi par une prestation honorable et alliant mélodrame et critique social, « West Side Story » séduit sans trop de surprises par son incroyable sens du rythme et du découpage, étalés sur deux heures et demie.
Commençons par le moins spectaculaire (sans pour autant être le moins original) : le scénario. S’inspirant du mythe shakespearien, l’histoire d’amour ne peut s’empêcher d’être légèrement ringarde parce qu’elle s’inspire du coup de foudre ou ressasse en permanence la même chanson tragique. Cependant, difficile de critiquer la vision idyllique mais tragique de l’amour à l’époque. L’histoire de Roméo et Juliette s’y trouve détournée, tout en restituant quelques scènes et idées de la pièce originelle dans un contexte moderne : La célèbre scène du balcon se perd dans des escaliers en fer ; Maria (alias Juliette) est plus couvée par son frère leader plutôt que sa mère ; Vérone est devenue ce dédale de rues grillagées et envahies par les cartons et les prospectus qu’est New York mais surtout les deux familles ennemies se transforment en gangs rivaux (« the Jets and the Sharks »). Cette dernière conversion est la plus recherchée et la plus audacieuse. En effet, outre la transposition de familles bourgeoises en gangs des rues, la banale rivalité, voire jalousie, utilisée comme prétexte chez Shakespeare, ici, elle se transforme en combat du territoire, alliant phénomène de société et problèmes d’intégration : l’immigration portoricaine et le traitement de personnages « en marge de la société », ceux qui font partis des « Streets gangs ». En effet, entre les deux clans s’effectuent une opposition constante, tandis que leurs pensées et les valeurs qu’ils défendent restent les mêmes. Par exemple, chacun des chants qui les définissent sont à la fois unique et universel (« chansons-polémiques », sur l’Amérique pour les Sharks et sur les psychanalystes et la justice pour les Jets). Le partage des scènes entre eux est incessant et équilibré.
De même, le traitement des couleurs, des décors et de la musique prennent une importance capitale dans le découpage de l’histoire et dans la caractérisation de chacun des personnages. A chacun correspond des vêtements colorés (veste jaune moutarde pour Tony, noir et violet pour Bernardo ; changement de robe pour Maria selon ses humeurs : blanc, orange, rouge…).
Le rouge est un élément très accentué en raison de sa symbolique quand à l’annonce de la violence, de la colère (bataille finale sous un pont rouge, par exemple).
De même que les messages délivrés dans les chansons, l’orchestration de la musique a une valeur symbolique pour chaque séquence (mais, n’étant pas une spécialiste musicale, il m’est difficile d’en donner la ou les signification(s) …).
Les décors, mi-naturels, mi-studios, sont construits avec des lignes géométriques très marquées, très colorisées mais gardant néanmoins une teinte grise propre à la misère et au malheur. L’impression d’enfermement est permanente (grillages entourant chaque parcelle de territoire), renforçant l’idée d’une vie sans avenir, sans issue. Les scènes d’intérieur, très rares, contribuent soit à la réunion d’un des deux clans (dans le bar, ou dans la maison de Bernardo), soit à l’union des clans (dans leur cas, elle ne s’opère pas, notamment dans la salle du bal) ou de certains personnages (Maria et Tony, dans la boutique).
De plus, le grillage omniprésent symbolise l’amour impossible de Maria et Tony. Lors de la dernière scène, Tony aperçoit Maria de l’autre côté du grillage du terrain de basket et, en la rejoignant, donc en le franchissant, il meurt. Peu après, les deux clans sortent symboliquement en portant le corps du mort, ensemble, de cet espace grillagé.
La première scène, débutant avec ces notes de musique accompagnées par le claquement de doigts rythmique et mythique des voyous, marque automatiquement l’opposition, le combat incessant des deux clans, à travers leurs mimes silencieux sur le terrain de basket, ensuite dans une parcelle des rues, se contredisant par la danse, les gestes et les regards. Chaque chorégraphie d’un clan, filmée soit en plongée, soit en contre-plongée, ou soit en travelling arrière face aux personnages, permet d’accroître équitablement leurs puissances.
« West Side Story », dès son introduction sonore et visuelle, annonce, ressasse la multiplicité de ses facettes, la narration complexe de son histoire, la déclinaison de ses sentiments. L’œuvre mérite sa célébrité car, à travers des conflits et des critiques, elle distrait car elle est un film polysémique, où chacun y trouve sa réflexion.
résumé et images : allociné.com
14:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La rareté
THE ASSASSINATION OF JESSE JAMES BY THE COWARD ROBERT FORD
Chaque personne, durant une sortie en ville, a au moins remarqué une fois ces grandes affiches sur fond céleste, avec Brad Pitt perdu au premier plan et Casey Affleck en retrait derrière.
Ce film dure deux heures trente-neuf. De nombreux critiques de magazines ou de la radio ont déclaré : "C'est trop long, il y a trop de longueurs, l'histoire est confuse malgré l'interprétation de Brad Pitt."
ET ALORS ?
Tout d'abord, ayant vu le film hier, je suis immédiatement tombé sous le charme. Ces "longueurs", comme ils les appellent, contribuent à l'atmosphère si particulière du film. Les supprimer, c'est détruire la qualité artistique et narrative uniques au film.
On ne peut pas qualifier ce film par l'adjectif "lent" ou "mélancolique". Il est si rare de voir un film si long, si originalement construit, si visuellement et psychologiquement étonnant. Les adjectifs les mieux appropriés seraient "bluffant" ou "impressionnant".
Il est si rare de voir un film, qui, au-delà des conventions, impose une réflexion et une beauté audiovisuelles. L'interprétation est si étonnante que les stars ne sont plus des stars. Brad Pitt, à travers ses regards, ses postures et ses monogues est Jesse James, Casey Affleck, insondable et colérique, est Robert Ford.
Alors pourquoi cette avalanche de plaintes contre la durée et l'atmosphère superbe du film ? La réponse est simple : ces messieurs les critiques, enfermée dans un conformisme raisonnable, n'apprécient que des films à narration compréhensible, ni trop violents,ni trop étranges, ni trop déroutants, et qui ne durent que 1 heures et demie. Cela ne vous rappellent-ils pas quelque chose ? Un genre filmique qui détruit le cinéma d'auteur ? Un genre étalé partout dans les maisons et qui,par son intégration partielle à notre milieu privé, est souvent oublié et critiqué ? Allez donc visionner le film du soir à la télévision, c'est un film comme celui-là que les gens acceptent...
Alors, je vous le conseille : ALLEZ VOIR THE ASSASSINATION OF JESSE JAMES BY THE COWARD ROBERT FORD.
C'est un film unique, étonnant,un vrai chef d'oeuvre, une expérience qu'il est rare de rencontrer dans nos salles obscures...
09:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.10.2007
Photothèque 2
Alors qu'en ces froides matinées d'automne, les yeux fatigués,le teint blafard et le sac chargé à bloc, les collégiens, lycéens, autres étudiants et adultes attendent desespérement leur bus, éclairés par un faible lampadaire au milieu de la rue déserte, il serait intéressant de se pencher sur ce phénomène étrange et intriguant qu'est la brume.
En effet, qu'elle soit appel au fantastique, décor à une intrigue policière, cadre de vie traumatisé ou ingrédient du film d'horreur, la brume a toujours été un élément plus ou moins partiel aux films et à la littérature, épaississant le mystère et ressemblant aux fantômes.
18:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







