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05.11.2007

Gerry

 GERRY (2002)

L’agonie d’un film

 

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Réalisation : Gus VAN SANT

Scénario : Casey AFFLECK, Matt DAMON, Gus VAN SANT

Photographie : Harry SAVIDES

Producteur : Dany WOLF

Production : My cactus, Inc.

Avec Casey AFFLECK, Matt DAMON…

 

 

 

Synopsis : Deux amis se perdent dans une zone désertique et tentent de retrouver leur chemin. Les dures conditions mettent à l’épreuve leur amitié…

 

 

 

 

Critique : Coécrit avec les acteurs Matt DAMON et Casey AFFLECK et, pour ma part, premier film de Gus VAN SANT, Gerry est un film réalisé à petit budget s’inspirant d’un fait divers où deux adolescents avaient disparu dans une zone désertique.

Gerry est contemplatif, long, pesant. Tourné en décors réels, l’ensemble est hypnotisant voire soporifique. Tout le film respire la mort, ou plutôt ne respire pas et agonise : il est agonisant, non-vivant et ce, dès le début, dès ce long travelling avant suivant cette voiture où deux jeunes se précipitent lentement vers leur destin.

 

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Car ils avancent. La seule solution dans leur perte, c’est de marcher parmi ces déserts et ces vallons démunis d’activités humaines, sans jeter un regard derrière soi. La caméra les scrute, se colle à eux et aux piétinements de leurs pas ou les cherche le long des collines escarpées. Optant pour un point de vue de profil ou dans leur dos dans leurs premières recherches,  le cadre n’inclut que leurs réactions hagards, une partie du paysage défilant le long de leur marche, mais ni leur passé, ni leur futur.  Il faut juste avancer, et ne surtout pas reculer.

Reculer, c’est la mort, la tragédie. La mort qui les couvre comme ce long travelling avant suivant leur voiture avant de découvrir par un deuxième travelling arrière le visage de ses victimes. Reculer comme ils le décident au début du film, après quelques minutes de marche et une course effrénée pour s’amuser, provoque leur perte, au sens propre du terme.

  

Ensuite, l’orientation n’existe plus. Le temps est compté goutte à goutte grâce aux paysages immobiles où seul le ciel est mouvant, vivant. Peu d’ellipses, de longs plans durant parfois dix minutes et des dialogues hachurés, tel est le quotidien sublimé des jeunes gens. Les regards-caméra sont évités, les jeunes gens perdent facilement l’espoir, se taisent, influencés par le silence du lieu, et scrutent soi la terre refoulés de leurs pieds, soit devant eux, insensibles à toute découverte ou mouvement géographique.

   De nouveau, le recul. Ce recul qui allait précipiter la mort de l’un deux. Le recul signifie l’arrêt. Tout en les écorchant, il réunit les deux hommes, perdus, qui ne se retrouvent que l’un dans l’autre. Gerry est aussi l’histoire de cette amitié, à deux, deux caractères, deux regards différents confrontés à la même tragédie. De même, les deux jeunes gens se prénomment Gerry.

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Ces adolescents sont justement interprétés par deux amis d’enfance, acteurs, l’un très connu et l’autre, en passe maintenant, de l’être. Matt DAMON, dans une prestation honorable et, curieusement, discrète, représente le point calme et réfléchi des deux, tandis que face à lui (ou plutôt près de lui), Casey AFFLECK, futur brillantissime Robert Ford, s’impose une nouvelle fois, da ns sa décomposition terrifiante et de la gradation du désespoir du jeune.

Film agonisant au jour le jour, agrémenté de panoramiques sublimes coupant le souffle, Gerry est scandé par les ballottements de la marche, de la terre refoulée, du souffle humain saccadé, du silence inquiétant des plaines, du grondement lointain d’une vie déjà oubliée…

Il finit par nous happer dans sa torpeur lente. 

 

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Photo: www.findeseance.com 

Autres photos: www.allociné.com

 

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