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07.11.2007
Michael Clayton
Ou pourquoi Georges CLONEY n’était pas rasé ce jour-là :
Réalisation : Tony GILROY
Scénario : Tony GILROY
Photographie : Robert ELSWIT
Producteurs : Sydney POLLACK, Steven SODERBERGH, Steven SAMUELS, Jennifer FOX, Kerry ORENT, Christopher GOODE
Distribution : SND
Avec Georges CLOONEY, Tilda SWINTON, Sydney POLLACK…
Synopsis : Avocat dans l'un des plus grands cabinets juridiques de New York, Michael Clayton arrange discrètement et par tous les moyens les affaires embarrassantes de ses clients. On lui confie le dossier douteux d'une puissante firme agrochimique. Lorsqu'il découvre que cette multinationale sans scrupules est prête à faire des millions de victimes pour s'enrichir, il ne peut plus échapper au choix qui s'impose à lui : étouffer la vérité ou la faire éclater, au péril de sa vie...
Critique : Michael Clayton a cette chance d’être classé dans les films dénonciateurs et d’annoncer la suite de la vague de combats cinématographiques sur la politique, l’économie et la militarisation de l’Amérique, comme les très attendus Dans la vallée d’Elah de Paul HAGGIS, The kingdom (le royaume) de Peter BERG, Grace is gone de James C. STROUSE et enfin Redacted de Brian DE PALMA. Bref, quant au message que délivre ce film, il n’est pas si effarant que l’affiche ou la bande-annonce n’auraient pu le laisser supposer. En effet, le soi-disant « scoop », inventé de surcroît, mais malgré tout universel, est en réalité une vérité si simple, une corruption si habituelle et si peu fouillée que le film perd de sa force scénaristique.
Dommage. Le secret, heureusement rapidement dévoilé, est agrémenté de longueurs où sa concrétisation ou son évocation se prolongent en périphrases répétitives. Les dialogues tournent autour et seule la dernière partie du film s’échappe de ce cercle vicieux, comme son protagoniste principal qui boucle l’affaire avec soulagement et frustration. Le long dernier plan est d’ailleurs très intéressant et est un moyen habile de retenir le spectateur pour le générique de fin.
Malgré un début quelque peu embrouillé, certaines séquences sont néanmoins prenantes et imposent un suspense efficace, comme la situation initiale ou lors de la bombe placée dans la voiture, où un jeu avec le l’attente et la prévision est remarquablement maîtrisé.
Le film comporte un autre défaut : de même que la simplicité du message, les problèmes sociaux et familiaux de notre cher Georges CLOONEY sont tournés en drame, malheureusement peu convaincant. Les séquences avec son fils, sensées attendrir l’avocat, frôlent le cliché car le scénario (par timidité ? Pudeur ?) ne permet qu’un dialogue laconique.
Les acteurs, toujours sur charbons ardents, à défaut d’utiliser la violence physique, agressent verbalement et ce choix de répliques « à fleur de peau » perd de son intérêt. Seule Tilda SWINTON, par un montage parallèle, représente au mieux cette fragilité sous l ‘aspect diplomatique.
Quant à Georges CLOONEY, c’est une autre histoire… En effet, à grands renforts de regards inquiets et de prises de tête dans les mains, l’acteur « engagé » convainc, mais déçoit néanmoins. Il est loin de sa prestation magistrale dans The good German, de son ami Steven SODERBERGH, mais réussit, même sans être rasé, à séduire et garder son charisme, en dépit de tous ses malheurs ! Tout de même, il est extraordinaire, ce Georges CLOONEY : son costume est impeccable après toutes ces péripéties. Ce qui prouve bien que sa classe naturelle et imperturbable continue à assurer sa célébrité.
Michael Clayton, donc, avec son CLOONEY secoué de bout en bout, déçoit fortement quant à sa portée politique et émotionnelle. Le film comprend néanmoins des qualités scénaristiques et cinématographiques malheureusement rares ou trop peu exploitées.
21:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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