11.12.2007
année 2007
Les fêtes de Noël approchent, de même que la fin de l’année. C’est pourquoi il est, selon une coutume incontournable, de citer ses favoris de l’année, au risque d’en contrarier certains. Pour ma part, de nombreux films ont été ratés au cinéma donc j’invite les surfeurs à indiquer les oubliés involontaires ou non. C’est un pléonasme de constater que cette année fut très pauvre pour le cinéma, surtout français, marquée par des vacances désastreuses et centrée sur le film de Pascale Ferran, côté français, Lady Chatterley, ayant raflé tous les Césars devant quelques films intéressants, totalement oubliés. Néanmoins pas vu ce film, je ne le dénigrerai pas.
Cependant, un essor surprenant du cinéma américain sur ce dernier trimestre confirme les talents des jeunes surdoués de ce que l’on appelle trop facilement « le cinéma indépendant américain », alors qu’il s’agit enfin d’un mouvement de contestation contre la machine hollywoodienne ou le gouvernement, mouvement qui n’est malheureusement pas suivi en France.
De même, l’industrie cinématographique de petits pays comme la Chine, la Corée, la Roumanie, la Russie, les pays d’Afrique et bien d’autres, se démarquent fortement, notamment grâce au palmarès cannois surprenant.
On considère également, l’ampleur que prennent les festivals de Venise, remarqué par sa programmation de qualité, Toronto, Deauville, etc.….
Après la liste des meilleurs films du grand écran de cette année, je m’intéresserai à ceux du petit écran, bref édités en DVD, objet merveilleux détruisant un peu le plaisir de la salle de cinéma, mais permettant de découvrir de nombreux auteurs avec une approche documentaire enrichissante.
Post-intro : Les films ne sont pas classés numérologiquement mais chronologiquement, chaque film ne devant pas être comparé avec d’autres, mais interprété séparément.
MEILLEURS FILMS DE 2007 :
La vie des autres (Das leben des anderen) cf critique
Florian Von Donnersmark
Le film allemand couvert de prix m’a tout de même légèrement déçue. Certes, le sujet est extrêmement fort et courageux, le scénario brillant et les interprétations remarquables, surtout dans le rôle du chef de la Stasi. Cependant, le film, voulant éviter le documentaire et se reposer sur la fiction, tombe parfois dans le mélodrame, voir le cliché, lors de certaines scènes. Heureusement, la dernière partie, que je craignais un peu, est satisfaisante et la dernière phrase du film fait ingénieusement écho au titre du film.

André Téchiné
Probablement l’un des plus touchants films de cette année, notamment dans la production française. Alors que Les égarés ne m’avaient guère convaincue, le nouveau film d’André Téchiné observe avec une grande tendresse les moments de joie et de drame de ses personnages. Les couleurs grises et les éclairages bleutés alternés par le rouge vermillon, le jaune vif et le bleu marine, encadrent les acteurs sublimes, où la maladie du Sida les touchant est décrite sans tabou, mais avec néanmoins beaucoup de pudeur et de respect.
Malgré la très fragile émotion portée par des acteurs gracieux (Emmanuelle Béart, Michel Blanc et Julie Depardieu), le jeune Johan Libéreau déçoit légèrement. Mais Sami Bouajila livre ici une de ses plus belles interprétations.

Le plus beau film chinois qu’il ne faut voir que sur grand écran et dans une salle silencieuse. Film sur l’espace, le temps mais surtout la mort, il s’agit d’une sublime nature morte s’animant grâce à la magie du cinéma. La légère fantaisie surréaliste distingue le film du banal documentaire et apporte une forte émotion aux histoires simples des deux protagonistes, pionniers de la recherche dans le lieu perdu.

Jonathan Dayton et Valerie Faris
Exception de ce film aujourd’hui incontournable et étant ressorti exceptionnellement dans le cinéma du quartier. Il s’agit de la comédie américaine ayant ravi les plus renfrognés et donné un nouveau visage à la caricature, au road-movie, aux concours de beauté, à la mécanique de la camionnette, à la crise d’adolescence, au tigre, à la gastronomie américaine, aux relations amoureuses et familiales, au suicide, aux magazines pornos, aux chambres d’hôtel, à la mort…Bref, à ne pas éviter.

Persépolis (cf. critique)
Marjane Satrapi et Vincent Parronnaud
L’un des meilleurs films français de l’année est une adaptation en dessin animé ! Cette autobiographie de l’Iranienne Marjane, déjà un plaisir lors de sa lecture en bande dessinée, est une réussite en tous points, capable de nous faire ressentir toutes les émotions possibles sans jamais nous lasser. Je mets au défi de trouver quelqu’un ayant détesté le film…

Johnny To
Pour son esthétique admirable et sa chorégraphie stylée, le film de gangsters multiplie les références et les clins d’oeil, mais se démarque par son originalité et ses scènes spectaculaires de violence. La construction à la fois dramatique et ironique du scénario et des personnages, tous contrastés, fait du film de Johnny To une grande œuvre jubilatoire passée inaperçue.

Vittorio de Sica
Curieusement, ce film des années 1970, réédité exceptionnellement, se trouve parmi l’actualité, notamment grâce à son émotion remarquable. Au travers de l’occupation en Italie et des premières discriminations envers les Juifs, annonçant la deuxième Guerre Mondiale, les jeunes protagonistes révèlent leurs premiers sentiments, déceptions et déchirements. Le film est empreint de nostalgie et n’a pas perdu de sa force à la fois historique et psychologique. L’un des films les plus remarquables du cinéaste.

Daniele Luchetti
Le film-phare du festival du film italien de Villerupt est le petit bijou de la rentrée de septembre. Rythmée par les élans et les emportements de la folle jeunesse italienne des années 1960 à 1970, cette histoire fraternelle sur fond politique et historique est pétillante d’humour et de péripéties, où les dialogues truculents de la langue italienne et l’émotion pure dominent.

Andrew Dominik
Même mes connaissances les moins proches savent combien j’admire ce film. Il est l’un des exemples les plus représentatifs du renouveau américain de cette période, non seulement parce qu’il est financé par un Brad Pitt méconnaissable, mais aussi parce qu’il présente un remarquable travail sur le mythe, l’identité et la ressemblance. Par un jeu subtil de miroirs déformants (les vitres), épaulé par une photographie sublime, le western contemplatif décrit la relation psychique et psychologique d’une légende et son admirateur, d’une proie et de son prédateur. Les deux acteurs, mais aussi les autres, subliment l’écran (mention spéciale à Casey Affleck).A voir absolument l’esprit dégagé, dans une salle bien sombre et à la sonorisation efficace.

Paul Haggis
Nouvel exemple ambitieux et efficace du nouvel engagement artistique contre le gouvernement américain et la guerre en Irak, ce film fut odieusement critiqué aux Etats-Unis, ce qui prouve justement sa force émotive et l’efficacité de sa dénonciation. Avec beaucoup de pudeur et un profond respect envers ses protagonistes, le film séduit par sa simplicité émotive et sa complexité scénaristique.

De l’autre côté
Fatih Akin
Superbe film sur la thématique de l’échange culturel et relationnel, ce film linguistique mérite bien des éloges. Une recherche de la qualité et de la justesse transparaît sur fond d’une histoire naviguant entre le road-movie et le drame, au scénario complexe de chassés-croisés. Une profonde interrogation, néanmoins accessible, sur le dépassement des frontières et de ses propres doutes et sentiments. Critique à venir.

We own the night (cf critique)
James Gray
Souvent qualifié comme « bon film dans le genre », ce thriller efficace en apparence recherche au contraire à éviter d’être un simple film de gangsters à l’intrigue bien ficelé. Le coup de force de James Gray est d’avoir su approfondir ses personnages et éviter l’opposition mafia / forces de l’ordre pour se pencher sur les relations familiales. Le vrai sujet du film est tout simplement Bobby et son entourage, surtout son frère, et non la police, ou le trafic de drogue. L’interprétation remarquable des acteurs et l’ingénieuse construction du film le démarque fortement de l’habituel film d’action hollywoodien. Critique à venir.

22:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note















Commentaires
Bon, tu connais mes goûts et ce qui m'a marqué pour l'année 2007 lol, pas de grandes joies pour moi dans les salles hormis le dernier Lynch. Le reste, pas mal de bons moments, rien de marquant...
Des regrets d'avoir loupé, avec "Mon frère est fils unique" notamment (ça aurait en plus rassemblé la famille comme pas mal de films Italiens lol)...
Je ne connais pas du tout le De Sica, j'essayerai de me renseigner plus amplement...
Sinon, il me paraît difficile pour les Français de contester le gouvernement et plus encore le Président actuel car en plus d'être très populaire (à l'inverse d'un Bush qui est aujourd'hui le bouc-émissaire de l'Amérique), il jouit d'un pouvoir médiatique absolument fabuleux (en clair, il contrôle tout et si un film venait à le remettre explicitement en cause, il n'y aurait certes pas de répression directe (on n'est pas dans un état totalitaire non plus !) mais certainement d'autres formes de pression par la suite comme l'abandon de subventions, etc... Ca, c'est pour les petits films. Quant aux gros, ils forment leur budget autour de ce système ultra-libéral justement plébiscité par notre Président, je les vois mal cracher dans la soupe !).
A +
Ecrit par : scorsesejunior54 | 27.12.2007
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