« WE OWN THE NIGHT | Page d'accueil | meilleurs films en DVD 2007 »

30.12.2007

la visite de la fanfare

LA VISITE DE LA FANFARE :

 

Doux échos musicaux

Réalisation : Eran Kolirin

Scénario : Eran Kolirin

Directeur de la photographie : Shai Goldman

Ingénieur du son : Itai Eloav

Avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai, Saleh Bakri, Khalifa Natour…

 

2d50bcf8f1cf889dcfd869e4457d008e.jpg

 

Synopsis : Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Seulement à cause de la bureaucratie, d'un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à l'aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d'une ville perdue. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance...

b91927bd66e28a2641d39eb6201a205d.jpg

Critique : Prix internationale de la Critique à Cannes, petit bijou israélien, La visite de la fanfare, tout en douceur, raconte une petite histoire insignifiante. Perdue dans Bet Atikva, lieu paumé sans avenir ni spécificité, ancré dans la banalité du temps et de l’espace, cette fanfare, coincée dans un uniforme strict et d’un bleu pâle, va y passer une nuit. Le film, ovationné de toutes parts, se présente légèrement, teinté d’ironie envers ses personnages et ne versant jamais dans le cliché. 

  Les deux peuples s’opposent mais le film évite le catégoriel et préfère développer la sensibilité de chacun des personnages pour mieux les confronter. A la nonchalance de Dina s’oppose la maniaquerie quasi-militaire du chef d’orchestre ; à ses espoirs ruinés et sa fatigue du désespoir fait écho son sens de l’honneur. A l’ambition du saxophoniste est confrontée la désillusion du père de famille.

Cependant, les oppositions sont présentes dans la fanfare même, surtout par le biais du jeune et grand dandy et du petit vieux chef d’orchestre, personnages centraux au parcours suivi. L’assurance de l’un complète les inquiétudes de l’autre. Lentement, mais surement, les personnages se révèlent au fil des heures. L’incapacité de communiquer, remplacée par l’usage primitif de la langue anglaise, permet la sincérité des dialogues et de la gestuelle. Le mime, les regards et les moues du visage touchent plus amplement et traduisent plus simplement. Parfois, leur interprétation amène un doute, des sentiments en suspension.

cc412810b0420bce0da14ba5e9f148a8.jpg

 L’intrigue est inexistante et le quotidien s’écoule goutte à goutte dans la « zone ». Rythmé par les musiques entraînantes de la jeunesse, ou au contraire la répercussion d’un instrument dans le désert nocturne, La visite de la fanfare se caractérise par cette douceur empreinte de nostalgie, mêlée à la sincérité des sentiments. Une séquence amusante, ironique, se métamorphose imperceptiblement en une poésie audiovisuelle. La drague permanente du jeune violoniste, devant une hôtesse de guichet, s’avère banal jusqu’à ce que le jeune homme entonne d’une voix timide et douce « My funny valentine » de Chet Baker, et que ses échos mélodieux se percutent à la distorsion électronique du micro.

Petit à petit, la beauté transperce la banalité du quotidien et ses désillusions. La fanfare s’exprime en échos dans le lieu, par petites chutes dramatiques. Seul le concert, loin de la zone, permet d’exprimer son union.

b640b24c46db47c758be0a581b45bb23.jpg

 

Etonnant exemple d’un cinéma riche, La visite de la fanfare, infiniment beau et insignifiant, est un film à découvrir, une jolie composition.

 

5e08d352b55bb82cc44f7fac4954e8d2.jpg

Commentaires

Film fait avec des petits riens qui en disent beaucoup sur les relations humaines. C'est un film qui fait du bien. Il en faudrait plus des comme cela.

Ecrit par : dasola | 23.01.2008

Ecrire un commentaire