06.01.2008

Quelles nouvelles politiques avant la rentrée ?

LE PROJET DARCOS : RUMEURS ET PEURS


En ce dernier jour royal (l'Epiphanie) avant la rentrée lycéenne, constatons l'embellie de la préparation de la révolte éducative par rapport au projet Darcos. Suite à un examen plutôt scrupuleux des discours du ministre de l'Education Nationale, je tiens à expliquer le danger que représentent ces réformes. Tout d'abord, M.Darcos tient à imposer un « bac unique avec options » avec « tronc commun pour les sciences, la littérature », soit-disant pour « rééquilibrer le système éducatif ». Seulement, cette suppression des filières entraîne l'absence de choix de la part des élèves. Déjà que de nombreux élèves de seconde hésitent entre bac S, L et ES, quel sera leur avenir après le bac unique ? Les filières et les options imposent un choix qui permet aux lycéens de prouver leur autonomie croissante et de s'affirmer dans leurs décisions. La plupart des professeurs de lycées insistent quant à notre réflexion sur des exercices plutôt que leur application toute simple. Imposer le bac unique ne contredit-il pas cette enseignement ? La réforme du ministre, pour l'instant juste déclarée dans des discours, risque d'entraîner une unification dans nos choix et notre façon de pensée, et de dévaloriser nos capacités d'expression.

Certes, les filières L et ES sont défavorisées, mais cela est dû à l'absence de sensibilisation quant leur constitution. Trop de préjugés courent à propos de ces filières : « La filière L ne comporte que des glandeurs [comprenez des élèves qui ne reçoivent aucun devoirs de leurs professeurs...] Ils n'ont aucune chance , le français ne sert à rien... »Etc. Mais le pire est pour la filière Economie et Social, que M.Darcos va même jusqu'à propager ses préjugés dévalorisants « elle n'est plus qu'une filière d'accueil pour ceux qui n'ont envie de faire L ou S » ou encore « La filière ES n'a pas de débouchés ». Vivant personnellement la moitié de mon temps avec un memebre de ma famille ayant trouvé sa voie et sa passion dans cette filière et s'apprêtant à passer de nombreux concours dans de grandes écoles, je ne peux que démentir cette affirmation et comprendre la colère des enseignants de cette filière.


Autre réforme qu'il serait bon de préciser, même pour des élèves des lycées généraux : la suppression du BEP et la généralisation du bac professionnel en 3 ans. Des filières entières vont être supprimées et de nombreux élèves ayant trouvé leur voie dans l'une de ces filières spécifiques vont être obligés de suivre un parcours commun, sans choix d'orientation.


Quant au budget 2008 de l'Education Nationale, le ministre prévoie, dans un de ses discours vidéo disponibles sur le site du ministère, créer de nombreux postes d'assistance sociale, d'aides aux handicapés, d'offres d'accompagnements éducatifs, etc. Cependant, toutes ces dépenses s'effectueraient au profit de la suppression de nombreux emplois, et de postes partants à la retraite non remplacés. Le résultat manquerait d'un équilibre budgétaire évident : moins d'enseignants mais plus d'argent dépensés dans d'autres charges ?!?


Sans oublier la suppression définitive de la carte scolaire, concernant les collèges, suivant la raison suivante : sa création provenant d'une époque révolue (?1963), sa disparition entraînerait une meilleure mixité dans les classes. Rappelons que la carte scolaire servait à diriger un élève vers son collège de secteur, qu'il devait intégrer, sauf refus de ses parents. Dans la conséquence promise par M.Darcos, il faut y déceler l'antithèse. En effet, ce ne sera plus les familles qui choisiront les collèges, mais bel et bien l'établissement scolaire qui choisira ses élèves, privilégiant les plus doués et aisés...


Bref, ces réflexions sur les réformes ne sont qu'un avant-goût du trimestre s'annonçant, ou de nouvelles réformes plus sévères et progressant selon un schéma didactique et unique de l'orientation scolaire.

Ecrire un commentaire