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28.01.2008
La graine et le mulet
LA GRAINE ET LE MULET :
Réalisation : Abdellatif Kechiche
Scénario : Abdellatif Kechiche
Photographie :Lubomir Bakchev
Production : Pathe renn Production ; Hirsch
Avec :Habib Boufares, Hafsia Herzi, Farida Benkhetache, Abdelamid Aktouche...
Synopsis :Sète, le port. Slimane Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années. Père de famille divorcé, s'attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l'on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu'exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d'inutilité. Il songe à créer sa propre affaire : un restaurant. Seulement, rien n'est moins sûr, car son salaire insuffisant et irrégulier, est loin de lui offrir les moyens de son ambition. Sa famille va peu à peu se souder autour du projet, devenu pour tous le symbole d'une quête de vie meilleure. Grâce à leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour... Ou, presque...
Critique : Le nouveau film d’Abdellatif Kechiche, très acclamé, s’avère beaucoup plus accompli que ses précédents longs-métrages, d’une meilleure qualité artistique et scénaristique. En effet, le résultat, beaucoup moins maladroit que le parcours semé d’embûches de Sami Bouajila dans La faute à Voltaire, et beaucoup plus maîtrisé que le rythme frénétique des dialogues et des personnages de L’esquive, le résultat est donc celui d’une vraie œuvre, réjouissante et sensée. Si Abdellatif Kechiche commence à être en pleine ascension glorieuse dans le cinéma français, il ne perd rien de son indépendance, de sa joie, de son combat, sans pour autant enfoncer les mêmes portes ouvertes auparavant par ses autres films.
A l’inverse de l'adolescence dépeinte dans son précédent long-métrage, Abdellatif Kechiche a préféré s’intéresser à un monde familial et des adultes, d’où une histoire plus dramatique dans son déroulement. Toujours engagé, le cinéaste s’intéresse à la classe sociale « moyenne », des ouvriers souvent d’anciens immigrants. Mais ici, la famille dépeinte est en règle, contrairement à Sami Bouajila harcelé dans La faute à Voltaire, mais subit tout de même le poids de leur faiblesse, notamment face au monde du travail et à l’administration, et de leur simplicité, devenant pourtant leur courage et leur beauté tout au long du film. Le personnage de Slimane, grand-père que tout le monde devine usé par les années passées sur le port, essaye en vain de se défendre lorsque son patron veut le licencier. Cependant, Kechiche dénonce ces petits détails injustes mais inaperçus avec justesse, sans larmoyant ni manichéisme.
Les protagonistes sont chaleureux au premier abord, et d’un caractère bien spécifique. Ainsi, leurs réactions complexes ou défavorables au fil des événements deviennent compréhensibles, sans que le personnage ne perde de son charme, amusantes ou émouvantes, mais ne tombant jamais dans le pathétisme.
Le milieu dans lequel ils évoluent est marqué par la misère sociale et l’ignorance administrative. Cependant, le film a cette qualité de fondre cet aspect réaliste et désolé sous le quotidien sublimé des personnages et la beauté de leur simplicité. De même, les lieux, défraîchis et miséreux, sont aidés par une très belle photographie aux couleurs douces et aux tons d’aquarelle (rouille des bateaux, plats de coucous, tee-shirts de Hafsia Herzi…)
Abdellatif Kechiche va au bout des dialogues et de l’action, et l’exercice de la caméra virevoltante lors d’un dîner de famille peut fatiguer. Néanmoins, la trucculence de l’accant arabe et la vie dégagée par les corps, les visages et les paroles bouleversent profondément. Comment ne peut-on pas oublier l’étonnant monologue de Hafsia Herzi, passant du rire aux larmes et au silence ? Comment ne pas être aussi abasourdi, bouleversé par la tirade inattendue de la femme du frère, Julia, laissant éclater sa rage et ses angoisses face à une caméra silencieuse ?

La très longue dernière séquence se bâtit dans le souffle, la sueur de l’espoir.Progressivement, à mesure que le drame s’insinue, le pouls de cette famille maghrébine, symbolisée par la danse magnifique d’Hafsia Herzi, s’accélère. Sans nous lasser, le film nous fait entrer dans une sorte de transe et à nous faire ressentir l’émotion vibrante de la détresse des personnages mêlée à leur joie.
Hafsia Herzi, la grâce mêlée à la simplicité, représente cette lueur pure qu’elle le film, porteuse d’une intimité unique et universelle.
Abdellatif Kechiche frappe plus fort encore, avec seulement son troisième long-métrage. Une œuvre rare, un tableau vivant et une inexprimable de vivre, tel est La Graine et le Mulet.
IL FAUT ABSOLUMENT LE VOIR !
Hafsia Herzi recevant le prix du meilleur espoir à venise
Photos : allocine.com
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23.01.2008
Mort cinématographique
Agé de 28 ans, l'un des interprètes de Brokeback Mountain (Ang Lee) a été retrouvé mardi 22 janvier sans vie à son domicile. S'agit-il d'un suicide ou d'une overdose ? ou les deux ?
Ce matin, je reçus la nouvelle de plein fouet, telle une décharge électrique après un état comateux dû au sommeil. Heath Ledger, mort ? Un des acteurs les plus doués de la génération hollywoodienne, prenant des risques, se métamorphosant en cowboy taciturne amoureux, en Bob Dylan père de famille dans I'm not there (Todd Haynes) et prochainement en Joker inquiétant dans le prochain Batman ???
Telle est la nouvelle qui choqua tout le monde ce matin. d'autant plus que les circonstances de la mort de l'acteur restent suspectes...
Combien sont-ils morts bêtement, mais nous surprenants toujours dans l'industrie hollywoodienne ? River Phoenix, par exemple, icône des teenagers américains indépendants et paumés, mort d'une overdose lors d'une soirée. Sur ce point, le cinéma se raccroche à la musique, domaine souffrant de très nombreuses légendes.
Néanmoins, Heath Ledger était seulement en pleine ascension, et le sommet de sa gloire était prévisible. Il était en passe de devenir un acteur reconnu dans le domaine du cinéma, tout en gardant son indépendance.
Heath Ledger, malgré sa mort, marquera encore de nombreux esprits; Il faisait partie de cet ensemble d'acteurs, réalisateurs, producteurs et techniciens qui se décrochent brillamment du système hollywoodien pour oser, prendre des risques et garder le souci de la qualité. Dans ce sens, la mort de l'acteur est triste, mais elle est largement reconnue, ce qui prouve l'importance de ce mouvement indépendant qui, espérons-le, progressera et influencera encore les esprits.
Heath Ledger au Festival de Venise 2007, allant chercher le prix pour Cate Blanchett dans I'm not there.
En haut, Jake Gilenhaal et Heath Ledger dans Brokeback Mountain. Source : allocine.com
13:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.01.2008
IMPORTANT
Voici ces quelques mots de Jean-Luc Lagarce...A vous de méditer...
"Une société, une cité, une civilisation qui renonce à l'art, qui s'en éloigne, au nom de la lâcheté, la fainéantise inavouée, le recul sur soi, qui s'endort elle-même, qui renonce au patrimoine de demain, au patrimoine en devenir pour se contenter, dans l'autosatisfaction béate, des valeurs qu'elle croit s'être forgée et dont elle se contenta d'hériter, cette société-là renonce au risque, elle s'éloigne de sa seule vérité, elle oublie par avance de se construire un avenir, elle renonce à sa force, à sa parole, elle ne dit plus rien aux autres et à elle-même."
Jean-Luc Lagarce.
15:19 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Juste la fin du monde
JUSTE LA FIN DU MONDE
Un spectacle de la compagnie Théâtre du Jarnisy, présenté au Théâtre Gérard Philipe de Frouard (lien ici)
Le samedi 19 janvier 2008
Administration : Alain Morlet
Ecrit durant les années 1990 par le regretté Jean-Luc Lagarce, auteur peu connu mais au style étonnant, cette pièce a été merveilleusement interprété hier, portant l'émotion à son comble dans une salle modestement remplie.
L e texte de Lagarce traite du retour d'un homme discret de 34 ans, Louis, dans sa famille, pour leur annoncer sa mort prochaine dû à une maladie. Mais la peur de blesser l'autre et l'extrême pudeur de chacun des personnages dominent parmi cette famille.
Le texte de Jean-Luc Lagarce est d'une extrême complexité et nécessite une écoute attentive et concentrée. Par de nombreux détours, il définit, voire dénonce, une société humaine fragile et trop ancrée dans une théorie du "paraître", du "faire semblant" face aux autres. Les répétitions volontaires, les longues périphrases ou soucis de grammaire des dialogues s'avèrent très difficiles à écouter ou à lire. Cependant, cette écriture exprime avec une forte émotion l'incapacité de communiquer, d'exprimer ces sentiments.
De plus, les comédiens de cette adaptation y sont tous doués et imprégnés dans leur personnage. Que ce soit la mère, (malheureusement interprétée par une comédienne trop jeune pour le rôle) effacée mais très digne ; la belle-soeur fragile et bien élevée ; mais surtout (et ce sont les plus touchants) la soeur, Suzanne, vieille fille au caractère bien trempé ; le frère Antoine, maladroit et bourru et enfin Louis, fantôme blanc silencieux.
La mise en scène d'Anne-Margrit Leclerc vient accentuer cette pudeur et cette retenue, sans pour autant rendre le jeu trop nostalgique. Tous les personnages restent sur scène, immobiles dans l'ombre, tandis que chacun d'entre eux vient avoir sa part d'expression auprès de Louis silencieux. Parfois un sourire, parfois un haussement de sourcils, toujours les mains dans les poches, habillé de blanc, le crâne chauve et totalement immobile, Louis (Laurent Fraunié) impressionne pourtant par sa présence. Ses monologues, tous adressés au public, sont d'une extrême émotion, et l'on sent l'esprit autobiographique de Lagarce derrière ses paroles.
Certains déplacements de meubles, danses légères et une musique rappelant Comelade viennent alléger le tout, en guise de pauses entre chaque scène.
Les relations familiales dépeintes éveillent de nombreux échos, de nombreuses reconnaissances dans le spectateur. Il y a cette unité que représentent cette famille ou pourtant les spectateurs se reconnaissent parfois.
Bref, un magnifique spectacle, au texte peu évident à mettre en scène et pourtant d'une justesse rare. Par exemple, l'avant-dernière scène concerne le monologue du frère de Louis, qui lui parle avant son départ, et est la plus émouvante partie, notamment grâce à l'interprétation des deux comédiens.
Le spectacle, que je conseille vivement, nécessite une grande concentration. Cependant, cette écoute est sûrement "un besoin du public " pour reprendre les mots de Philippe Sidre (directeur du TGP).
15:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.01.2008
Main basse sur la ville - politique et cinéma
La politique au cinéma aujourd'hui : engagée ou simplement descriptive ?
Constat mis en parallèle avec le film italien des années 60:
MAIN BASSE SUR LA VILLE Francesco Rosi (1963)
Le film de Francesco Rosi, projetté au ciné-club du lycée et malheureusement qualifié d'« ennuyeux » par la plupart des élèves présents, mérite pourtant de multiples réflexions et analyses, notamment pour son engagement politique évident et sa capacité à dépeindre la corruption d'un gouvernement d'extrême-droite au pouvoir, qui n'est pas sans rappeler celle employée dans certains pays actuellement...
Si le film du réalisateur ne comporte pas de trame dramatique ou de personnages auquels l'on pourrait s'identifier, il réussit à décrire avec réalisme et force l'univers pourri dans lequel les dirigeants de Naples vivent avec richesse et convenances. A travers l'exemple d'un d'eux, le conseiller Nottola, dénoncé furieusement par la gauche (cette fois-ci franche et obstinée), la performance de l'acteur est telle que l'on soutient malgré-nous ce politicien silencieux, en proie à l'angoisse tout au long du film, pour s'apercevoir à la fin qu'il n'est en réalité qu'un homme avide de pouvoir et d'argent et n'agit qu'en faveur de ces deux facteurs.
Francesco Rosi dénonce, à travers l'exemple de Naples, la manipulation de certains partis politiques pour arriver à leurs fins, et leur ingéniosité à promettre solennement, ou à s'illustrer avec générosité devant les médias pour gagner des voies (scène où le maire, de droite, distribue des billets de banque à des mères affamées devant les photographes, tout en affirmant au représentant de gauche « Vous voyez, c'est comme ça que moi, je gère la démocratie »). Le générique de début nous dévoile la déchéance dans laquelle la ville, exemple universelle, est tombée. Tandis que défilent les titres, des plans aériens impressionnants nous font découvrir les inégalités sociales et architecturales de Naples : des quartiers aux murs décrépis et aux trottoirs sales se heurtent à d'immenses immeubles modernes.
Le plus étonnant dans le film de Francesco Rosi est de constater que le tableau qu'il peint de la politique n'est pas aussi éloigné que cela de celui de la France (mis à part le parti de gauche présenté plus glorieusement). Pour ma part, je trouve ce film beaucoup plus subtil dans sa dénonciation que le récent long-métrage de Tony Gilroy, Michael Clayton, pourtant porteur d'un engagement du cinéma américain (cf critique).
Cependant, Main basse sur la ville ne comporte aucun aspect sentimental et ne vise pas du tout à nous faire ressentir des émotions (ce que, à l'iverse, tentait le film de Tony Gilroy). Son but est purement polémique et son engagement s'avère très courageux.
Cependant, la rareté de ce genre de film, à savoir sur la dénnonciation politique, n'est-elle pas en train de laisser place, notamment en France, à la simple description des méandres du pouvoir politique, sans engagement ou dénonciation justifié ?
Côté français, des films comme Le candidat (Niels Arestrup - 2006) ou Président (Lionel Delplanque – 2005) visent uniquement à dépeindre, à grands renforts d'éléments dramatiques et de personnages toujours au bord des nerfs, mais toujours soignés et
convenables, la décadence du pouvoir politique. Les titres restent naïvement explicites et promettent peu de découvertes. D'une tout autre façon, Karl Zéro penche pour le documentaire satyrique semblant féroce des personnalités politiques actuelles (Chirac, Royal et Sarkozy) et, à l'inverse des précédents, accentue trop sur le côté en permanence moqueur sur eux, sans utiliser une réelle subtilité narrative.
Le défaut est qu'en France, l'industrie cinématographique française ne se permet plus de risques et n'offrent qu'un spectacle purement distrayant et en aucun cas polémique. Ne demandons à chaque réalisateur de signer une oeuvre très complexe, mais essayons plutôt de présenter un cinéma sensé et nécessitant réflexion de la part du spectateur après la projection. Des films commes ceux
d'André Cayatte, dans les années 50, dressant un tableau sombre et véridique de la justice, tout en développant divers protagonistes et intrigues distrayantes, n'existent quasiment plus aujourd'hui. Heureusement, certains réalisateurs se détachent de cette politique quasi-télévisuelle et convenable comme Claude Chabrol avec L'ivresse du pouvoir ou comme Abdellatif Kechiche, dont la dernière oeuvre triomphe par son lyrisme et sa crauté sociale.
En revanche, à Hollywood, à l'instar des biographies de politiques assassinés (Bobby d'Emilio Estevez – 2007) ou des dénonciations devenant trop appuyées de Michael Moore, certains réalisateurs, souvent déjà reconnu par leur indépendance de la production, s'essayent à la dénonciation efficace de leur gouvernement ou des injustices mondiales. Si Tony Gilroy manque son coup d'essai, il témoigne d'un engagement décisif et d'une préparation au combat. De même, Georges Clooney, acteur au top, s'essaye au combat médiatique par son trop convenable second long-métrage, Good night et good luck, mais prouve qu'il peut être en colère sous ses aspects séducteurs. Son ami Steven Soderbergh continue à dépeindre avec justesse les défauts du pouvois avec Traffic (2000) ou The good german. Une autre connaissance du duo promet beaucoup depuis son premier film Syriana, forte dénonciation de l'industrie pétrolière. Enfin, n'oublions pas le dernier film de Paul Haggis, Dans la vallée d'Elah, l'un des meilleurs engagements contre la guerre en Irak, très beau et horrible (cf critique).
Evidemment, ce panorama sur le cinéma politique français et américain s'avère très incomplet. Mais le constat d'un manque de risques est véridique.
09:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2008
Les Golden Globes
Que dire sur les Golden Globes, sinon qu'ils sont présentés tel un avant-goût des Oscars, désignant souvent à l'avance les futurs films primés. Ceci est bien dommage car, primo, la surprise ne s'avère plus de taille, et secundo, les films primés s'avèrent parfois très "convenables" (à l'instar de films novateurs méritant pourtant largement d'être primés pour leur courage) et trop évidents.
Remarquons que cette année, le luxe dépensé vaniteusement pour la soirée (et n'étant pourtant qu'un avant-goût de celui des Oscars) n'a pas eu lieu à cause de la grève des scénaristes à Hollywood, et le jury se contenta d'une simple conférence de presse pour annoncer les prix.
Le meilleur film dramatique serait donc Reviens-moi (Joe Wright), histoire d'amour à l'eau de rose et aux violons crissants mêlés aux explosions esthétisés de la guerre (du moins dans la bande-annonce) alors que certains voyaient plutôt le nouveau frères Coen, No country for old men, ensencés par la critique et déjà ignoré, remporter le prix.
Julie Christie remportant le prix de la meilleure actrice, Daniel-Day Lewis du meilleur acteur (remarquons le pauvre Viggo Mortensen oublié).
La meilleure comédie revint au nouveau Tim Burton. Aucune surprise, surtout en voyant les autres nominés ne faisant pas le poids (sauf peut-être le film de Mike Nichols ou Hairspray). Bien entendu, Tim Burton est un artiste complet, mais remettre ce prix rajoute à la folie développée en France, notamment, autour de ce film, connu sur le bout des doigts, même par un amateur, un mois avant sa sortie.
Je ne m'attarderai pas sur la bouffée de fierté du cinéma français depuis le prix de Marion Cotillard. Certains producteurs et magazines semblent oublier que c'est l'actrice elle-même qui mérite ce prix, et non pas la production cinématographique française (qui voit tout de suite s'ouvrir les portes d'Hollywood...).
Evidemment, Johnny Depp meilleur acteur, il n'y a pas de quoi se plaindre...Cate Blanchett en meilleur second rôle dans I'm not there non plus. Signalons qu'elle devrait plutôt être considérée comme un (des) premiers rôles dans ce film...
Javier Bardem en meilleur second rôle pour les frères Coen se comprend. Par contre, je déplore l'absence de prix à Casey Affleck, nommé en second rôle pour le film d'Andrew Dominik. L'acteur, pas vaniteux et prenant des risques, mérite amplement d'être reconnu. A signaler que son rôle dans The assassination of Jesse James... est au contraire un PREMIER ROLE, puisque le film vise à mettre à égalité Jesse James et Robert Ford. C'est dire combien les sélectionneurs sont incompétents et ne regarde le cinéma qu'avec un regard purement commercial.
Par contre, nous pouvons les remercier pour Le scaphandre et le papillon, à la fois meilleur réalisateur et meilleur film étranger.
Bref, déplorons tout de même le luxe chic et paillettes confortables, ainsi que les flashs et caméras miroitants dépensés durant es cérémonies (qui heureusement n'eut pas lieu). Le pire est que la soif d'argent et de luxe du cinéma français les pousse à plagier grossièrement ces soirés pour les Césars...
20:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.01.2008
ouverture nouveau blog
Ouverture d'un nouveau blog de ma part, exclusivement consacré aux analyses des plus belles et intéressantes séquences que peut offrir le vaste Art cinématographique :
18:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2008
Quelles nouvelles politiques avant la rentrée ?
LE PROJET DARCOS : RUMEURS ET PEURS
En ce dernier jour royal (l'Epiphanie) avant la rentrée lycéenne, constatons l'embellie de la préparation de la révolte éducative par rapport au projet Darcos. Suite à un examen plutôt scrupuleux des discours du ministre de l'Education Nationale, je tiens à expliquer le danger que représentent ces réformes. Tout d'abord, M.Darcos tient à imposer un « bac unique avec options » avec « tronc commun pour les sciences, la littérature », soit-disant pour « rééquilibrer le système éducatif ». Seulement, cette suppression des filières entraîne l'absence de choix de la part des élèves. Déjà que de nombreux élèves de seconde hésitent entre bac S, L et ES, quel sera leur avenir après le bac unique ? Les filières et les options imposent un choix qui permet aux lycéens de prouver leur autonomie croissante et de s'affirmer dans leurs décisions. La plupart des professeurs de lycées insistent quant à notre réflexion sur des exercices plutôt que leur application toute simple. Imposer le bac unique ne contredit-il pas cette enseignement ? La réforme du ministre, pour l'instant juste déclarée dans des discours, risque d'entraîner une unification dans nos choix et notre façon de pensée, et de dévaloriser nos capacités d'expression.
Certes, les filières L et ES sont défavorisées, mais cela est dû à l'absence de sensibilisation quant leur constitution. Trop de préjugés courent à propos de ces filières : « La filière L ne comporte que des glandeurs [comprenez des élèves qui ne reçoivent aucun devoirs de leurs professeurs...] Ils n'ont aucune chance , le français ne sert à rien... »Etc. Mais le pire est pour la filière Economie et Social, que M.Darcos va même jusqu'à propager ses préjugés dévalorisants « elle n'est plus qu'une filière d'accueil pour ceux qui n'ont envie de faire L ou S » ou encore « La filière ES n'a pas de débouchés ». Vivant personnellement la moitié de mon temps avec un memebre de ma famille ayant trouvé sa voie et sa passion dans cette filière et s'apprêtant à passer de nombreux concours dans de grandes écoles, je ne peux que démentir cette affirmation et comprendre la colère des enseignants de cette filière.
Autre réforme qu'il serait bon de préciser, même pour des élèves des lycées généraux : la suppression du BEP et la généralisation du bac professionnel en 3 ans. Des filières entières vont être supprimées et de nombreux élèves ayant trouvé leur voie dans l'une de ces filières spécifiques vont être obligés de suivre un parcours commun, sans choix d'orientation.
Quant au budget 2008 de l'Education Nationale, le ministre prévoie, dans un de ses discours vidéo disponibles sur le site du ministère, créer de nombreux postes d'assistance sociale, d'aides aux handicapés, d'offres d'accompagnements éducatifs, etc. Cependant, toutes ces dépenses s'effectueraient au profit de la suppression de nombreux emplois, et de postes partants à la retraite non remplacés. Le résultat manquerait d'un équilibre budgétaire évident : moins d'enseignants mais plus d'argent dépensés dans d'autres charges ?!?
Sans oublier la suppression définitive de la carte scolaire, concernant les collèges, suivant la raison suivante : sa création provenant d'une époque révolue (?1963), sa disparition entraînerait une meilleure mixité dans les classes. Rappelons que la carte scolaire servait à diriger un élève vers son collège de secteur, qu'il devait intégrer, sauf refus de ses parents. Dans la conséquence promise par M.Darcos, il faut y déceler l'antithèse. En effet, ce ne sera plus les familles qui choisiront les collèges, mais bel et bien l'établissement scolaire qui choisira ses élèves, privilégiant les plus doués et aisés...
Bref, ces réflexions sur les réformes ne sont qu'un avant-goût du trimestre s'annonçant, ou de nouvelles réformes plus sévères et progressant selon un schéma didactique et unique de l'orientation scolaire.
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01.01.2008
Le nouvel an
Bon.
La tradition veut que les créateurs de blogs promettent une nouvelle année, avec beaucoup de voeux, une bonne santé, de bonnes résolutions, surprises, etc.
Cependant, je préfère signaler que l'année 2008 risque d'être marquée par un fort mécontentement vis à vis de la politique, notamment des lycéens.
Les nombreuses déceptions de 2007 encouragent à se ressaisir et àne pas baisser les bras.
De même, côté cinéma, le renouveau américain constaté ce dernier trimestre continuera à prendre de l'ampleur (nouveau film de Ken Loach au titre d'une ironie amère : It's a free world ! )
Dommage que ce renouveau critique et engagé (cf article sur le bilan cinématographique 2007) n'influence pas sur le cinéma français, en déchénace et tentant uniquement de distraire à grand renfort de comédies à l'humour lourd aux affiches publicitaires d'un esthétisme repoussant.
Seuls de rares cinéastes échappent du lot, comme Abdellatif Kechiche avec son merveilleux et étonnant dernier film LA GRAINE ET LE MULET, que je conseille à tous d'ALLER ABSOLUMENT LE VOIR.
Bref, côté blog, j'ai le projet d'ouvrir un sous-blog consacrée aux scènes que je juge les plus marquantes de certains films, soit pour leur prouesse visuel, soit pour leur émotion ; et réunissant films noirs, comiques, historiques, dramatiques de tous âges, voire nanars incontournables.
photo : la graine et le mulet. source : allocine.com
14:02 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




















