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21.02.2008

déc-janv 2008 1

PETIT COMPTE-RENDU DE CES DEUX DERNIERS MOIS…

Ayant repéré une impressionnante liste de films intéressants s’annonçant pour ces vacances de février, je préfère dresser de rapides petites critiques, dans l’attente de plus profondes analyses de films à l’affiche (notamment Sweeney Todd (Tim Burton) et No country for old men (les frères Coen), les deux opus incontournables de ce début d’année) ou découverts en DVD (notamment Yi-Yi (Edward Yang) et Syriana (Stephen Gaghan)). Bref, voici ce début de panorama plutôt prometteur de l’année cinématographique 2008.

IT'S A FREE WORLD...

Ken Loach

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Les trois petits points sont absolument nécessaires pour le titre de ce film, tandis que de nombreux magazines y apposent systématiquement le point d’exclamation,a lors que le générique de début s’inscrit avec… Si j’insiste un peu trop sur ce point, c’est pour prouver la force de l’ironie que renferme le nouveau film de Ken Loach, sans pour autant être désespéré. Comme tout film « politico-social » propre au cinéaste, It’s a free world… s’intéresse avec franchise dans le milieu du travail, tel le poing gracieux et violent levé de l’actrice principale. Par le biais du personnage de femme forte d’Angie, et de son entourage chaleureux, Ken Loach bâtit son parcours impossible avec un semblant de naïveté et une colère maquillée . Si le film présente brillamment le monde du travail, sans tabou ni manichéisme, et réussit à construire une fiction sensée tout en présentant de profonds problèmes actuels, comme l’immigration (très proche de la situation en France !), Ken Loach a toujours eu un style parfois un peu lourd et dramatique, aux émotions légèrement simplistes.

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE (1995)

Robert Redford

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Ce film, adapté d’un roman autobiographique de Norman Mclean sur sa jeunesse, est ce que l’on pourrait qualifier de plus sage et pudique, sans pour autant être trop conventionnel. L’histoire très émouvante, autant dans le livre que dans le film, se base essentiellement sur la famille de Norman, notamment son frère cadet, et la pêche, activité favorite de ce dernier. Le très beau tableau dressé de la pêche, mêlé à l’interprétation impressionnante des acteurs, font de Et au milieu coule une rivière un film magnifique, sans prétention ni ennui, empreint de nostalgie naissante et de joie dissimulée. Durant les séquences de pêche, qui auraient pu être ennuyeuses, Redford réussit à capter le contact frétillant entre le pêcheur et sa prise, et le jeu calme et méticuleux s’établissant entre eux, unis seulement par l’eau surprenante de vie. Les deux acteurs jouant les frères réussissent à empreindre leurs conversations et leurs regards d’une émotion subtile. Craig Sheffer, bloc attachant de sérieux et de maturité, s’oppose au toujours aussi excellent Brad Pitt, survolté et mystérieux.

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2046 (2004)

Wong Kar-Wai

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Film très récent passant au ciné-club, déjà culte, mais déclenchant des polémiques et analyses de toutes sortes depuis sa sortie, je fus néanmoins à moitié convaincue par le travail de l’hong-kongais. Complexe, mais sans être incohérent, futuriste croisé avec une ambiance des années 60, 2046 n’est pas un film à regarder l’esprit détendu. Certes, le travail du scénario et de la composition des plans est remarquable, mais il n’empêche pas un certain cliché et kitsch. Les décors futuristes en particulier, à cause de la recherche de perfection absolue des femmes androïdes, finissent par agacer, tout comme les ralentis, lourds d’insistance inutile. Au fur et à mesure de l’intrigue, les mêmes gestes et plans se répètent inlassablement, le même style s’impose sans subtilité. Heureusement, l’acteur Tony Leung excelle dans son rôle de séducteur romantique face aux actrices trop fardées et « sublimées » (mis à part l’interprétation timide et efficace de Maggie Cheung). De 2046, de nombreux éléments méritent le charme et l’intelligence que les critiques imposaient au film, mais n’empêchent des lourdeurs dans le scénario et la photographie parfois digne du clip publicitaire de Christophe Doyle.

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MY OWN PRIVATE IDAHO (1991)

Gus Van Sant

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Troisième long-métrage du cinéaste, à l’époque toujours aussi tourmenté par l’adolescence qu’aujourd’hui, My own private idaho est souvent considéré comme l’un des chefs d’œuvre de Gus Van Sant, mais pourtant peu analysé. Pourtant, le film est porteur d’une jeunesse disparue et d’une liberté farouche, autant du niveau de la narration que de la complexité des registres, procédés visuels et personnages. Le film aborde de front et sans jugement moral des thèmes sensibles (la prostitution, l'homosexualité), exprimés grâce à l'humour très décalé et l'interprétation très libre et sensible des deux comédiens : Keanu Reeves, bien loin de sa passivité dans Matrix, joue son meilleur rôle, celui du jeune charismatique sûr de lui et s'oppose à l'extraordinaire River Phoenix (dont la mort est toujours déplorée – il s'agit bien du frère de Joaquim Phoenix), personnage aussi fragile et surprenant que sa narcolepsie, genre d' »antihéros » perdu dans sa rêverie. Les tribulations de ces deux protagonistes, au milieu d'une Amérique délurée fait écho au vagabondage de Gerry (cf critique) et le film témoigne de l'esprit complexe et complexé de Gus Van Sant.

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LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON

Mike Nichols

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Un film sympathique, malheureusement vu en version française (hé oui, les cinémas pop-corn de provinces existent encore...) et qui mériterait plus d'attention. Le pari est audacieux, la réalisation convenable, les interprétations convaincantes (surtout de la part de Philipp Seymour Hoffmann). Et pourtant le film témoigne d'un cynisme enfoui, beaucoup plus profond que le message appuyé de la fin. Les critiques fusent trop rapidement à travers le jeu des dialogues incessants pour que l'on se permettent de répérer l'intelligence qui s'y cache. Mais une ironie crue du luxe de la politique vaut le coup d'oeil (comme l'excellente séquence avec les secrétaires de Charlie), s'arrêtant à la limite de la caricature et du grotesque.

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INTO THE WILD

Sean Penn

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A tous les fans de l'acteur, à tous les passionnés du film, à tous ceux qui ont craqué pour l'excursion du beau Emile Hirsch, ne lisez pas cette critique. Car, en effet, je suis une des rares à être déçue par le chef d'oeuvre acclamé. Into the Wild doit son succès à cette perfection démontrée de l'indépendance et de la débrouillardise au milieu d'un monde formaté. L'idée s'avère excellente (un peu de respiration parmi tous ces films complexés) si l'image n'était pas traité comme une publicité d'agence de voyage et si le jeune homme n'était pas si idéal. En effet, le petit Emile Hirsch s'avère à la fois costaud, agile, sachant tout faire, compréhensif et d'une extrême gentilesse. Son image d' »héros », exagérée, (et immortalisée par des sourires de publicité de dentifrice) n'explique plus ses motivations et ses critiques. Seuls les souvenirs de famille témoignent d'une forte justesse. Cependant, l'Amérique représentée est caricaturée à souhait (nudistes complétement tarés ; hippies affectueux ; fillette en mal d'amour ; grand-père bourru au grand coeur - tous succombent face au merveilleux Emile Hirsch...) et les effets de caméras, associés à une musique se voulant soif de liberté, en rajoutent au film, éxagérant le message. Quel dommage en effet que de présenter la nature comme un dépliant touristique, frôlant le kitsch et qui manque cruellement de silence. Mieux vaut (re)voir le vagabondage obsédant et inquiétant de Gerry (Gus Van Sant - cf critique), qui a le mérite de nous surprendre.

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Commentaires

Et au milieu coule une rivière, je ne l'ai jamais depuis sa sortie (sur grand écran). Je me rappelle d'un film très beau, sobre. Un grand Redford qui est un peu tombé dans l'oubli comme son acteur principal (Craig Sheffer) d'ailleurs et c'est bien dommage.

Ecrit par : dasola | 21.02.2008

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