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21.02.2008
Paris
PARISde Cédric Klapisch :
Ville éclatée
Synopsis : C'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière.
Critique : La très grande mode du cinéma français, par les temps qui courrent, c'est le principe du film choral, ou de la commande de court-métrage autour d'un même thème. Après les derniers films d'Agnès Jaoui et de Claude Lelouch, après Paris je t'aime et Fauteuils d'orchestre (Danièle Thompson), Paris porte la même marque de destins croisés de personnages ordinaires, plaisants et fragiles. C'est peut-être le défaut qui pourrait être reproché à toute cette tendance de favoriser l'identification par le biais des petits tracas de la vie quotidienne, des bourgeois aux classes moyennes, parfois caricaturés.
J'avoue que le titre faisait un peu peur : Paris, ou encore une autosatisfaction de la capitale française. Tout au long du film avons-nous droit à des litanies du genre « Ah, c'est comme ça, Paris », que ce soit du discours pompeux du professeur d'université vieillissant (Fabrice Luchini, convaincant) ou du bavardage de l'affreuse boulangère de quartier (excellente Karin Viard). Mais les proverbes parisiens du film de Cédric Klapisch pourraient s'appliquer à n'importe quelle métropole et il est dommage que le film témoigne d'une telle centralisation des sentiments et des événements.
Néanmoins, le plus beau coup de brio du scénario est le personnage de Pierre, jeune homme malade du coeur qui, tout en sentant sa vie le quitter, s'approprie celle des autres en les observant, les guettant d'un oeil sinistre ou compatissant. Ses rares tentatives d'interventions échoueront, le confortant dans l'idée d'être de plus en plus insignifiant (avec une amie d'école primaire, avec la fille de l'appartement d'en face, avec ses camarades de danse...). Certaines séquences restent très émouvantes (comme celle où il explore ses souvenirs), épaulées par l'interprétation magistrale de Romain Duris, toujours figure de proue d'une jeunesse écorchée vive, mais aussi de Juliette Binoche, étonnante.
Le début du film, mettant en place les intrigues et les caractéristiques des personnages, est évidemment la meilleure partie. Malheureusement, à force de les multiplier et de vouloir absolument les « caser » dans un destin évident, certaines histoires se présentent avec soit trop d 'évidence et d'inutilité, soit avec une importance trop faible. Par exemple, l'une des dernières séquences avec les trois amies bourgeoises parties visiter les Halles est particulièrement agaçante et ennuyeuse, tandis que le récit (plutôt confus) de l'Africain (Kingsley Kum Abang) méritait plus d'honneurs.
L'ensemble ne s'avère pas déplaisant, notamment grâce à un casting de choix, pouvant surprendre quant aux rôles leur étant attribués, parfois efficace, parfois décevant. L'histoire des deux frères qui occupe une place importante, est présentée avec justesse, où la maniaquerie et le souci des conventions du professeur d'université (Fabrice Luchini) s'opposent à la légéreté de ton du futur père (François Cluzet), épaulé par sa femme (Judith el Zein, épatante). Mélanie Laurent peut décevoir, dans un rôle d'étudiante peu fouillé et peu sympathique. Les vendeurs de légumes et poisson s'avèrent plutôt banals et représentent une classe moyenne peu valorisée, ce qui est dommage, mis à part pour les interprétations d'Albert Dupontel mais surtout Julie Ferrier, très convaincante. Il subsiste le petit rôle de l'excellente Sabrina Ouazani, détruisant le cliché de la petite « beure » française, par son naturel et sa maladresse.
De Paris, il reste la déception d'un scénario s'avérant trop évident, encadré par une photographie soignée et une bande originale honorable. La multiplicité des personnages ne trouve son salut que dans l'interprétation du rôle et des scènes auquel chacun a droit. Même si le film possède une rigueur et une justesse de ton dans les scènes sentimentales et que certaines séquences s'avèrent mémorables (comme le poste de guet, la nuit dans le froid, de Pierre), la simplicité de l'exercice déçoit.
13:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









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