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  • Il y a longtemps que je t'aime

    IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME – Philippe Claudel  

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    Après la capitale (Paris de Cédric Klapisch) et le Nord de la france (Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon), voici maintenant Nancy dans le cinéma français s'improvisant guide touristique.

    Peut-être que la comparaison paraît un peu exagéré, mais le Nancy du film de Philippe Claudel s'avère beaucoup plus enchanteur et idéalisé que celui que fréquentent les Lorrains. Hé oui, étant moi-même native dans cette ville, je m'interrogeais beaucoup sur ce film, présenté par le public comme l'un des plus touchants de l'année et agrémenté d'une bande-annonce insupportable (cf billet d'humeur), mais se déroulant dans ce lieu que je traverse tous les jours.

     

    1531630776.jpgIl est vrai qu'il est agréable de reconnaître des coins de rue appréciés et des lieux mythiques, non par pour leur attirail touristique mais pour leur charme (par exemple, les cinémas Arts et Essais Caméo, le musée des Beaux-Arts, le café Excelsior, certaines rues...). Philippe Claudel a su éviter l'étalage touristique en nous évitant des panoramiques sur la place Stanislas, par exemple. Cependant, son Nancy irradie de soleil (alors que la Lorraine passe son temps sous la pluie, soyez-en sûrs...) et présente uniquement son côté chic. Il aurait été intéressant de dresser le tableau d'une famille moins « rangée » et moins riche (par exemple, Léa habite dans une somptueuse demeure dont il était difficile de soupçonner l'existence à Nancy...). De plus, habituellement, les Nancéiens ne sont pas aussi enthousiasmés par les animaux du parc de la Pépinière.

    Passons et tenons-en nous au reste du film, plaisant mais loin d'être aussi bouleversant qu'il n'y paraît. Commençons par le point faible, énorme erreur de Philippe Claudel, à savoir la musique agaçante. En effet, au fur et à mesure du film, la mélodie d'une chanson de Jean-Louis Aubert se fait entendre, brisant généralement les moments d'émotion et n'apportant strictement aucun appui à l'intrigue. Pire encore, la scène où les deux soeurs interprètent « A la claire fontaine » (d'où le titre clichetonesque du film est tiré) frôle le cliché et ne parvient pas à saisir la complicité entre les deux. 

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    Quant à l'intrigue, elle s'avère décevante. Pourtant, le motif du retour dans la famille après une longue peine de prison s'avérait audacieux et judicieux, d'autant plus qu'il s'agissait d'une femme. Cependant, son histoire, voilée de mystère et d'incompréhension, était un facteur de progression et apportait une dimension psychologique intéressante au personnage de Juliette. Malheureusement, dès que la vérité est comprise (bien avant la scène finale et créant un suspense inutile), le portrait de Juliette, si bien ébauché auparavant, perd toute sa puissance et toute son aggressivité pour tomber dans le platonique. De même, la relation entre les deux soeurs devient prévisible, au fur et à mesure du film, en dépit de la distance et du « ré-apprentissage » établis dans une première partie. 

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    Il y a longtemps que je t'aime souffre aussi du fait que Philippe Claudel est un écrivain, et non un réalisateur. La mise en scène, très classique, ose çà et là quelques points de vue particuliers (comme pour le nettoyage des assiettes, ou la visite de la maison de Léa) mais sans y apporter une quelconque signification ou une quelconque sensation. De même, la photographie reste lisse et pur, parfois trop, mais réussit tout de même à exprimer la fragilité des personnages. Cependant, les dialogues, très littéraires, même si ils nous charment parfois, deviennent aussi un peu lourds.

     

     

     

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    Tout ceci est dommage car les interprétations s'avèrent de qualité. Certains personnages secondaires, notamment, sont joliment esquissés, développés sans lourdeur et apporte certaines touches mélancoliques ou décalés à l'ambiance un peu trop sage : citons, par exemple, Laurent Grévill, jouant un professeur de fac semblant comique mais impregné de mystère et de tristesse ; Frédéric Pierrot dans un rôle marquant d'un policier un peu fou et plein d'illusions ; Jean-Claude Arnaud dans celui, attentif, d'un grand-père muet... En revanche, l'actrice jouant le rôle de P'tit Lys, l'enfant adopté par Léa et Luc, est absolument gâché par le jeu scolaire et les répliques gonflantes qui lui sont appliquées.

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    Heureusement, les présences de Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein, toutes deux lumineuses, permettent de sauver le film. Au visage fatigué et ocre de Kristin Scott Thomas se confront celui, juvénile mais blanchâtre, d'Elsa Zyberstein. Cette opposition intéressante, faisant écho aux caractères, mystérieux pour l'une, chaleureux pour l'autre, perd de sa puissance à cause de l'intrigue et de l'évolution du personnage de Juliette, beaucoup trop appuyé et ne s'accaparant pas à la vision d'une femme que l'on aurait vu plus mûr, plus forte, plus sombre et cynique au fil du film. Sa réadaptation s'avère trop facile et évidente, et gâche les compositions si intelligentes du début. De même, la pudeur exprimée durant la discussion dans la voiture au début disparaît rapidement, remplacée par certaines réactions agaçantes (surtout dans la scène finale).

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    En conclusion, Il y a longtemps que je t'aime s'avère décevant mais porte tout de même l' atout d'être agrémenté de bons interprètes. Le film représente tout de même un cinéma littéraire, plus agréable et intelligent que l'assomante popularité de certaines productions franchouillardes, mais bien loin de bouleverser le cinéma français.

  • There Will Be Blood

    Noirceur de la richesse et du pouvoir 

    THERE WILL BE BLOOD – Paul Thomas Anderson

     

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    Seul, au fond de la mine, à travers les ténébres du sol et l'ambiance dorée des faibles rayons du soleil, un homme travaille ardemment, tous ses sens en ébullition. La première séquence suffit pour définir l'ambiance âcre et l'esprit machiavélique et brute du film, fresque historique et psychologique d'une Amérique en train de se bâtir par la soif de richesse et la manipulation. There will be blood s'impose incontestablement comme un chef d'oeuvre du domaine cinématographique américain et subjugue le spectateur durant deux heures quarante (durée phare des « grands » films américains de ces temps-ci). 

    Jamais les grosses productions provenant des Etats-Unis n'avaient proposé un tel renouveau, de telles interrogations, audace et précision durant ces six derniers mois. Alors que le cinéma français ne dsitribue avec largesse dans nos salles que de grostesques comédies ou d'histoires sentimentales peu originales, blindées de célébrités (la plupart n'ayant aucune expérience dans le domaine cinématographique), son grand rival américain est capable d'engager, malgré la censure des grandes firmes productives, des débats politiques, sociaux et économiques, ancrés dans l'alarmisme actuel de leur pays, mais ne négligeant pas le « grand spectacle », le sensationnel de leurs films.

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    Après des auteurs reconnus (Steven Soderbergh, les frères Coen, Clint Eastwood...) ou d'autres en pleine ascension (Paul Haggis, James Gray, Stephen Gaghan, Andrew Dominik...) ayant apportés depuis quelques temps un souffle particulier et fort sur nos écrans, Paul Thomas Anderson récidive avec un tableau sombre et âcre de l'Amérique, déjà auréolé par de nombreux critiques européens. L'intrigue, décrivant l'éloge du pouvoir et de la folie, agrémentée de personnages shakespeariens, se déroule dans des décors proches du surnaturel par leur luminosité et leur sécheresse. Ces paysages impressionnants d'immensité et pourtant piégeant les protagonistes, tout en les sublimant, trouvaient déjà leur écho dans No Country for Old Men (les frères Coen), Into the Wild (Sean Penn) ou encore L'Assassinat de Jesse James...(Andrew Dominik).

     

        448171913.2.jpgAlors que l'or noir de Stephen Gahan dans Syriana était géré à coup de corruption et d'hypocrisie politique, celui de There will be blood se transcrit dans le grondement sourd de la terre, et n'est pas dénué de violence. La menace transperce en permanence l'écran, sans même être sûr qu'elle provient bien du pétrole, ou plus de l'acharnement du personnage principal, Daniel Plainview. Certaines scènes nous portent à bout de souffle et nous crispent sur le fauteuil (tout comme les fusillades de No country for old men), sans savoir d'où parvient le suspense et l'halètement général. Notamment la très longue course de Daniel Plainview avec son fils dans les bras, lors de l'explosion, absolument saisissante. La musique fascinante et effrayante de Radio Head apporte beaucoup à cette ambiance menaçante et ombrageuse de l'industrie du pétrole. De même, la cruauté de l'histoire tire parti de la folie aberrante et la tenacité du prospecteur de pétrole et de la brutalité psychologique représentée à travers les personnages. Aucune lueur d'espoir ne transparaît, et chaque geste d'excuse ou de gentilesse esquissée ne s'avère qu'une illusion. There will be blood est empreint d'une noirceur impitoyable, entraînant les protagonistes vers un destin fatal (notamment le final inqualifiable), sans pour autant les dévaloriser ou insister sur leur méchanceté. Cette noirceur est augmentée par le fait que le film ne comporte aucun personnage féminin.

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    There will be blood présente aussi un travail sur la construction de l'Amérique, s'articulant sur deux pans, à savoir la richesse (économique, provenant du pétrole) et la religion. Ces deux thèmes polémiques se manipulent l'un et l'autre, se détruisent et s'allient l'un et l'autre. Cette confrontation osée passe par le biais des deux personnages principaux, celui du prospecteur et celui du prêtre, entre lesquels se noue une relation ambigüe. Si leurs caractères et leurs idéologies s'opposent, ils n'ont que le but commun d'accéder au pouvoir, à la suprématie, ne s'atteignant que par leur alliance. Le prospecteur a pour tâche de concrétiser la chose, grâce aux esprits dominés par le prêtre.

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    A l'ascension de ces deux personnages répond le frêle fils de Daniel Plainview, H.W. Plainview, se présentant d'abord comme unsuppléant du prospecteur. Cependant, l'accident qui lui arrive, à savoir sa surdité, semble l'amener à s'opposer au caractère manipulateur de son père, comme si le monde assourdi et vertigineux dans lequel il était plongé (très bien représenté par des effets sonores et des plans ralentis) lui ouvrait les yeux sur les actions construites autour de lui, ou l'avait convaincu à s'imposer, réduisant une fois de plus à néant la notion d'espoir dans le film.

    L'écorchement psychologique et physique des protagonistes tient évidemment beaucoup des interprétations. Daniel-Day Lewis, magistral, incarne avec ambigüeté et mystère cet homme imposant et tenace qu'est Daniel Plainview. Face à lui ne s'efface pas, au contraire, l'excellent Paul Dano, aussi à l'aise dans les rôles d'ados perturbés (Little miss Sunshine) que dans celui de prêtre illuminé. En effet, le jeune Paul Dano, avec son visage intimidé, surprend dans sa composition d' Eli Sunday, religieux s'enflammant facilement et ne manquant pas de cynisme sous ses bonnes manières (à ne pas manquer : ses prêches très animés et surtout le final). De plus, le troisième personnage, le plus risqué, le plus sujet à la caricature, est interprété brillamment par un tout jeune inconnu, Dillon Freasier (dont on ne parle pas assez, par ailleurs), à la fois pitoyable et inquiétant, dans le rôle du fils.

     

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    There Will Be Blood, ainsi, est le chef d'oeuvre attendu, surprenant mais aussi très effrayant.

     

  • Campagne de pub

    SUITE A LA PUBLICITE PROJETEE DANS LES SALLES POUR LE FILM DE PHILIPPE CLAUDEL : 

    Je tiens à publier cet article pour me révolter contre les nouvelles campagnes de publicités montés par l'industrie cinématographique française pour promouvoir ses nouveaux films.

    Par respect pour le film concerné, pas encore en salles, je me tiendrai uniquement aux artifices qui l'entourent, et non pas à son contenu.

    En effet, samedi dernier, paisiblement installée dans le fauteuil de la salle de cinéma, j'assistais aux bandes-annonces diverses des films à venir. Impossible d'échapper au premier long-métrage de Philippe Claudel, Il y a longtemps que je t'aime, tourné de surcroît dans la région de la salle de cinéma. Bref, commencent à s'inscrire sur un fond noir les succès littéraires de l'auteur, tandis que retentit les petites notes, agaçantes au bout de la quatrième fois que l'on visionne cette bande-annonce. Cependant, au lieu de re-découvrir Kristin Scott Thomas pensive sur un banc, oh surprise, l'image s'ouvre sur une salle de cinéma, semblable à la notre, mais à la fin de la projection de ce film.

     Attardement sur les spectateurs émus. Gros plans de petits jeunes et de petits vieux ayant les larmes aux yeux, histoire de dire "Voyez, tout le monde a une âme sensible face à ce film". Mais le pire reste à venir pour les interviews. Pluie d'éloges sur Il y a longtemps que je t'aime (pourtant seulement un premier long-métrage, et de surcroît réalisé par une personne n'ayant jamais eu d'expérience prolongée dans ce domaine), insistance pénible sur l'émotion (avec en prime, la chanson suave en arrière-plan sonore).

    Et qu'on en rajoute une couche pour nous convaincre, voire nous forcer à ressentir la même émotion. Ralentis sur des pupilles embuées et des joues rosies. Bribes de phrase : "Ce film est une claque dans la gueule", "C'est le plus beau film de ma vie", "Porteur d'espoir"...

    Et voilà comment on en rajoute des couches et des couches de compliments (et de plus mal filmés, façon documentaire croisés avec le micro-trottoir) sur un film français, le réduisant à une seule vision, un seul aspect, et limitant encore la liberté d'expression et de critique. Car la réflexion sur un film ne naît pas d'un amalgame uniforme de témoignages brefs et répétitifs, mais de débats, de discussions, de disputes, d'une multiplicité d'avis et d'interprétation.

    Que dire face à ce schématisme de l'avis du public ? Un film ne se détermine pas par des réactions prises sur le vif, grossièrement encadrés pour convaincre. Chaque spectateur a le droit de former sa propre opinion, et ne mérite pas, juste avant la sortie d'un film qu'il désire voir, d'être ainsi "emprisonné" dans une vision réductrice.

  • Full Frontal

    Jouons à l'amateurisme 

    FULL FRONTAL (2002) - Steven Soderbergh 

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    Ne pas se fier à l'affiche, trompeuse, qui laisse à présager une énième comédie américaine au faux cynisme sur un sujet brûlant. Hé non, Sodebergh ne nous a pas laissé un film soigné et amusant, comme avec la série des Ocean's, mais une de ses fameuses expérimentations, laissant pantoise la machine hollywoodienne. Steven Soderbergh, toujours éclectique, a repris le principe du Dogme95 (collectif créé par Lars Von Trier et Thomas Vintenberg), en imposant à ses acteurs (la plupart célèbres ) et techniciens dix règles à respecter farouchement. 

    Ces contraintes, destinées à briser le monopole du star-system (pas de maquilleurs, ni de conducteurs , ni de restaurants pour les acteurs qui doivent se débrouiller) et prôner le film amateur (tournage dans des leux réels et utilisation de la caméra mini-DV), font l'originalité de Full Frontal et la difficulté d'adaptation du spectateur au film.

     

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    Tel est le défaut, mais unique défaut voulu, du film de Soderbergh : la mauvaise qualité des images au début surprend et la mise en place du scénario, basé sur l'improvisation, semble confus. Mais Full Frontal s'avère plus un jeu qu'un film et le meilleur moyen de l'apprécier est de se laisser prendre au jeu. L'audace du film est d'imposer ces contraintes au spectateur, qui peut en tirer plus ou autant profit que toute autre grosse production hollywoodienne.

    Dans une Amérique « dévitalisée » et bien du rêve américain, Full frontal croise les destins, sur une journée, de plusieurs personnalités aux subtils grains de folie, tous plus ou moins liés à l'anniversaire d'un producteur en mal de sa quarantaine. L'interprétation repose beaucoup sur l'improvisation et le talent des acteurs, bien loin du conformisme habituel. Si Full Frontal est empreint d'un délire immoral et bavard, il le doit beaucoup à ces acteurs, qui surprennent par l'incongruité de leurs propos et la construction psychologique sensée donnée à leurs personnages. Les nombreux monologues ne sont pas empreints d'une lourdeur linguistique, mais apportent une certaine philosophie à l'ensemble, tout en prenant exemple sur la vie quotidienne, et définissent mieux le mal de vivre des personnages.

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    Le contexte d'Hollywood n'est qu'un prétexte à la description cynique de l'Amérique. En effet, il est difficile de croire que les coulisses de l'industrie cinématographique américaine soient ainsi marqués par la banalité et l'égoïsme. Le travail en équipe est plutôt rare, chacun agit selon ses impulsions et dans une indifférence polie des autres. Deux pans sont dépeints, s'entremêlant tout au long du film, et se réunissant à la fin.

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    D'un côté, un monde plutôt chic, suivant le tournage d'un film romantique avec deux stars hollywoodiennes (Julia Roberts et Blair Underwood), dont les vies intimes restent désastreuses, malgré les apparences. Le principe du film dans le film est intelligemment utilisé, la vision « romantique »(donc du faux film) étant caractérisée par une photographie lisse et « propre » et des intérieurs luxueux, tandis que le tournage en temps réel est marqué par des caméras virevoltantes et de nombreux clins d'oeil. Les techniciens y secourent les acteurs enthousiastes tandis que le réalisateur lui-même fait une apparition-éclair marquant son autorité et signalant son omniprésence évanescente. Ce tableau réaliste et bref du tournage d'un film est plaisant et fait écho au travail chaleureux et connaisseur fourni par Steven Soderbergh sur ses autres films. Brad Pitt lui-même apparaît quelques minutes à l'écran, amenant son grain de sel dans les dialogues conventionnels du faux film.

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    Par ailleurs, l'icône de Brad Pitt est également utilisée comme représentative du glamour américain, puisqu'elle circule sur un magazine entre les mains de la quasi-totalité des personnages. 

    828194778.jpgDe l'autre côté, un portrait plus frappant et plus recherché car plus intime. L'absurdité du quotidien est portée par la vivacité des protagonistes, toujours scrutés et jamais jugés. Cette partie tient beaucoup à l'improvisation des acteurs. Catherine Keener, de loin la meilleure dans cet exercice, impressionne par son comportement de femme fatiguée par sa vie médiocre, qui prend pourtant un malin plaisir à jouer avec les pulsions de ses clients. Elle excelle dans son interprétation à la fois déjantée et émouvante. Son mari (David Hide Pierce) est saisissant d'angoisse et de maniaquerie. Sa soeur (Mary MacCormack) incarne une masseuse surprenante. Nicky Katt, en comédien vaniteux jouant le rôle d'Hitler dans une pièce minable, est également marqué par son immoralité. Tous ces personnages sont volontairement décalés et mettent en place le charme du film. 

    La fête d'anniversaire n'est qu'un prétexte pour regrouper méchamment tout ce petit monde et amener une conclusion tragique à l'ensemble. Cependant, la dernière partie du film nous définit habilement une idée du cinéma, cet art se voulant à la fois représentatif et irréalisable à la fois.

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