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  • Ouvrage sur les frères Dardenne

    JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE

    Jacqueline Aubenas - Ed. La Renaissance du livre

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    L'ayant entraperçu dans une librairie avant de courir pour rattraper mon bus, je décidais de demander à Noël un magnifique ouvrage, du moins à vue d'oeil, sur les fameux frères belges cinéastes qui m'avaient bouleversée en trois films. Et je ne fus pas déçu. Conçu durant le tournage du Silence de Lorna (dont la critique ne devrait plus tarder), cet ouvrage, sous la direction de Jacqueline Aubenas, retrace tout l'itinéraire riche et passionnant des Dardenne. Des premiers cours d'art dramatique donnés par Armand Gatti aux premiers pas dans le documenatire, d'un premier long-métrage remarqué à la consécration que nous leur connaissons, le livre retrace avec précision et réflexion toutes ces années. Extrêmement documenté et agrémenté de magnifiques photographies, notamment des plateaux de tournage, il s'avère être également une oeuvre de réflexion, où se confrontent de multiples témoignages et regards passionants sur le travail des deux frères, mais aussi des analyses intéressantes sur leur cinéma ou un de leur film particulier. Il est également étonnant et enrichissant d'avoir un aperçu des premiers travaux des deux frères : vidéos documentaires, mise en scène, théâtre filmé, rencontres dans la zone industrielle de Liège..., rappelant leurs origines et l'impact d'un tel parcours sur leur manière de filmer et de concevoir le cinéma.

    Concernant la mise en page, l'ouvrage est aéré, se découpant en séquences chronologiques, d'une étape fondatrice à une autre, et insérant de très belles photographies. Clair et riche, ce livre, tout simplement intitulé "Dardenne", se dévoile avec un réel plaisir, n'assouvissant jamais les pistes et restant ouvert sur la réflexion et l'interprétation.

  • La Ligne Rouge

    Faces, Corps, contre nature

    LA LIGNE ROUGE (THE THIN RED LINE - 1999) – Terrence Malick

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    Monument du cinéma contemporain américain, Terrence Malick est le réalisateur adulé par de multiples cinéphiles et cinéastes, adoration renforcée par le fait que ce réalisateur garde tous ses projets secrets en dépit du succès de ses œuvres. Pouvant être considéré comme un film de guerre, The Thin Red Line n'en est pourtant pas un, ne s'intéressant pas aux stratégies diplomatiques ou aux moments cruciaux d'une bataille, mais plutôt au quotidien désenchanté de soldats.

    rlcazievel.jpgSeconde guerre mondiale avec l'affrontement entre les Japonais et les Américains, certes, mais qui pourrait s'appliquer à n'importe quelle guerre en jeu, où les hommes au front, attendent amèrement des décisions de leur gouvernement absent. Malick s'attache à un bataillon quelconque, s'attardant plus ou moins sur certains personnages, racontant la courte odyssée vécue lors de leur débarquement sur l'île de Guadalcanal en un film intense. Ainsi se définit un huis-clos où chaque soldat va apporter sa part de confidence, de mémoire, de nostalgie. La photographie, magnifique, vise à retranscrire cette mélancolie intense qui berce tout le film. L'éclairage doux, cadrant en contre-plongée des arbres surplombant la forêt et d'où percent quelques rayons mesquins, imprime une atmosphère particulière, due notamment à la nature environnante.

    Celle-ci, étouffante, enferme encore plus les hommes, cachant l'horizon, couvrant les ennemis, régnant sur la troupe massée. The Thin Red Line met en avant cette nature sournoise mais fascinante, la filmant comme une menace mais délectant les yeux par la beauté de ses couleurs et lumières. Elle est un élément de décor et de mise en scène intéressant, plaçant le soldat dans sa perte, concrétisant par sa force son impuissance et son abandon. Une impressionnante et longue scène de bataille dans des champs de blé représente bien ce piège dressé par la nature, où les soldats se faufilent et se traquent entre les tiges dorées. Le film est évidemment contemplatif, aérant des scènes violentes de bataille avec de nombreux et longs plans de la nature, cette fois-ci apaisante, invitant souvent au repos. Une portée vis à vis des aborigènes de l'île est également présente, présentant la culture de manière fascinante et simple, avec des images presque de reportage mais gardant une certaine qualité esthétique spécifique et voulant traduire l'attirance d'un des soldats, Witt (Jim Caviezel) face à cette existence paisible.

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    Cependant, The Thin Red Line, outre la qualité de sa photographie et sa respiration végétale, s'avère être également une profonde réflexion sur l'homme et sa capacité de vivre ou de mourir. Volontiers mélancolique, le film se fait écho des multiples interrogations nostalgiques, voire philosophiques, qui assaillent les hommes face à l'horreur des batailles. Chaque soldat est une caisse de résonance pour l'autre et les heures de repos deviennent des moments de confidences et de nostalgie. Chacun utilise l'autre comme un exutoire, attendant ou non une réponse en retour, éprouvant juste le besoin de raconter, livrer ses impressions et sentiments. Ce lyrisme, amplifié par la musique languissante et les longs plans sur les visages, corps entourés par la nature, confère au film une intemporalité se prêtant uniquement à la condition humaine, et non aux tenants et aboutissants d'une guerre. De plus, toute liaison est coupée avec la vie quotidienne, excepté les quelques souvenirs concernant le passé d'un soldat avec sa femme dans une chambre ordinaire.

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    Les scènes de combat sont cependant nécessaires, retranscrites avec une crudité et un réalisme impressionnant. Mais elles visent plutôt à traduire la traque de ces hommes, la peur qui les assaille et surtout l'attente à laquelle ils sont pliés. Les relations entre chacun se définissent plus par ces séquences, certes rares mais très longues et intenses, engendrant l'entraide ou le conflit. Dans ces batailles, le visage ennemi n'intéresse pas Malick, ou alors c'est celui des prisonniers et agonisants qui sont présents. Le combattant adverse est presque anonyme mais vit la même épreuve. La confrontation en est alors rude, surtout sur l'après des batailles. Celles-ci sont certes longues, voulant capter chaque sursaut, chaque seconde d'attente et de risque, mais celles sur l'après de la réussite le sont encore plus, prétexte à dresser un bilan cruel devant les soldats, déclenchant le processus de remise en cause et de culpabilité.

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    Néanmoins, The Thin Red Line, en imposant ce style particulier à un sujet aussi sensible et incroyablement traité, possède quelques limites. Par cette mélancolie quasi-constante, surtout au bout de deux heures, le rythme s'alanguit, s'assoupit, devenant répétitif et faisant surgir surtout les mêmes sempiternelles questions. Certes beau mais lent, une grande partie finale du film semble retranscrire au spectateur ce même sentiment de lassitude que vit le soldat, se perdant par son procédé de longs plans verdoyants et silences tristes. Les dialogues et monologues suivent la même logique, subissant presque une sorte d'uniformisation, avec les mêmes accents nostalgiques et un dépaysement général. De plus, la multiplicité des situations fait abandonner certains personnages pour d'autres, rendant leur traitement irrégulier. Certains sont à peine esquissés, tel celui joué par Woody Harrelson qui décède rapidement, tandis que d'autres sont explorés avec plus de sincérité, tel Witt.

    Enfin, par les personnages, il est temps de se pencher sur le casting riche, mêlant de nombreux acteurs professionnels et tous intéressants, ajoutant sa touche personnel au soldat incarné, discret ou non. Jim Cazievel est l'incarnation de la mélancolie du film, suivi du début à la fin dans son périple, cependant parfois un peu superficiel dans son attitude. Face à lui, les diverses rencontres sont étrangement plus intéressants : Sean Penn qui pour une fois reste retenu et plus efficace dans son jeu ; Nick Nolte excellent en ce lieutenant rigide, étant le seul à briser le bercement nostalgique ; Elias Koteas convenable ; Adrien Brody épatant dans son rôle de jeune craintif ; et beaucoup d'autres venant compléter cette galerie avec des rôles inhabituels, tels Tim Blake Nelson, John Cusack, Ben Chaplin...

    The Thin Red Line est une véritable fresque sur l'humain face à la guerre, à la destruction et la mort, le confrontant à la solitude et s'inscrivant dans un cadre inspirant un retour aux sources. Puzzle irrégulier qui s'essouflfe vers la fin, The Thin Red Line reste incomparable par la qualité de son image et interprétations.

     

  • Top Ten 2008

    TOP TEN DES FILMS 2008

    On ne perd pas ses bonnes habitudes et on continue à classer ses petits films préférés. Cette année, le classement a été particulièrement rude : mis à part deux ou trois perles qui se détachaient du lot, de nombreux films restaient très intéressants mais il restait difficile de les départager. Ainsi, certaines œuvres ne figurent pas dans ce top 10 mais sont signalées à la fin de cet article, méritant quelque considération.

     

    1 – ENTRE LES MURS (Laurent Cantet) – TWO LOVERS (James Gray)

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    Et c'est un podium partagé en deux qui se présente cette année. Pour une fois, je suis heureuse de primer un film français (ayant également reçu une récompense un peu moins dérisoire que mon choix..., à savoir la Palme d'or à Cannes), Entre les murs de Laurent Cantet, film plein d'énergie et de charme, fluide dans sa réalisation, qui m'a touché d'autant plus que son sujet m'a récemment concernée. Face à lui se trouve un film plutôt attendu, américain, ce qui prouve encore l'extraordinaire vigueur de cette nationalité au cinéma, en dépit de tous les blockbusters inintéressants qui affluent toujours sur nos écrans. Two Lovers prouve encore le talent de James Gray, au bout d'un chemin déjà balisé de quatre longs-métrages, qui nous livre, après l'impressionnant We own the night, une histoire d'amour déchirante porté par un Joaquim Phoenix surprenant.

    Cf Critique d'Entre les Murs

    Cf Critiques de Two Lovers et We Own the Night

     

    2 – LE SILENCE DE LORNA – Jean-Pierre et Luc Dardenne

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    N'ayant pas encore reçu une critique assez développé sur ce blog, le nouveau film des frères Dardenne est néanmoins un chef d'œuvre d'émotion, extrêmement dur, froid et d'une beauté à couper le souffle. S'intéressant à des thèmes sensibles actuellement (la condition des immigrés, la drogue, le trafic de mariages blancs...), le film s'ancre comme toujours dans un quotidien difficile, pauvre et sans repères. Cependant moins mobile que dans Le Fils ou L'Enfant, la caméra reste distante de Lorna, entraînée par son pas vigoureux et sa fierté peu à peu remise en question. Le silence de Lorna face à ce trafic qui la manipule, considérant les sentiments telle une mécanique. Le film commence sur une note grave et désespérée, glissant insensiblement vers un chef d'œuvre d'humanité et d'espoir. Une fois de plus, les interprétations sont sidérantes, Jérémie Rénier impressionnant dans sa composition de drogué et Arta Dobroshi flamboyante.

    3 – UNE FAMILLE CHINOISE – Wang Xiaoshuai

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    Situé en troisième place, ce film chinois, malheureusement discret à sa sortie en salles, est pourtant d'une émotion subtile, dressant un portrait pertinent des défauts de la société chinoise. Déjà auteur des très beaux Beijing Bicycle et Shanghai Dreams (ses deux seuls films sortis, avec celui-là, en France jusqu'à présent), Wang Xiaoshuai continue ses microcosmes dramatiques de petites gens chinois, précipités dans la difficulté de la vie et tentant d'en sortir, cachant souvent leur douleur muette. Une Famille chinoise dénonce de manière subtile les défauts de la politique de l'enfant unique mise en vigueur depuis quelques années en Chine, en racontant les périples de deux couples qui se déchirent face à la maladie d'une petite fille. Sans tomber dans le pathos ni la compassion, le film réussit à retranscrire une émotion poignante, émergeant avec douceur de scènes remarquablement mises en scène. Sublime.

    4 – VALSE AVEC BACHIR – Ari Folman

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    Oublié à Cannes, Valse avec Bachir s'intéresse à la recherche personnelle d'une mémoire oubliée, comblée par un souvenir-écran envoûtant, d'un soldat des années après la guerre au Liban. En plus de décrire une enquête universelle à travers cet exemple fort, celui de la fiabilité de sa propre mémoire, de sa capacité à surmonter un traumatisme, notamment en le déformant, le film comporte l'originalité d'utiliser une animation stylisée et impressionnant. A l'impact historique, documentaire se mêle l'imaginaire d'Ari Folman, composé de chimères (l'énorme femme-poisson nue) et d'effets poétiques (la danse d'un soldat sous les balles de mitraillettes et l'œil sévère de Bashir sur les multiples affiches qui placardaient Beyrouth). De plus, Folman recherche aussi dans la mémoire de nombreux de ses camarades, opposant différents points de vue, décrivant différents comportements face à cette guerre. En résulte un film étonnamment riche, poétique et intense.

    Cf Critique

    5 – UN MILLIER D'ANNEES DE BONNES PRIERES – Wayne Wang

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    Sorti durant l'été, Un millier d'années de bonnes prières est l'un des deux films du diptyque Wayne Wang, avec La princesse du Nebraska (que je n'ai malheureusement pas pu voir, en raison d'horaires peu pratiques...), cinéaste chinois renommé pour son travail aux États-Unis. En effet, Un millier d'années de bonnes prières s'appuie sur un choc des cultures, racontant la visite d'un vieux père maïoiste à sa fille installé depuis quelques années en Amérique. Deux figures familiales s'opposent donc, le père s'engonçant dans son passé et regardant avec naïveté toute la société moderne dans la quelle il est précipité ; tandis que la fille s'épanouit dans la culture américaine, adoptant les coutumes et comportement de ce pays. Cependant, le film ne se prête pas à la confrontation purement démonstrative, mais plutôt à une recherche des deux côtés : enquête du vieil homme auprès de cette société intrigante (rencontres diverses, promenades dans le parc, inscription à un itinéraire de voyage...) ; recherche de ce passé obscur qui sépare les deux proches. Sur fond d'immeubles spacieux et modernes et à la senteur des plats chinois, ce film intimiste est d'une simplicité sans pareil, beau et calme comme ce visage ridé d'un homme qui a trop caché.

    6 – HUNGER – Steve MacQueen 

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    Ce numéro 6 reste fragile, autant suis-je à la fois terrifiée et émue par ce film ayant reçu la Caméra d'or à Cannes. Hunger raconte les derniers de Bobby Sands, condamné en prison durant la guerre pour l'indépendance de l'Irlande, et y jouant un rôle actif de résistance en entamant une grève de la faim. Hunger, ou affamé, est ainsi un film ayant la peau sur les os, scrutant le coprs décharné de ces prisonniers avec force et lucidité. Imposant le malaise, Hunger est à la fois répulsif par l'atrocité des conditions dans les prisons irlandaises et la violence qui se joue sur le corps humain, fourmillant de veines et de muscles, et attractif par la beauté sidérante de la mise enscène, où chaque plan s'avère d'une beauté plastique étourdissante. Le film pose également le débat sur cette guerre peu montrée pour l'instant à l'écran, s'attachant dans une première partie à adopter différents points de vue (le gardien de prison, un jeune CRS, de nouveaux prisonniers..) avant de se recentrer sur la lutte traumatisante contre la faim de Bobby Sands. Un film certes beau et audacieux, mais imposant le silence et la contemplation muette et tendue du spectateur.

     

    7 – BURN AFTER READING – Joël et Ethan Coen

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    Après tous ces films dans l'ensemble peu joyeux, une comédie s'imposait, celle, excellente et intelligente, des frères Coen. Faux film d'espionnage, les personnages de cette histoire virant à une confusion délirante sont tous dépeints avec cynisme et tendresse, représentant cruellement les défauts et maniaqueries éternels de l'être humain dans une société déréglée. Mise en scène ample, timing parfait de cette mécanique qui s'enclenche fatalement, entraînant le petit grain de sable, ce CD contenant les mémoires d'Osbourne Cox retrouvé par hasard par les employés d'Hardbodies, un centre de fitness, entre chaque engrenage, aboutissant à une explosion totale de l'appareil. Tout comme cette mécanique qui déraille, le film des frères Coen est minuté, entremêlant subtilement les personnages dans la confusion la plus totale. Pour interpréter toutes ces figures détonantes, les deux cinéastes ont fait appel à un casting excellent : Malkovich piquant et effrayant, Swinton insupportable, Clooney monstrueux, MacDormand pimpante à souhait, Pitt adorable et ridicule et le second rôle Richard Jenkins excellent.

    Critique pour bientôt

     

    8 – THE CHANGELING – Clint Eastwood

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    Est-ce un hasard si deux films avec John Malkovich se succèdent ? Cela prouve encore la qualité de grands films, réalisés par de grands cinéaste, avec de grands acteurs. Toujours est-il que The Changeling, nouveau film de Clint Eastwood, pourrait facilement être qualifié de film classique. Il est vrai que la forme du film, le procédé de narration et la reconstitution historique apportent le charme peut-être agaçant des grandes productions soignées, minutées, presque parfaites dans leur construction. Cependant, The Changeling reste impressionnant pour sa photographie, superbe de couleurs prononcées et sombres, telle une impression en couleurs de l'époque, et la manière de filmer, grandiose, embrassant les décors avec souplesse. A l'atrocité et absurdité du fait divers, une femme retrouvant après des mois de disparition son fils de huit ans qui n'est pas le sien, contraste ce classicisme et ce soin excessif apporté à la réalisation et à la reconstitution. Par ce film, Eastwood réaffirme l'identité d'un cinéma menacé, à savoir l'aspect fictionnel et émotionnel dans sa plus forte pureté. Certes long et prenant, The Changeling est ainsi un film riche en émotions diverses, abordant de nombreux thèmes et explorant une galerie de personnages intéressants.

     

    9 – WONDERFUL TOWN – Aditya Assarat

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    Film thaïlandais discret à la sortie, Wonderful Town est pourtant une belle œuvre contemplative, qui mérite une certaine distinction. Avec une certaine retenue et une forte pudeur, le film raconte le quotidien morne d'une gérante d'un hôtel déserte, dans un petit village proche du lieu de la tragédie (quelques mois après le tsunami). Mais ce sont plus les vestiges, la trace de ce traumatisme qu'étudie le réalisateur plutôt qu'une reconstitution, et surtout la manière dont les habitants continuent mécaniquement leur train de vie pourtant bouleversé, le rapprochant du superbe Still Life (Jia Zhanke – cf critique). Mais Wonderful Town reste plus intimiste, s'attachant à l'idylle subtilement formée par la gérante, habituée des lieux, et un étranger arrivant dans ce village malheureux. Autour de leur relation s'épanouit la nature, traversée par les stigmates de la tragédie.

    Cf Critique

    10 – VICKY CRISTINA BARCELONA – Woody Allen

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    Ce top 10 se finit sur un film agréable, léger et charmant. Vicky Cristina Barcelona nous conte, avec l'humour habituel de Woody Allen, de manière douce-amère, les péripéties amoureuses de Vicky et Cristina, deux jeunes filles opposées autant par le caractère que le physique, mais toutes deux bouleversées par la sensualité se dégageant de Barcelone. Filmé tel une carte postale (ce qui a d'ailleurs été bien reproché au film, alors qu'il s'agissait de la forme la plus convenue pour cette vision colorée et suave), la ville espagnole devient alors le berceau des questions amoureuses, face à un couple d'artistes excentriques, le charismatique Juan Antonio (Javier Bardem) et l'électrique Maria Elena (Penelope Cruz), qui vont remettre en cause l'équilibre de ces deux jeunes filles : le sérieux et le destin planifié de Vicky (Rebecca Hall) et la conception hasardeuse et naïve de Cristina (Scarlett Johannson). Étonnamment énergique et riche en émotions malgré l'âge de son réalisateur, le film est une comédie romantique délicieuse, qui se déguste comme un petit cocktail, ou comme une balade tranquille sous le soleil.

    Cf Critique

    Sans oublier :

    • Séraphine (Martin Provost), portrait d'une peintre méconnue sous fond de toile impressionniste (Cf Critique)

    • Rumba (Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy), excellente comédie influencée par l'expérience clownesque de ses deux interprètes et l'univers de Tati et Kaurismaki

    • O'Horten (Bent Hamer), jolie comédie sur un chef de gare retraité

    • Sparrow (Johnny To), le nouveau film de l'auteur d'Exilé sous forme de film noir et comédie musicale (Cf Critique)

    • Le bon, le brute et le cinglé (Kim Jee-Woon), détonant film d'action à la sauce coréenne (Cf Critique)

    • et bien sûr Louise-Michel ! (Gustave Kervern et Benoït Délépine), la nouvelle comédie anarchiste à ne pas rater de deux fondateurs du Groland.