08.02.2009
les plages d'Agnès
Boîte aux Trésors
LES PLAGES D'AGNES – Agnès Varda

Simple film autobiographique, pourrait-on songer, d'une cinéaste ayant déjà beaucoup vu et vécu et éprouvant le besoin de partager ses souvenirs. Mais Les plages d'Agnès, outre son caractère que je qualifierais plus d'autoportrait, est une œuvre dans la continuité du travail plastique et photographique d'Agnès Varda. Celle-ci, octogénaire animée d'une jeunesse époustouflante, replonge avec plaisir et émotion dans ses souvenirs, les multiples événements artistiques traversés, les multiples personnalités rencontrées.

Le film fonctionne sur le principe de remémoration au fil du hasard : tel détail en appelle un autre, telle mention fait écho à une autre. L'aspect décousu s'appuie cependant sur un montage extraordinaire, brassant les souvenirs en un ensemble homogène, porté par le même regard tendre, décalé et fantaisiste. Tel un puzzle, il s'articule selon de multiples pièces s'emboîtant les unes après les autres, se rejoignant entre elles, se démultipliant telle la succession de reflets crées peu à peu sur la plage lors de la séquence d'ouverture, où Varda installe des miroirs avec des étudiants, repoussant et élargissant les limites de l'espace. Elle joue autant avec les limites du cadre qu'avec celles de ses propres souvenirs : allant plus loin que la simple photographie ou le reportage témoin de l'époque, elle retourne sur les lieux, retrouve des amis ou en rencontre de nouveaux, reconstitue un passé, continuant à faire perdurer son imaginaire.



Totalement inclassable, bouffée d'air marin embaumée avec de multiples senteurs et couleurs, Les plages d'Agnès n'est pas un film, c'est un monument riche et inépuisable.
20:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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