08.04.2009

Janvier 2009

Quelques films plus ou moins appréciés, légers avant des excellents tout récemment sortis à toute vitesse sur nos écrans (Tels Gran Torino, Harvey Milk, Tulpan ou encore Welcome que je conseille tous).

Batman Begins – Christopher Nolan

 

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Certes moins impressionnant et surtout moins subtil que The dark knight, Batman Begins reste néanmoins un film agréable, relativement bien maitrisé et interprété, parce qu'il n'est que la préparation de son époustouflante suite. Tout d'abord reste baigné, dans une première partie, dans une ambiance sombre et mystérieuse, bien loin du coloré et fantaisiste Batman de Burton et rappelant déjà la noirceur du Joker. L'héros est alors incomplet, en pleine crise existentielle. Ce premier temps décrit la genèse de Batman avec distance, froideur adaptée aux lieux (montagnes et glaciers tibétains) et une réelle stylisation de la violence, la présentant cependant comme un purgatoire inévitable que doit traverser Bruce Wayne, incarné par Christian Bale toujours aussi excellent. Cependant, dès que le jeune héros, toujours à la recherche de son symbole, revient à Gotham City, l'ambiance devient plus clinquante, luxueuse et divertissante. Le film perd progressivement de son charme mystérieux et inquiétant, remplacé par une intrigue classique et des antagonistes pleins de ressources et cruauté. Évidemment, les scènes d'action restent hautement réussies, mais leur présence reste peu justifié par l'intrigue presque écologique. Il reste heureusement le charismatique épouvantail, juge féroce à mi-temps, incarné par l'amusant et charmant Cillian Murphy. Dommage que le réalisateur Christopher Nolan dut sacrifier ce personnage et l'intrigue qui l'accompagne en des stéréotypes pour se concentrer sur The dark knight.

 

Twilight – Catherine Hardwick

 

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Le grand défaut de Twilight réside dans l'interprétation de son comédien principal, le ténébreux (encore que...) Robert Pattinson, qui avait déjà volé la vedette à Daniel Radcliff dans Harry Potter and the goblet of fire (Mike Newell). Le film ne cesse de sublimer le comédien et son physique, s'appuyant plus sur l'enveloppe que le véritable jeu, peu subtil et intéressant, de l'adolescent. Durant les trois quarts de Twilight, Edward traîne sa silhouette dans les décors impressionnants à grands renforts de grimaces, plaintes et regards fuyants et désespérés, contaminant le film par sa mélancolie et sa mollesse agaçantes. De plus, l'approche de la réalisatrice vis à vis des obstacles que doit rencontrer le couple se réduit à un manichéisme prononcé : à la famille vampire sophistiquée Cullen, chic, distinguée et tout de blanc habillée, s'oppose celle des marginaux sales et laids vivant dans la forêt, restés à l'état de « primitifs » vampires. Outre ce point de vue exagéré, l'histoire amoureuse avance prudemment et sans surprises, talonnée par les personnages secondaires, bien plus intéressants que le jeune premier. Kristen Stewart se débrouille relativement bien, ainsi que ses camarades de classe. Mais ce sont les membres des deux familles environnantes qui amusent le plus : que ce soit le père bourru de Bella ou les « frères et soeurs » récemment végétariens d'Edward, ils arrivent à divertir un peu plus que la platitude de l'histoire d'amour. Twilight se distingue enfin par une ambiance originale, dans des décors d'automne impressionnants, encadrés par une photographie brumeuse et étrange.

 

Pranza di Ferragosto – Gianni Di Gregorio

 

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Récompensé par de multiples prix (notamment au festival du film italien de Villerupt, où le réalisateur multipliait les courbettes face au jury), Pranza Di Ferragosto est un film frais dans la situation seulement émergente du cinéma italien. Outre les impressionnants Gomorra et Il Divo, qui ravivaient le cinéma politique du pays, les comédies arrivent de plus en plus sur nos écrans, comme le film de Gianni Di Gregorio qui reste modeste, simple et drôle de manière légère. Le film s'appuie sur une unité de lieu, la maison de Gianni envahie par les mères insupportables de ses « financiers », et de temps, le déjeuner en ce 15 août de canicule. En son appartement modeste et étriqué, le quinquagénaire va devoir donc accueillir quatre vieilles femmes sournoises et capricieuses, se plier aux désirs de chacune et supporter leur hypocrisie. Mais la caméra de Gianni ne condamne pas ces vieilles mères à des caricatures de sorcières, chacune révélant progressivement ses doutes et son passé, et préfère se reporter sur l'abattement du personnage masculin central, célibataire et fin cuisinier. Pranza di Ferragosto érige une certaine forme d'auto dérision envers son interprète et réalisateur principal, Gianni Di Gregorio, à la fois courtois et désabusé, gentleman en pleine panique, Italien pur souche trahissant son mal-être par sa consommation de vin... Rejoignant Nanni Moretti, le cinéaste présente une nouvelle manière d'incarner un personnage mi-réel, mi-fiction, étant le même agitateur distingué lors de la remise de son prix à Villerupt. Pranza di Ferragosto est en outre agrémenté d'une réalisation agréable et d'interprétations pétillantes comme un soir d'été dégusté sur la chaise longue de la terrasse.

 

Il giovedi – Dino Risi

 

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Il giovedi (le jeudi) met en scène un personnage typique de la comédie italienne, surtout de Dino Risi, à savoir le séducteur italien loser par excellence, vaniteux et maladroit, frappé par la malchance du fait de son caractère volatile et insouciant. Le temps d'un jeudi, ce personnage, Dino, va devoir se rebâtir une réputation en vue de ses retrouvailles avec son fils Robertino, garçonnet de huit ans élevé dans le luxe par sa mère froide et une gouvernante allemande stricte. Le film décrit donc la journée folle que vont passer ce père et ce fils longtemps séparés mais pas si différents que cela. Les sentiments peinent à triompher sur la difficulté du quotidien et les lourdes dettes, échecs et humiliations qui frappent peu à peu le père face un fils d'abord ahuri, puis cynique pour finalement se laisser attendrir par ce père insouciant et rassurant. Avec tendresse et subtilité, tout au long du périple dans les quartiers de la ville, Dino Risi brise peu à peu le cocon qui étouffait le jeune garçon, laissant place à la gaieté enfantine. Même si l'amertume et la noirceur, notamment dûs à l'échec sociale, dominent dans le dernier plan du film (magnifique travelling des escaliers de pierre enjambés avec rage par Dino), on retient les étreintes du père et d'un fils séparés.

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