Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ticket

 L'Expérience TICKET - Collectif Intérieur Brut

Ticket1.jpg

Ticket n'est pas du tout un spectacle : c'est une expérience unique en son genre, vibrante, originale et pertinente. Ce genre de "spectacle" qui vous accroche et vous emporte sans vous laisser indemne à la fin.

Sur l'affiche est par ailleurs inscrit le très efficace et représentatif commentaire de Mikaël Herviaux, journaliste de Stradda : "Ni à voir ni à entendre, à vivre tout simplement". Une expérience que l'on vit en groupe, d'abord amusé, puis peu à peu effrayé, voire angoissé et bouleversé par cet ultime voyage. Le spectacle, outre le débat qu'il provoque en nous et autour de nous à la fin de sa vision, est en outre très bien construit, très efficace dans son traitement du spectateur et de la mise en scène.

 

Voici le principe de Ticket : chacun réserve sa place pour un certain horaire, comme on s'occupe d'une billetterie normale de spectacle, et doit se rendre à un certain lieu noté sur le billet, à l'heure prévue. Pour ma part, il s'agissait d'une place près de la piscine nautique de Chalon-sur-Saône, un soir d'été encore lumineux mais frais. Assimilé à d'autres spectateurs dans la même situation, nous formons tous un groupe d'immigrés clandestins. Nous, par identification, sommes ces réfugiés prêts à payer un prix d'or pour passer la frontière en se cachant dans un camion. Un bénévole nous délaisse, après nous avoir fourni notre "ticket", nécessaire à l'embarquement. Peu de temps après, un passeur arrive et nous conduit au camion…

ticket-camion.jpg

Le "spectacle" restitue fidèlement, d'après de nombreux témoignages, les comportements des différents intervenants dans ce passage de la frontière : le passeur, chaussures en faux crocodile et veste de velours, fourni de diamants à ses doigts, physique d'aigle, nous presse par l'épaule ou le bras près du canal ou entre les rues, vociférant des ordres d'un ton sec ou nous menaçant d'un regard supérieur ; le "contrôleur" des tickets nous enlève d'un geste vif et brutal nos cartes d'identité des mains ; les autres ont un visage impassible, inaccessible. Dans le camion, nous sommes littéralement enfermés, mis en condition dans cette atmosphère oppressante et ce noir absolu. Un admirable travail de bruitages se met alors en place tout autour du camion, donnant véritablement une sensation de déplacement, créant des vibrations, le roulement d'un moteur, le freinage des roues, et surtout les voix et voitures des douaniers.

 

Dans cet univers dans lequel nous jouons un rôle se développe une seconde partie, tenant plus du spectacle. Il existe deux versions d'interprétation : féminine et masculine. J'assistais à la féminine, apparemment moins forte car moins interactive, que la version masculine, mais qui donnait déjà une force à l'expérience. Excellemment interprétée, une jeune femme noire nous raconte la raison de son voyage et les dures conditions qui l'ont poussée à passer la frontière illégalement. Même si notre rôle de spectateur se retrouve plus dans cette partie, nous sommes sollicités par le personnage, qui frôle nos coudes, s'approche, se blottit contre nous, partageant la même angoisse dans ce camion.

 

A la fin est organisé un échange avec l'équipe, nécessaire pour ce spectacle, création hors du commun à la portée universelle et indispensable.

 

Ici :le site de la compagnie 

Les commentaires sont fermés.