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Divine Féminin

DIVINE FEMININ - Drame musical en 4 tableaux de Dominique Lemmonier

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Grâce à mes professeurs de BTS, ma classe eut la possibilité de découvrir le travail de Dominique Lemmonier à L'Arsenal de Metz, impressionnante salle de concert. Organisant un cycle Ciné-concerts en février, L'Arsenal présentait ainsi une curieuse proposition musicale : l'association d'un répertoire de musiques de films jouées en direct avec un travail vidéo d'Ange Leccia sur le thème des actrices de cinéma. Si l'orchestration musicale était de grande qualité (elle était dirigée par le grand compositeur Alexandre Desplat), le travail vidéo reste de moindre mesure, proposant des associations et des expérimentations de montage assez hideuses et ennuyeuses. Utilisant des tableaux de Jacques Monory en hommage, la composition vidéo s'éloigne de son sujet et crée des associations faciles et d'un symbolisme lourd : le deuxième tableau sur les héroïnes d'Hitchcock et sur la pulpeuse Sharon Stone, insiste lourdement sur des salles de bains peintes ou des tigres bleus pour signifier la dangerosité de ce style de femme, rendant grotesque le travail des actrices, voire des cinéastes qui les filment. Parce qu'il s'agit des tableaux de Jacques Monory, longuement filmés dans leurs détails ou assimilés par des split-screens peu élégants à des extraits de films, l'ensemble se révèle extrêmement et trop américain. D'autant plus que ce sableux appartiennent à un style que je trouve personnellement vulgaire et facile, difficilement supportable sur grand écran. Le travail vidéo se révèle d'autant plus inutile qu'il s'appuie sur des codes, allant de Marilyn Monroe dans The Misfist à Ingrid Bergman chez Rosselini, en passant par la Sharon Stone de Basic Instinct. L'ensemble à cordes, le Traffic Quintet, est excellent et interprète des oeuvres du magnifique Pascal Dusapin à chaque ouverture de tableau. C'est la musique et l'admirable interprétation des musiciens qui donnent à ces femmes leur grandeur et la magnification de leur drame, notamment les compositions angoissantes de Dusapin, et non pas le travail vidéo. On retrouve des grands thèmes d'Hermann, le travail répétitif vibrant de Philip Glass, la qualité d'Alexandre Desplat, et même une interprétation élégante de Highschool Lover, la chanson d'Air dans Virgin Suicides de Sofia Coppola. Les meilleurs moments de ce ciné-concert qui aurait presque dû se réduire à un concert, même si le projet s'avérait intéressant, restaient ceux où Nicole Kidman, Ingrid Bergman, Marylin Monroe, Isabelle Adjani, Grace Kelly, Janet Leigh, Tippi Hedren ou Kirsten Dunst affichaient leurs visages émus sur grand écran, rares extraits de films non retouchés ou recoupés avec les tableaux de Monory, leur regard fixés sur nous. 

Commentaires

  • Contrairement à toi, il y a certains passages de la vidéo que j'ai beaucoup aimés, notamment la répétition du mouvement de Marilyn dans les Misfits suivie d'images d'étoiles, de galaxies... Et puis aussi, l'opposition entre la Ingrid Bergman de Sonate d'Automne et les autres rôles d'Ingrid Bergman (jeune). Ces passages de la vidéo révélaient bien le drame de ces icônes et leur finitude.

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