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Scènes d'Hiver sur un coin de table

FESTIVAL SCENES D’HIVER SUR UN COIN DE TABLE – Vic-Sur Seille

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Organisé par la Cie La Valise, le festival de petites formes donnait sa seconde édition à Vic-Sur–Seille du 25 au 27 février dernier. Chaleureux, plaisant, intime, ce festival fut un véritable succès pour la compagnie et les comédiens invités, notamment grâce à cette ambiance qui s’en dégageait. Les séances du soir étaient portées par un enthousiasme effréné, et la bonne humeur régnait. La salle principale avait été joliment décorée, créant des espaces de détente agréables et chaleureux, entourés de petites installations diverses et poétiques, telles qu’ont toujours su mettre en place la Cie La Valise.

Le meilleur atout de ce festival reste la formule des parcours, qui nous fait déambuler d’une maison à l’autre dans le patrimoine de ce qui fut la ville du peintre Georges Delatour. En groupe, nous sommes guidés par des membres de la STIB (Société des Transports Intérieurs Bruts – en réalité des jeunes issus d’atelier théâtre), qui égayent le voyage d’une petite forme à l’autre avec quelques pas de tango ou la dégustation d’une « liqueur de mirabelle » bien peu alcoolisée. Il est toujours agréable de se sentir attendu à la sortie d’un spectacle, et ces parcours furent pour beaucoup dans la réussite du festival.

macaodavidsiebert.jpgAu-delà de l’ambiance, les nombreux spectacles furent tour-à-tour riches, originaux, drôles, inégaux, parfois décevants. Parmi toute la foule de petites formes, certains se distinguèrent par leur sincérité, notamment Macao et Cosmage de la Cie La Soupe. Eric Domenicone, le metteur en scène, a choisi de s'attaquer à un vieil album de Edy Legrand, expliquant la colonisation aux enfants à travers le récit de Macao et Cosmage, couple vivant sur une île paradisiaque. Le spectacle est empreint d'un rythme très serein, à l'image de la manipulation claire et douce de ce théâtre de papier par Yseult Welschinger. Macao et Cosmage est un émerveillement pour les yeux et les oreilles, les illustrations réutilisées intelligemment dans tout un jeu de superpositions, déploiements, projections, et étant accompagnées par la magnifique musique de Pierre Boespflug. Un spectacle aux allures de conte ou de fable, distillant une vision amère du colonialisme et une recherche d'un bonheur harmonieux. ((c)David Siebert)

Dans une même ambiance sereine et merveilleuse, la petite forme Lettres d'amour aux fleurslettres.jpg (Cie Songes) et au vent se distingue par son travail sur l'implication du spectateur. Chacun est choisi et dirigé dans un petit baraquement aux multiples secrets et surprises, distillant un parfum d'enfance et des sensations délicieuses. Très onirique, cette forme est une belle preuve d'amour vis à vis du spectateur, tout en respect et découverte de l'autre. S'adressant cette fois-ci à un public d'enfants, mais effectuant cette même recherche autour des cinq sens, Kusha Kushakusha-kusha.jpg (La Valise Cie) reste un premier spectacle ravissant et contemplatif, peut-être avec quelques éléments inachevés, mais donnant une belle approche de la musique et du travail d'objet. Travail avec les objets et les ambiances tel qu'il se retrouve dans le très beau Dériverie (Cie En verre et contre tout, qui présentait aussi Miche et Drate, un spectacle à la manipulation originale, mais au récit assez inégal, malheureusement). Sophie Ottinger et Benoît Faivre nous font partager, le temps d'un repas ennuyeux dans un restaurant, un extraordinaire voyage échappant au quotidien des couverts qui s'entrechoquent. 

Au-delà de l'onirisme, d'autres spectacles nous emmenait dans une optique plus burlesque, par un rapport à la manipulation inattendue d'objets divers, utilisant de tout pour créer le décalage, l'histoire, les personnages échappés d'un récit oubarbebleue.jpg d'un conte. Ainsi, la Cie Scopitone présentait ses excellentes parodies des contes de Perrault, tels Le Chat Botté, le Petit Chaperon Rouge ou encore Barbe-bleue (l'un de mes préférés). Le principe est simple : chaque comédien raconte le conte à la manière d'un scopitone, sorte de jukebox des années 60 associant le son à l'image, enfermé derrière un petit écran et suivant à la lettre le récit dicté par un disque vinyle. Au ton plein d'emphase et de condescendance déployé par le récitant, les comédiens répondent par un jeu volontiers outré et un sens de la manipulation décapant : le chat botté ressemble plus à un vulgaire matou de gouttière passé à la lessiveuse qu'à un vrai seigneur, la mère-grand du chaperon invite des poupées Ken dans son lit, les victimes de Barbe-bleue ont les visages de certaines célébrités bien connues du public français… Le tout déployé dans un rythme effréné, créant une vraie complicité avec le public. 

adam.jpgEnfin, conclusion du festival face à une salle comble, Adam le Polichineur de laboratoire doit beaucoup à son interprète survolté, qui dynamise cette réflexion absurde sur la science et les origines du monde, qu'il revisite à l'aide d'éléments culinaires, tels… un chou-fleur, des théières, des légumes, des yaourts et autres végétaux reconvertis en scientifiques servant la cause du monde. Un propos totalement absurde et qui échappe à la lourdeur grâce à l'interprétation de Stéphane Georis. 

 

Pour en savoir plus : le blog de la Valise : http://scenesdhiver.blogspot.com/

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