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  • Compte-rendu Juillet 2011

    COMPTE-RENDU DES FILMS VUS SUR JUILLET 2011

    C'est tout d'abord un mois difficile pour le cinéma en Lorraine, le Cameo, célèbre cinéma d'Arts et Essais à Nancy et référence pour tous les passionnés de programmation de qualité et en VO sous-titré, connaissant une période de perturbations... depuis juillet, une bonne partie des films les plus attendus sortent tous avec du retard, peut-être faute des problèmes de circulation des copies, que ce soient I Saw the Devil, The Murderer, La Dernière Piste, toujours pas sortis et annoncés fin août uniquement... Sans compter certains blockbusters qui ont le privilège de passer d'abord par de grands complexes, tel UGC, et de ne pas sortir dans nos petites salles favorites... Les films d'animation comme Kung-fu panda ou Cars 2, la dernière création de Pixar, n'ont ainsi pas la chance d'être programmés dans des salles d'Art et essais, comme s'ils étaient exclusivement réservés aux multiplexes, de même que le dernier volet des X-Men, ou encore celui d'Harry Potter.

    Ainsi, la première sortie de juillet au cinéma fut pour le final des aventures du sorcier de Poudlard. Je ne suis pas une adepte des romans de JK Rowling, mais on se fait toujours prendre au piège de la nostalgie lorsqu'un ensemble de huit films étalés sur une dizaine d'années de votre jeunesse, se termine enfin. Ce qu'il ya d'intéressant avec l'adaptation cinématographique d'Harry Potter, c'est que les romans, écrits par une même personne, sont tous passés dans les mains de cinéastes aux parcours très différents, et pourtant, la cohérence reste présente. Là où des figures comme Batman ou Dracula peuvent connaître de multiples versions et déclinaisons, Harry Potter est resté quasiment le même chevelu à lunettes rondes, ce qui peut sembler, dans un sens, dommage.

    Les deux premiers films furent réalisés par Chris Columbus, un réalisateur que j'estime peu, et qui a donné une version enfantine de la série, et dont le seul atout est d'avoir installé les comédiens principaux, de même que l'ambiance très « british school » du château. Ainsi arriva l'inattendu Alfonso Cuaron pour livrer le meilleur volet de l'ensemble pour Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, Cuaron permettant de faire basculer la fantaisie puérile du début à une noirceur volontiers glauque, exploitant bien plus les psychologies et les personnages secondaires. Mike Newell réalisa ensuite le quatrième film, peut-être l'un de mes préférés car étant le plus dynamique, amusant et sincère, donnant une meilleure place aux acteurs.

    hp.jpgLes trois (quatre) derniers films sont enfin adaptés par David Yates, issu de la télévision. Passons rapidement sur les numéros 5 et 6, définitivement ratés et conventionnels, malgré la réalisation élégante et le souci du décor. Je fus agréablement surprise par la première partie du septième film, qui dépasse de loin sa seconde partie. Les psychologies y prennent plus de place, les tensions au sein du trio d'amis s'y manifestant fréquemment parmi quelques temps d'actions rares mais intenses. De plus, l'action y est pour une fois décentrée du château de Poudlard , permettant d'admirer de magnifiques paysages gelés, des forêts froides et mystérieuses, des plages mélancoliques... Le dernier volet, Harry Potter et les reliques de la mort Partie 2, comme pour rattraper cet envolée vers le dehors, ramène définitivement son action sur le château, livrant ce que tout le monde attendait depuis le début, une classique confrontation entre Harry et son grand ennemi Voldemort, avec batailles à la Lord of thehp2.jpg Rings, armadas d'effets spéciaux et de créatures, manichéisme confirmé, relents de fin du monde et happy end classique. Parmi tout cela, il restait le personnage ambigu de Rogue incarné par le très grand acteur Alan Rickman, le meilleur élément de la série dont la véritable psychologie est enfin révélée. Avec la séquence des souvenirs de rogue, on tombe dans une esthétique inattendue façon Tim Burton, comme si le passage d'Alan Rickman dans Sweeney Todd suffisait à justifier cette inspiration un peu facile. Dommage, vraiment dommage qu'après une première partie intéressante et ouvertes, David Yates en soit revenu à un combat final épique totalement conventionnel.

    Pendant les vacances fleurissent non seulement les suites, mais plus encore les films d'animation : Le Chat du Rabbin de Joann Sfarr (sorti en juin mais qui poursuit son succès dans les salles) ; Chico et Rita de Fernando Trueba et Javier Mariscal ; Les Contes de la Nuit de Michel Ocelot ; Cars 2 des studios Pixar...

    chat.jpgLe Chat du Rabbin est une excellente surprise, peut-être moins pertinente que Persépolis de Vincent Parronnaud et Marjane Satrapi, mais tout aussi pétillante et sincère. Porté par un excllent casting de voix (François Morel s'en donne à coeur joie ; Maurice Bénichou ; la sensuelle et nonchalante Hafsia Herzi ; même la profonde voix de Matthieu Amalric !), le film nous embarque dans de nombreuses situations sujettes à divers débats. La parole porte tout la film car tout commence avec le chat du rabbin qui parvient brusquement à se faire comprendre des adultes. Dès lors, il participe aux grandes questions des humains, apposant son regard cynique sur les choses, et surtout sert d'intermédiaire entre chacun. Faisant quasiment figure de nouveau prophète, le chat remet en cause la religion (un thème bien en vogue dans le cinéma français actuel...) et brasse de grandes questions sur les différences de culture, d'identité, d'histoire. En cela, le film est très bien, permettant d'apporter avec franchise et humour des interrogations en écho avec l'actualité à un large public. L'animation est également bien maîtrisée, donnant dans les couleurs chaudes et le trait léger de Joann Sfar, respectant la BD de base. Pourtant, le Chat du Rabbin a ses failles, notamment au niveau du scénario : les personnages évoluent peu sur leurs prises de position ; l'intrigue avec le Russe peine à s'imposer, puis à captiver ; et surtout la présence féminine est maigre... Dommage que les débats lancés dans le film et l'humour ne parviennent pas à soutenir un rythme et un récit irréguliers.

    Autre film d'animation français du moment, Les Contes de la Nuit est bien en dessous du Chatcontesnuit.jpg du Rabbin. Le dernier film de Michel Ocelot, s'il est agréable sur sa forme modeste et agréable, peine à trouver son envol à travers les six contes qu'il exploite. Les dialogues sonnent creux, les sujets ont déjà été vus et revus des dizaines de fois, l'exotisme se prêtant à être le seul argument de l'histoire. L'ensemble y est surtout d'un manichéisme simpliste assez agaçant, répondant au schéma du trio : un jeune homme intrépide ; une jeune princesse d'une grande beauté ; un roi ou un sorcier tyrannique... Et rien de plus, juste la déclinaison de ce schéma ennuyeux... 

  • Nouveau Blog

    J'annonce ici l'ouverture d'un nouveau blog, exclusivement consacré au cinéma asiatique, et élargi à tout ce qui touche à l'animation japonaise, la littérature, le domaine du manga...

    Voici le lien ! http://mirabelle-cerisier.hautetfort.com

     

    N'hésitez pas à y faire un tour et à y laisser des commentaires.

    Tous les articles en rapport avec le cinéma asiatique de Lysao seront dès à présent re-dirigés vers ce blog (c'est déjà le cas pour Detective Dee).

    Bonne lecture !

  • Une Séparation

    UNE SEPARATION - Asghar Farhadi 

    separaff.jpg

    Après le très beau A propos d'Elly..., Asghar Farhadi confirme son talent avec Une Séparation, triplement primé à Berlin avec l'Ours d'Or et les Ours des meilleures interprétations féminines et masculines. L'occasion avec ce film de mettre en valeur le formidable renouveau d'un cinéma iranien qui succède avec brio aux oeuvres des plus grands de ce pays (Abbas Kiarostami ou Hossein Makhmalbaf) tout en apportant leur exigence et personnalité. Le nouveau film de Farhadi passe à travers le tragique microcosme de cette histoire pour toucher aux nerfs de sa société, et plus encore, à des thèmes universels vibrants.

     

    separlutte.jpgA partir de ce postulat simple qu'est le divorce entre deux parents, le film embarque son spectateur dans une direction inattendue. le départ de la mère est le point de départ d'une série de circonstances malencontreuses, d'un engrenage infernal et révélateur des failles des personnages et plus encore d'une société étouffant dans ses dogmes. Le titre n'est finalement qu'un prétexte et peut s'étendre à l'ensemble du récit et des protagonistes. Entre eux, les personnages finissent par se déchirer, se diviser, se disputer, formant deux parties qui sont de plus en plus difficiles à comprendre. Tout comme avec A propos d'Elly, Farhadi part d'un fait mystérieux et inexplicable, une situation qui dépasse brusquement les personnages dans le quotidien et qui permet de révéler leurs failles. Dans son précédent long-métrage, c'était la disparition en mer d'Elly qui semait le trouble, dans Une Séparation, c'est la cause inconnue de cette fausse couche. La recherche de la vérité ponctue le scénario, les personnages s’empêtrant dans cette quête. Et ce qui intéresse Farhadi, c'est bien plus le trouble de ces chercheurs que le résultat. Le film livre ainsi des portraits psychologiques fascinants, où la question de la culpabilité survole sans cesse les échanges tumultueux entre les couples. L'écriture des dialogues révèle un comportement très humain, dévoilé avec finesse, à savoir le réflexe de rejeter la faute sur autrui et de disculper de toute responsabilité.

     

    Mais, et c'est là le brio de ce scénario, le film est loin de condamner ses personnages. Chacun aseparparole.jpg droit à part égale à son argumentation, chacun est criblé de doutes, chacun a ses propres raisons dans cette histoire. La caméra, très proche des personnages, et la mise en scène qui s'appuie sur des jeux de confrontation et de regards bâtis autour d'une table, face à un même juge, entre deux portes, sont loin de porter un jugement et laissent une place à la décision du spectateur. Il nous est donné de voir ce mensonge du père pour protéger l'avenir de sa fille, ce père qui veut prouver qu'il n'était pas au courant de cette grossesse. Face à lui, l'acharnement du mari est expliqué en partie par une mauvaise expérience antérieure avec la justice.

     

    separvitre.jpgUne Séparation, au-delà du thème du divorce, cerne le problème plus large de l'incommunicabilité entre les êtres humains, incommunicabilité en lien direct avec le cinéma de Kiarostami. Le réalisateur du Goût de la cerise, par sa mise en scène « claustrophobe », montre des personnages se réfugiant derrière leurs vitres de voiture, s'écartant les uns des autres. Il en est de même chez Farhadi : le décor fait d'un surprenant appartement en U autour d'une cour impose une séparation par les portes, les vitres, ou les coins de mur. Ainsi en témoigne cet échange silencieux de regards à travers les pièces entre la mère et la fille au début du film, seul moyen de se dire au revoir lorsque la mère décide de partir. C'est ensuite surtout derrière une porte vitrée que se passera le drame, la rupture à la fois humaine et sociale entre les deux couples. En revanche, la différence avec Kiarostami agit plus au niveau du dialogue et de la prise de parole : silence ou monologues chez l'un ; débat houleux chez l'autre. Dans Une Séparation, on s'arrache la parole, on se coupe, on cherche l'ambiguité dans les propos de l'autre. L'échange est présent, certes, mais cet échange est bien souvent à contre-courant.

     

    Enfin, à toutes ces situations complexes et déchirées, assistent en spectateurs attentifs etseparfille.jpg impuissants les enfants (les deux filles des couples) ou les personnes âgées (le père atteint d'Alzheimer). Incapables d'agir, ils sont toujours relégués dans les coins de l'image ou furtivement intégrés au montage, témoins silencieux des événements. Il y a en outre une forte humanité dans ce film, et elle se retrouve le plus à travers les enfants, tout comme chez Kiarostami. La jeune fille du couple principal, aux bords de l'adolescence, est ainsi traumatisée par l'idée du divorce, et son personnage ouvre à des questions toutes universelles. La situation de crise du couple, le conflit social entre les deux familles, l'une plutôt aisée et cultivée, l'autre engoncée dans la misère et étouffée par la religion, et le rapport entre les enfants et les adultes font d'Une Séparation un film incroyablement universel et touchant. 

  • Compte-rendu Juin 2011

    COMPTE RENDU DES FILMS VUS SUR JUIN 2011

    Je mets ici en place une nouvelle "formule" dans le blog, afin de mieux servir un nombre de visiteurs qui grandit de mois en mois, et que je remercie sincèrement, qu'ils soient des habitués ou juste de passage. J'aimerais, parallèlement à ce nombre qui grandit, voir plus de commentaires !

    Bref, ce compte-rendu mensuel vise à donner une courte liste de mes découvertes cinématographiques, qu'elles soient en salles ou en DVD, mais également de toute la diversité artistique en passant par la littérature, le théâtre, les mangas et la "japanimation", la peinture, la musique… Les oeuvres dont le nom serait en italique, en gras et coloré seront des liens vers les critiques plus approfondies ; celles au nom italique et en gras annoncent une critique à venir ; et enfin celles au nom figurant uniquement en lettres italiques seront brièvement traitées, faute de temps ou d'intérêt.

    Ainsi, afin d'allier la démonstration à l'explication, voici un compte-rendu sur le mois de juin 2011 !

    the-tree-of-life-tree-of-life-18-05-2011-27-05-2011-6-g.jpgCINEMA : Fortifié par un temps moins contrasté et plus ensoleillée que les mois de mars et d'avril, juin présente toujours un cru dynamique et riche, laissant place aux première productions de l'été et surtout à l'arrivée de certains films cannois. Evidemment, le nom de la Palme d'Or s'impose dans ce panorama des salles, The Tree of Life ayant reçu la plus haute distinction de Cannes alors qu'il venait de sortir en salles – on peut rêver meilleure stratégie commerciale pour un film. Pourtant, la dernière réalisation de Terrence Malick, si fascinant soit-il, est empêtrée d'effets esthétisants et d'un symbolisme lourd et loin de la grâce dont se réclame l'oeuvre du réalisateur. Face aux étalages visuels et sonores de The Tree of Life, on peut préférer la sobriété magistrale d'un autre film ayant reçu une distinction tout aussi honorable, Une Séparation de l'iranien Asghar Farhadi. Primé au Festival de Berlin par l'Ours d'Or et les Ours d'interprétations féminines et magistrale, le nouveau film de ce réalisateur fascine par l'intelligence de son scénario et des réflexions qu'il inspire, sa mise en scène ciselée et le jeu impressionnant de ses acteurs. Une vision pertinente de la société iranienne et de la complexité humaine. 

    Une Separation.jpg

    Autre rescapé de Cannes, c'est Le Gamin au Vélo, qui a remporté le Grand Prix du Jury, ex-aequo avec le dernier film de Nuri Bilge Ceylan. Les frères Dardenne signent une fois de plus un film émouvant et prenant, d'une grande sincérité, plus proche de l'épure de La Promesse que de l’âpreté du Silence du Lorna. Avec des interprétations d'une grande qualité, comme toujours.

    Le Gamin au Velo.jpg

    ballade.jpgL'interprétation a joué un grand rôle dans les dernières sorties, sauvant certains autres films moins flamboyants. Déjà, dans The Tree of Life, la présence de Brad Pitt et Jessica Chastain donnaient plus de poids à ces personnages bien trop esquissés et frôlés par la caméra de Malick. De même, l'esthétisme mélancolique et languissant de la Ballade de l'impossible, de Tran Ahn Hung est rééquilibré par la composition émue des deux actrices principales du film, Kiko Mizuhara et surtout Rinko Kikuchi, une des meilleurs actrices japonaises révélée par Babel. Ce film, adapté du roman de Murakami, impressionne par sa photographie, sa pudeur mêlée à un propos cru sur les frustrations sexuelles de ses personnages, mais pêche par son manque cruel et rythme et la mollesse du comédien principal, bien en-dessus des actrices. Autre exemple de la qualité des interprétations, c'est, curieusement, X-Men le Commencement, meilleur volet d'une série assezxmen.jpg atypique dans le paysage des super-héros au cinéma. Loin d'arriver au niveau de la richesse d'un Christopher Nolan, le film séduit néanmoins par sa sobriété et sa sincérité, jouant la carte de l'amitié et de l'intrigue politique plutôt que l'époustouflant (hormis sur le final) et doit beaucoup à ses acteurs qui donnent le charme et la force nécessaires aux personnages discriminés des X-Men : James MacAvoy touchant, la jeune Jennifer Lawrence issue de Winter's Bone charmante, et surtout l'excellent Michael Fassbender.

    deeaff.jpgEnfin, pour en revenir à des valeurs sûres toujours en salles, il reste Detective Dee, de Tsui Hark, énorme production qui hérisse le spectateur sur ses débuts tape-à-l'oeil (cadavres en combustion-décomposition ; générique d'un exotisme forcé) pour finalement le surprendre et l'emporter dans cette flamboyante enquête sur fond historique. Contrairement à ce que fut Sherlock Holmes de Guy Ritchie (aussi une adaptation de célèbres enquêtes dans un contexte précis), donnant lieu à un récit convenu et paresseux et dont le seul atout reste le tandem Robert Downey Jr-Jude Law, Detective Dee laisse sa place au mystère de l'intrigue tout en évitant le manichéisme. Chaque partie reste nuancé, et Dee tente de se poser en permanence comme un protagoniste neutre, mais est sans cesse rattrapé par les griffes politiques et tyranniques du pouvoir. Les scènes de bataille fascinent par la richesse de leurs idées et leur léger excentrique, et les acteurs, tous de grandes stars, sont très bons. Andrew Lau confirme la densité magnétique qu'il a su toujours mettre en valeur dans son jeu, de Running out of time à Infernal Affairs. Mais l'autre chef d'oeuvre à découvrir (ou à revoir) est l'extraordinaire Pina de Wim Wenders. Il est assurément l'un des meilleurs films de l'année : en plus d'avoir su utiliser la 3D avec intelligence, il rend un hommage vibrant et toujours ému sur cette magistrale chorégraphe que fut (et que reste) Pina Bausch. Le film se conclut sur ses mots de résistance : "Tanz, tanz, sonnst sind wir verloren", "Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus"…

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    Côté DVD, c'est l'odyssée « kiarostamienne » qui se poursuit, en parfait écho avec la sortie d'Une Séparation. Abbas Kiarostami est un cinéaste fascinant, qui a livré des chefs d'oeuvre fascinants tels que Close-UpOù est la maison de mon ami ?, Et la vie continueLe goût de la cerise... Face à ce voyage iranien toujours en marche, il faut signaler la fin de la rétrospective Satoshi Kon, génial cinéaste d'animation japonais et tragiquement disparu au cours de l'été dernier. Perfect BlueMillenium Actress, Tokyo Godfathers et Paprika restent ses uniques longs-métrages, constituant une unité vibrante et fascinante par leur originalité et leur écho avec la société actuelle.

    Paprika Filmmaker.jpg

    Face à eux, d'autres découvertes asiatiques peinent à relever mon intérêt : le dernier film du duo Andy Lau/Alan Mak, après Infernal Affairs, se nommant  Confession of Pain, est saturé par une réalisation à l'américaine et les lourds défauts de son scénario, son seul atout résidant dans un Tony Leung qui porte de mignonnes petites lunettes qu'il enlève à ses pires crimes pour signifier son ambivalence... Origine, film d'animation de Keiichi Sugiyama, se prétendant livrer la véritable version de la légende de Nausicaa – celle qui a inspiré le second long-métrage de Miyazaki – reste sympathique et coloré mais est loin d'égaler la profondeur et l'émotion de Nausicaa de la Vallée du Vent. Et puis, un drôle d'ovni datant des années 1990, une sorte de parodie chinoise du James Bondaméricain. Bons baisers de Pékin de Stephen Chow est d'une déjanterie burlesque plaisante et heureusement assez courte, le film pêchant par quelques excès de grotesque.