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23/12/2012

Anna Karénine

La Porte-tambour

ANNA KARENINE – Joe Wright

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Disons-le bien : Anna Karénine est un film bien réalisé. Sa reconstitution s'avère impressionnante, maîtrisée et cohérente dans ses choix tout du long du récit transposé de Tolstoï, son esprit de romanesque assumé, ses acteurs honorables, et sa partition musicale efficace. Cependant, je ne peux m'empêcher de comparer le film de Joe Wright à une porte tambour qui tourne, faisant valser les protagonistes et les ficelles de l'intrigue dans un mouvement continu et répétitif. Pourquoi ? Parce qu'Anna Karénine est si bien mené, si bien construit et si tournoyant, avec ses multiples analogies à la comédie musicale, qu'il en perd peu à peu son intérêt. Le souffle romanesque du début, qui nous emportait dans une valse de rencontres, de dialogues, et de lieux, finir par devenir comme un ronronnement répétitif.

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L'ouverture du film s'avère très habile et véritablement impressionnante. Le volonté de mener la reconstitution à travers l'effort de reconstitution en lui-même fait que l'artifice passe admirablement à l'écran et crée le charme autour du film. Ce n'est pas la reconstitution qui s'instaure dans le théâtre, mais bel et bien le théâtre qui s'inclut dans la reconstitution. Le foisonnement du décor théâtral répond au foisonnement des relations qui se tissent, qui se mêlent, mais aussi à celui des rumeurs qui enflent peu à peu. Mais plus que le théâtre, c'est bel et bien la comédie musicale, voire le ballet russe, qui vient donner le « la » à la relation triangulaire entre Anna, incarnée par l'élégante Keira Knightley, son mari Alexis (Jude Law excellentissime de sobriété), et l'autre Alexis, Vronsky, son amant (Aaron Johnson, assez fade). Cette influence trouve son apogée dans une magnifique séquence de séduction où Anna et Alexis dansent ensemble et où leurs mouvements viennent peu à peu incarner leur trouble émotionnel.

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Mais cette maîtrise du mouvement, qui trouve sa grâce dans cette séquence, ou dans l'ouverture du film, finit par imploser au fil du récit. La mécanique trop huilée de la réalisation et l'artifice de la reconstitution, si habile soit-il, laissent au final peu de place pour la justesse du sentiment. Chaque réaction des personnages, que ce soit le mari, ou l'amant, ou encore des protagonistes des intrigues secondaires (celles-ci assez lourdes de complaisance) devient automatique, dirigée, attendue selon une mécanique froide et écrasante. Le symbolisme du train, en ce sens, qui vient scander dans un montage un peu poussif chaque « dérapage » d'Anna vis-à-vis de la société aristocrate de Russie, devient ainsi agaçant. Anna Karéninene parvient donc pas à dépasser son concept, et ne fait que se plier à un mouvement continuel, proche de celui d'une porte tambour, où le récit amoureux ne nous fait aboutir qu'à un irrémédiable ressassement des choses, sans épaisseur, sans mystère, sans intrigue.

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19:02 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

"Pourquoooooi ?" ^^

Écrit par : Lucy | 24/12/2012

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Voilà la raison, ma chère Lucy !

Écrit par : Oriane | 24/12/2012

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