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  • Soirée Images documentaires

    SOIREE IMAGES DOCUMENTAIRES

    CECI N'EST PAS UN FILM (2011) – Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb

    LA BATAILLE DU CHILI 2ème PARTIE (1977) – Patricio Guzman

    le 12 février 2012 au Forum des Images

     

    A l'occasion des 20 ans de la revue Images documentaires, revue très présente dans les bibliothèques et réunissant de nombreux articles très complets sur ce type de cinéma, l'équipe (modeste et affable) de cette revue avait sélectionné deux forts films de résistance pour célébrer leur passion.

     

    Ceci n'est pas un film

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    Le film de Jafar Panahi et de Mojtaba Mirtahmasb confirme une fois de plus l’extraordinaire volonté et intelligence du cinéma iranien face à la censure. Partageant une journée avec le cinéaste, en attente de son funeste procès durant l'époque de réalisation du film et enfermé dans sa maison, le réalisateur documentaire Mojtaba Mirtahmasb filme son appréhension et sa passion à la fois. L'angoisse, le questionnement et l'incompréhension cohabitent le formidable désir de filmer et de pratiquer son art dans Ceci n'est pas un film. Tout au long de la mise en place de la lecture, de la mise en scène, de la description, voire presque de l'interprétation du scénario du film que Panahi s'apprêtait à tourner avant de se voir opprimé par les terribles décisions du gouvernement, interagissent les événements extérieurs, la balade de son iguane en animal de compagnie (si si!), les coups de téléphone des amis ou de l'avocate, la visite de la voisine venant faire garder son chien, l'agitation de la Fête du Feu dans les rues de Téhéran. Le montage offre à la fois les angoisses du réalisateur et à la fois la retenue nécessaire pour ne pas aller dans l'apitoiement ou la victimisation, notamment grâce à une certaine forme d'humour du quotidien. Bien que derrière l'ironie de Panahi ou la tranquillité apparente de son va-et-vient dans les pièces finissent par émerger l'incompréhension et l'injustice.

    La dernière partie du film subit un formidable retournement de situation, tout comme dans le Miroir, le très beau film de Panahi réalisé en 1997, où les deux amis se placent face à face et se filment l'un l'autre. Dans cet émouvant changement de situation, le réalisateur, auparavant filmé, devient le filmeur, rendosse pour un instant son rôle de réalisateur, et parvient à s'échapper de sa situation lors d'un amusant et vibrant plan-séquence de 10 minutes.

     

    La Bataille du Chili 2ème partie

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    Patricio Guzman vint présenter son film, très ému, et renouveler son hommage à Chris Marker, sans qui La Bataille du Chili n'aurait jamais pu se réaliser, et également au défunt cadreur du film, par la suite arrêté et torturé lors de la dictature.

    La Bataille du Chili est bien évidemment un film d'une émotion bouleversante et d'une rareté précieuse dans le monde du cinéma. Plus que tout, sa vision s'avère nécessaire non seulement pour le témoignage ; mais également pour son engagement, sa justesse, et sa qualité d'expression quant aux événements s'étant déroulés dans ce pays d'Amérique du Sud. Bien qu'il s'agisse de la 2ème partie, nous détaillant la mise en place du Coup d'Etat des généraux et de Pinochet et la résistance d'Allende face à la dissolution de son gouvernement, le film, du fait de sa qualité de « cinéma direct » nous projette en plein cœur des événements, fait revivre cette actualité au présent de manière vibrante et sidérante. On est saisi par la force des images prises au cœur des manifestations, ou lors des assemblées du gouvernement, et qui donnent au film sa couleur intemporel et bouillonnante. L'habileté du montage et le travail titanesque de condensation des événements tracent une histoire intelligemment écrite et d'un engagement réellement pertinent.