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  • The Place Beyond The Pines

    THE PLACE BEYOND THE PINES – Derek Cianfrance

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    Le second film de Derek Cianfrance réunit la rudesse d'un film réaliste et l'élégance d'un mélodrame. Autrement dit, son charme et sa réussite sont dus à cet équilibre subtil et surprenant entre une réalité difficile et amère et un traitement atmosphérique et envoûtant.

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    Nul doute que la structure éclatée et ambitieuse du film surprend et prend part à sa réussite. S’étendant sur trois générations et brillamment menée, cette structure souffre peut-être du défaut de s’appesantir au bout de quarante minutes, connaissant un creux avec toute l'intrigue menée autour du policier, un personnage assez fade en comparaison avec toute la partie construite autour de Ryan Gosling. En outre, cette intrigue approche bien trop le style de James Gray, sans en atteindre la subtilité dans le portrait du monde policier aux Etats-Unis. La démonstration de la corruption se révèle ainsi un peu lente et facile, même si la présence de Ray Liotta contribue à rendre l'atmosphère plus tendue. Sinon, cette partie se déploie sur des codes par trop inspirés et assez prévisibles, tandis que la première réussit à déployer l'imprévisible. Le jeu de Ryan Gosling s'y révèle en phase avec les changements de ton du film. Dans une sublime séquence, l'explosion de violence que déchaîne son personnage face au nouveau compagnon de celle qu'il aime précède une tendre étreinte avec son enfant.

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    Autrement, le film de Derek Cianfrance tisse des effets de réminiscences, d'échos et de prolongement, à l’image de la filiation père-enfant déployée dans le scénario, et ce, sans trop s'enliser dans le symbolique. La réalisation, légère et onirique, donne l'épaisseur émotionnelle nécessaire et suffisante pour incarner à l'écran la complexité des thèmes abordés. Au début du film, lors des retrouvailles gênées de Luke et Romina, un éclairage surnaturel de fête foraine vient contraster avec la pudeur des échanges, créant par exemple une émotion troublante à l'image. De même, de formidables plans aériens viennent accompagner les chevauchées à moto du personnage de Gosling, s'écartant soudain de la dureté et de la violence de son quotidien. Le travail atmosphérique n'est pas, dans ce film, un simple accessoire utilisé juste pour son esthétique, mais clairement un moyen de donner la grâce nécessaire à ces protagonistes basculés dans la violence, la solitude ou le déracinement. Et le choix de Ryan Gosling, figure réunissant ces deux contraires de la beauté angélique et du jeu impassible et imprévisible, se révèle cristalliser ces intentions.

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