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  • La Vie d'Adèle

    Désenchantement

    LA VIE D'ADELE – Abdellatif Kechiche

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    Palme d'Or de Cannes 2013, le dernier film d'Abdellatif Kechiche inspire par moments, émeut par éclairs, déçoit sur une large partie. Le parcours d'Adèle gonfle tout d'abord à la manière de son désir pour les femmes, ou plutôt pour la femme aux cheveux bleus qui surgit dans sa vie, puis s'effondre, perd de son intensité dans un film qui manque singulièrement d'équilibre, d'affirmation. Kechiche semble renouer avec les balbutiements, tantôt tendres, tantôt agaçants, qui soulevaient son premier long-métrage, La Faute à Voltaire.

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    Ainsi très inégal, le déséquilibre du film tient aux hésitations de son style et de son dispositif. Dans La Graine et le Mulet, l'utilisation des gros plans et surtout la vivacité des mouvements de caméra étaient là pour construire un rythme, progressif, celui saisissant l'atmosphère familiale autour d'un coucous, celui vibrant sur les soubresauts de la danse improvisée par Hafsia Herzi. Dans La Vie d'Adèle, l'exigence du gros plans capte l'intensité amoureuse mais ne parvient par à assumer son rythme. Les plans d'ensemble, les coupes, viennent sans cesse briser le désir de manière maladroite, rappelant inutilement à des repères spatio-temporels (les coupes vers les plans d'ensemble dans le parc, totalement inutiles). Avec ce film, Kechiche semble se frotter aux limites de son esthétique, la mise en place de cette proximité avec les comédiens ne permettant pas au finalement de développer et intensifier tous les sujets possibles. Ici, la très belle histoire entre Adèle et Emma, véritable coup de foudre au détour d'un passage piéton, suit une expressivité par trop maladroite, et manquant parfois de subtilité. Certaines scènes dégagent une véritable émotion, telle celle d'une discussion très sensuelle dans un bar gay, où le regard langoureux d'Emma, mêlé aux fumées de cigarettes, vient envelopper progressivement le visage perdu d'Adèle d'une douce torpeur, ou encore celle d'un baiser échangé dans le parc, au beau milieu de l'herbe claire. Kechice a su parfois tirer le plus beau de ce coup de foudre, filmant ses actrices dans une forte sensualité. Mais celle-ci perd de son intérêt, certes au fil des séquences de sexe, longues et répétitives, mais également lors des expositions montées par Emma, dressant un portrait grotesque du monde artistique. Le film ne parvient pas à s'extirper de la chair des personnages pour aller vers un développement plus fin, plus juste. 

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    Ce qui se révèle intéressant chez Kechiche, c'est le contraste des classes sociales, et la question de son marquage socio-culturel. Dès La Faute à Voltaire, cette dialectique était observée à travers la survie d'un immigré et de l'idée de l'intégration, centré uniquement sur le monde de la pauvreté. L'Esquive évoluait vers la confrontation, montrant comment la parole du monde de l'enseignement, allié avec celle de la noblesse des textes de Marivaux, se frottait au langage argotique des banlieues. Le parcours de la Vénus Noire était également en lui-même une traversée des différentes classes sociales de d'époque. Quant à La Graine et le Mulet, la plus belle réussite de Kechiche, ce thème empreint sa magnifique séquence finale, où « l'exotisme » de la culture maghrébine sauvait l'honneur lors de l'inauguration d'un restaurant face aux bourgeois de la ville. Dans La Vie d'Adèle, cette tension sous-entend tout le récit et en constitue une part fort intéressante. Plutôt que le rapport à la sexualité, qui s'appuie sur un symbolisme lourd au fil du film, c'est cette thématique que Kechiche aurait pu affiner, approcher, développer. Entre l'artiste et l'institutrice jaillissent parfois ces contrastes, certes lors des deux dîners chez les parents, néanmoins portés par une opposition qu'on aurait souhaité moins évidente, mais également lors de phrases mal placées, de petites étourderies d'Adèle qui ne comprend pas le monde dans lequel évolue sa compagne. Au final, hormis par leur corps, les deux amantes communiquent peu, leurs univers ne se rencontrant presque jamais. Cette tragédie sous-tend tout le film mais demeure esquissée, jaillissant dans certaines répliques, ou bien volontiers caricaturée. Sur ce point du portrait de deux classes sociales, le film de Kechiche affiche ainsi des poncifs, ne parvient pas à en construire une écriture singulière.

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    C'est en cela que le cinéma de Kechiche n'a jamais été un cinéma de la vérité ou de la réalité, bien au contraire. Kechiche tire des phénomènes sociaux actuels, les réincarne à travers des personnages et leur confère un traitement réaliste. Sa direction d'acteur, proche de la réalité et du phrasé quotidien, se veut participer à cette entreprise de construction d'une illusion réaliste. Cependant, l'histoire, les comportements des personnages, le propos se rapprochent plus de la thèse, visant à mouler des généralités. Son cinéma repose sur cet équilibre, difficile à entretenir, et que pour l'instant seul La Graine et le Mulet a réussi à incarner. Il y existait de la place pour le lyrisme, pour un mystère singulier. Dans La Vie d'Adèle, le lyrisme jaillit par endroits mais se retrouve constamment rompu, brisé. Il atteint des sommets lors de la discussion dans le bar entre Adèle ou Emma ou encore lors de leur rencontre dans le parc. Mais il s'effondre péniblement lorsqu'Adèle discute nourriture face à sa compagne qui débat sur Egon Schiele. La sensualité fragile de base, l'émerveillement des balbutiements sexuels et sentimentaux de la jeune Adèle dérivent progressivement vers une amère et grotesque symbolique des rapports impossibles. La présence des actrices, fabuleuse, en particulier Adèle Exarchopoulos, contribue à captiver et à soutenir ce récit bancal.

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    C'est au final l'histoire d'un désenchantement progressif, de cette rencontre, sensuelle, vibrante, émouvante, au cœur d'un bar gay, à ce quotidien sobre, plat, d'une Adèle brisée et désincarnée, dont le plan final n'arrive même pas à relancer l'intérêt. Le film souffre, perd de sa qualité, car il se plie à ce désenchantement, à cette perte du premier amour. 

  • Top Ten 2013

    Cette année fut maigre en surprises, comparée à une année 2012 bien plus diversifiée et extraordinaire. Peut-être certains films marquants furent manqués, le parcours de cinéphile ne permettant pas d'embrasser toutes les sorties et de suivre l'abondante production cinématographique à l'oeuvre chaque semaine. Deux films français très remarqués, L'Inconnu du lac et La Fille du 14 juillet manquent probablement au palmarès – tout comme l'a été Tabou l'an dernier, chef d'oeuvre que le temps ne m'a permis de voir que plusieurs mois après sa sortie. Néanmoins, pour continuer avec le cinéma français, rares ont été les films à se démarquer : La Vie d'Adèle (Abdellatif Kechiche) et Jimmy P. (Arnaud Desplechin) ont ainsi été des désillusions, apportant une nouvelle pierre aux styles de leurs auteurs respectifs, témoignant de leur créativité mais manquant cruellement de subtilité ou de finesse. L'émotion provint surtout d'oeuvres plus modestes, probablement moins ambitieuses, mais néanmoins plus belles dans leur minimalisme, comme en a témoigné le très beau L'Image manquante de Rithy Panh, mais également Le Passé d'Asghar Farhadi et La Vénus à la Fourrure de Roman Polanski, deux films transportés par leurs acteurs.

    A l'inverse, le cinéma américain s'est révélé plus inégal dans ses propositions, surprenant là où on ne l'attendait pas, riche par moments, décevant parfois. Beaucoup de blockbusters se sont révélés étonnants et efficaces, Star Trek Into Darkness et Iron Man 3 en premier lieu. Certains réalisateurs confirmèrent la force de leur style et de leur potentiel (James Gray, Paul Thomas Anderson, Steven Soderbergh) tandis que d'autres présentèrent des œuvres singulières, parfois bancales mais néanmoins intéressantes par leurs choix de sujets (Inside Llewyn davies, Mud...).

    Le cinéma étranger s'est révélé moins présent que pour l'année 2012 (où avaient été distribués les magnifiques Royal Affair, Elena, Barbara ou encore le superbe Au-delà des collines), malheureusement moins distribué, et plutôt mis en avant dans de nombreux petits festivals. En outre, beaucoup de réalisateurs étrangers son partis tourner ailleurs que dans leur pays d'origine, travaillant avec des équipes étrangères ou un casting international. Après Kiarostami (Like someone in love), Le Passé de Farhadi en est un des exemples, belle histoire qui témoigne cependant d'une force plus discrète que ses précédents films. De même, Bong Joon-ho réalisa Snowpiercer, film très ambitieux mais parsemé de défauts, peinant à contenir toutes les thématiques que sous-entend son sujet apocalyptique. Un continent a cependant apporté cette année d'exceptionnelles et très variées propositions, celui de la Chine, d'où ont surgit les derniers films de Jia Zhangke, de Wong Kar-wai ou de Ann Hui.

    Au niveau de l'animation, ce fut malheureusement une année creuse. La plupart des films sortis restaient des franchises convenus, tels Monstres Academy, Despicable me 2, ainsi qu'un Frozen de Disney valant néanmoins singulièrement le détour. Très peu de films d'animation d'Asie sortirent cette année, recevant peu d'écho de la presse et restant discrets dans les salles – un constat que contredira peut-être l'année 2014 avec la sortie des prochains films du studio Ghibli. Lettre à Momo et La Jardin des mots furent deux films charmants, très beaux dans leur forme mais néanmoins faibles dans leur propos. Les réalisations les plus étonnantes furent ainsi à chercher, pour l'année 2013, du côté de la série animée, certains studios de production proposant en effet des expérimentations étonnantes et bien souvent dérangeantes (Psycho pass, Attack on Titans ou Shin Sekai Yori).

    Les réussites et les bouleversements, comme en témoigne ce Top Ten, demeurent ainsi dans des films bien souvent différents dans la forme, expérimentaux dans leur narration et leur rythme, voire leur plastique. Ainsi, nulle surprise d'y trouver deux films à « épisodes », segmentés en parties, où deux réalisateurs asiatiques ont épousé différents types de narration ou d'esthétique pour rendre compte de la complexité d'une situation. Les films les plus surprenants surgirent de manière éparpillée cette année, apparaissant dans des périodes creuses et souvent peu remarqués Probablement plus atypique et éclectique que les années précédentes, ce Top 10 ne peut se permettre d'être véritablement exhaustif, mais tente de mettre en avant certains films singuliers et parfois oubliés.

    LE TOP TEN 2013

    1

    LA POUSSIERE DU TEMPS – Theo Angelopoulos

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    Le sommet de ce Top est, curieusement, un film datant de 2008. Jamais sorti en salles avant février 2013 en France, la dernière réalisation achevée d'Angelopoulos s'est révélé, dès le début de l'année, une œuvre bouleversante. Et l'est resté jusqu'à décembre. La Poussière du temps s'instaure en effet comme un film à la majesté rare et précieuse, audacieux de bout en bout, émouvant et mystérieux dans ses choix. Entremêlant plusieurs époques et plusieurs personnages, le récit s'empare de l'histoire communiste et interroge les questions de l'héritage, du secret, de la nostalgie et de la perte de l'amour. Le film n'hésite pas à brouiller les frontières spatio-temporelles pour laisser émerger d'improbables et bouleversantes séquences du passé, répondant comme un écho fantomatique au trouble des personnages plus jeunes, perdus dans notre époque contemporaine. Dans ce magnifique film, trois vétérans du cinéma européen, Bruno Ganz, Michel Piccoli et Irène Jacob valsent parmi les brumes de leur passé, se remémorant les beaux jours tout en constatant l'amertume du monde actuel, s'embrassent le temps d'une éphémère danse à trois.

    2

    SHOKUZAI – Kiyoshi Kurosawa

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    En dépit de son sujet sinistre et de sa dureté, Shokuzai demeure un film merveilleux, car n'hésitant pas à franchir fréquemment les frontières de la fascination, du fantastique, de l'onirisme, voire même d'une certaine féérie improbable. Scindé en cinq parties, le dernier film de Kiyoshi Kurosawa se saisit des vies traumatisées de quatre jeunes femmes ayant construites leur vie sur un secret. A la fois portrait psychologique de ce traumatisme et portrait social de son pays, Shokuzai se saisit d'une myriade d'esthétiques, les fusionnant à travers ce sens de l'horrifique propre à Kurosawa. Le réalisateur japonais tire parti de son expérience du fantastique pour porter un regard terrifiant sur les femmes de sa société, mais également la violence à laquelle elles font face. Porté par des interprétations exceptionnelles, son film indique un tournant dans son cinéma, le menant sur le chemin d'une maturité extraordinaire.

    La Critique du film

    3

    BEHIND THE CANDELABRA – Steven Soderbergh

    LE MEDECIN DE FAMILLE – Lucia Puenzo

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    Ces deux films très différents présentent néanmoins la même audace et le même attrait pour le thème de l'obsession de l'apparence et celui de la monstruosité – exubérante chez l'un, cachée pour l'autre. Le film de Soderbergh dresse le portrait tout en nuances de la fascinante figure du pianiste Liberace, dans une réalisation teintée d'érotisme, de sensualité, mais également d'une grande et émouvante pudeur. Le monstrueux – dans tous les sens du terme - Michael Douglas forme avec Matt Damon un duo d'acteurs traversé par des jeux de pouvoir, entre la domination et les sentiments. Le Médecin de famille s'empare quant à lui du personnage beaucoup plus effrayant de Mengele, médecin nazi prenant pour cobaye une famille argentine. La réalisation lumineuse embrasse la manipulation progressive, où le mal-être adolescent vient se confronter à l'obsession eugénique de l'idéologie nazie. Dans ces deux films réside l'une des plus belles et rares qualités, à savoir le sens de l'ambiguïté, qui leur permet d'atteindre une véritable virtuosité dans l'approche de leur sujet.

    La Critique de Behind the candelabra

    La Critique du Médecin de famille

    4

    THE MASTER – Paul Thomas Anderson

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    Flamboyante, la dernière réalisation de Paul Thomas Andersen impressionne grandement, notamment parce qu'elle prend énormément de risques avec son sujet, sans perdre une certaine élégance dans sa réalisation. Le film s'empare de la névrose de ses divers personnages, créant des confusions entre manipulé et manipulateur, confrontant à travers de nombreuses scènes dérangeantes et incroyables ces protagonistes dérangés. Joaquim Phoenix, sidérant, fait ainsi face à Philip Seymour Hoffmann et à Amy Adams, incarnant tous deux des personnages perturbés, traversés de contradictions. The Master est un film sur le danger d'une illusion, celle du pouvoir exercé sur des individus, et saisit comment ce pouvoir perd progressivement le contrôle.

    5

    L'IMAGE MANQUANTE – Rithy Panh

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    Bien que diffusé sur Arte et projeté dans quelques salles, L'Image manquante s'inscrit néanmoins comme une œuvre éminemment cinématographique, probablement la plus aboutie de Rithy Panh. À travers des créations plastiques, figurines en glaise et maquettes en bois, le cinéaste questionne son passé, ses souvenirs les plus douloureux, s'épanche sur les moments de désespoir et ceux d'espoir. Il livre là un témoignage d'une vibrante intensité, pris entre sa volonté d'entretenir la mémoire de ce génocide effrayant et l'émotion nostalgique des souvenirs.

    La Critique du film

    6

    LA DANZA DE LA REALIDAD – Alejandro Jodorowski

    A TOUCH OF SIN – Jia Zhangke

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    Ex-aequo, La danza de la realidad et A Touch of sin partagent peu en commun, mis à part le fait qu'ils sont deux films atypique, dégageant une esthétique et une narration particulières. Le film de Jodorowski se révèle le plus extraordinaire des deux, véritable fable prenant le parti pris de l'absurde pour raconter les souvenirs d'enfance de son réalisateur, en particulier le récit de son père. Le film doit sa force au frottement audacieux et surprenant entre le grotesque et le sublime, proposant des tableaux incroyables et élégiaques, très proches d'un Fellini.

    A Touch of Sin doit paradoxalement son émotion à ses défauts. Rompant avec le cinéma documentaire et contemplatif auquel nous avait habitué Jia Zhangke avec de vibrants témoignages (Still Life, 24 City, I wih i knew), A Touch of sin s'empare avec maladresse du cinéma de genre, ou d'une esthétique violente, pour dresser un portrait déchirant des accès de violence e, Chine. Mais ce qui touche, à travers ces expérimentations tantôt fortes, tantôt balbutiantes, c'est le cri d'alarme qui traverse tout le film, cri d'une incompréhension et d'une sidération face à aux événements apparaissant dans son pays. Rarement un film n'avait autant fait part des affres de son réalisateur.

    7

    THE IMMIGRANT – James Gray

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    La dernière réalisation de James Gray tient ses belles promesses, parvenant à nous plonger dans le monde des années 1920 et à nous partager cette relation d'interdépendance entre une immigrée polonaise et un souteneur de prostituées. The Immigrant doit sa beauté à cette relation, où un personnage de monstre – une fois de plus – se confronte à la fragilité d'une jeune femme, et où les rôles s'inversent progressivement. Dans ce dernier film, Joaquim Phoenix, dans la lignée de The Master, offre une performance magistrale, ambiguë et insaisissable.

    8

    UNE VIE SIMPLE – Ann Hui

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    Passé quelque peu inaperçu, la dernière réalisation de Ann Hui concilie un casting audacieux (Deannie Yip, Andy Lau, Anthony Wong ou même Tsui Hark dans un cameo exquis) à une intrigue minimaliste. La simplicité du récit et de la réalisation parviennent à capter l'attention autour de cette étrange amitié fusionnelle entre un producteur de cinéma riche et sa vieille servante, atteinte de maladie. Deannie Yip et Andy Lau s'y approchent tout en douceur, échangeant repas, poignées de main, caresses et souvenirs complices, entretenant un cocon protecteur, mais fragile, face à l'approche de la maladie.

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    9

    STAR TREK INTO DARKNESS – J.J.Abrams

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    Suite de la première adaptation de la genèse de Star Trek : Into Darkness doit tout d'abord énormément à son casting excellent, où le dynamique Chris Pine affronte la sobriété manique de Zachary Quinto, tantôt que Cumberbatch livre une composition toujours aussi élégante. C'est bien évidemment le thème de l'esprit d'équipe qui bâtit la réussite de ce divertissement, où les péripéties se succèdent avec efficacité, nous plongeant dans l'univers de Star Trek sans nous y noyer.

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    10

    PEOPLE MOUNTAIN PEOPLE SEA – Cai Shangjun

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    Passé inaperçu à sa sortie en été, People Mountain people sea est pourtant l'un des films les plus audacieux de l'année. D'une extrême violence, bien souvent mise en scène de manière surprenante, le film se révèle volontiers chaotique, misant sur la force des images et la violence du paysage pour exprimer le désespoir d'un pays en proie à la ruine. Témoignage tout aussi édifiant que A Touch of Sin, le film s'emparait très précisément de la vie dans les carrières et les mines, nous menant des montagnes aux pierres blanches éblouissantes à l'atmosphère écrasante et terrifiante des mines de charbon, comme une plongée aux enfers.

    La Critique du film



    MENTIONS SPECIALES

    ILO ILO – Anthony Chen

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    N'ayant pas trouvé sa place dans ce top 10, Ilo Ilo mérite cependant une distinction. Première œuvre par un jeune cinéaste de Singapore, le film présente quelques petites faiblesses, mais témoigne d'une sensibilité vibrante, offrant le portrait très juste d'un enfant introverti. La réalisation, aérée, légère, enveloppait ce récit avec une véritable finesse et une très belle émotion.

    La Critique du film



    TRILOGIE BILL DOUGLAS

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    C'est également un second portrait d'enfant qui reçoit la seconde mention spéciale. Ressorti dans plusieurs salles sur Paris et dans quelques régions de province l'été dernier, ces trois films s'emparent de l'enfance traumatisante de Bill Douglas dans l'après-guerre de l'Angleterre ouvrière. Magnifique œuvre autobiographique, cette trilogie échappe à toute entreprise narcissique et saisit les moments de torpeur, désespoir, trouble, incompréhension, de son personnage tourmenté pour aboutir sur un final magistral, celui d'une renaissance.

    La Critique de la trilogie



    Mais aussi … SNOWPIERCER ; MUD ; LE PASSE ; LA VENUS A LA FOURRURE ; FROZEN ; THE GRANDMASTER ; IRON MAN 3 ; LA VIE D'ADELE ; THE PLACE BEYOND THE PINES ; DANS LA BRUME ; GRAVITY ; MIELE