Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Nécessité de l'illusion

    Après les attentats du vendredi 13 novembre.

     

    Difficile de trouver des mots pour qualifier la terreur ressentie vendredi dernier, et la flopée d'émotions au cours du week-end, se succédant aussi vite que les débats, les articles, les témoignages, les tweets et les posts. A défaut, mais pas à contrecoeur, on se tourne vers les évidences, vers nos connaissances. Après l'effroi, on revient à nos amis, nos proches, on retourne à la source des sentiments réconfortants ; une illusion peut-être, dressée de manière fragile pour tenter d'éviter ce fait que rien ne sera plus comme avant. On l'évitait, jusqu'à ce que la proximité nous éclate en pleine figure, car le quotidien se transforme en probabilité du risque, les rues sont soudain celles d'à-coté, les noms et les visages des victimes nous semblent familiers, nous ressemblent.

     

    Retourner à d'autres mots. Ici, ceux de la modeste ambition de ce blog, où s'embrasse encore plus la passion du cinéma, et la tentative de saisir des cultures, qu'elles soient françaises ou étrangères, par la compréhension et l'analyse de leur sensibilité.

    Cette volonté cinéphile n'est-elle pas aussi une illusion, celle du pouvoir de réconfort des films, de l'émotion d'un grand écran protecteur, du plaisir de la remémoration et de la réflexion de nos souvenirs de spectateur ? Probablement. Mais l'illusion ne devrait-elle pas nous aider à tenir ? Ne devrait-elle pas nous incliner au calme, à l'apaisement et à la générosité ? Car, dans notre quotidien nécessairement bouleversé, qui va devoir se remettre en question, dans son engagement et par-dessus dans sa lucidité face aux amalgames, aux récupérations politiques, à l'emballement d'une haine inacceptable, nous aurons besoin plus que tout de ces espaces d'illusions. Et leur fragilité ne les rendra que plus précieux, plus forts.

     

  • Phantom Boy

    Un enfant dans la ville

     

    PHANTOM BOY – Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli

     

    Demeure admirable, dans la dernière réalisation de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol, l'approche à l'égard de la maladie qui touche son jeune héros. Rarement un film d'animation n'a instauré avec autant de facilité, d'humanité et de justesse la situation délicate qui instaure son récit. Léo, 11 ans, atteint d'une leucémie, possède la capacité extraordinaire de sortir de son corps et de voyager, invisible, à travers la ville. Si le pouvoir éveille l'émerveillement, il est aussi porté par une certaine angoisse de la mort qui approche, et évidemment la figure du fantôme. Une telle confusion du sens de cette capacité magique permet de filtrer en travers des aventures, la maladie, la peur des parents et de la petite sœur, le rapport prématuré à la disparition.

     

    Lire la suite

  • Sangue del mio sangue

    Le ciel et la rivière

     

    SANGUE DEL MIO SANGUE – Marco Bellocchio

    LE CIEL ET LA TERRE (IL CIELO E LA TERRA) – Carlo Coccioli

     

    En admirant le très beau film de Marco Bellocchio, j'ai songé au roman que je viens de conclure quelques semaines avant. Ayant malheureusement peu de temps pour consigner toutes mes découvertes culturelles – et privilégiant généralement les articles sur le cinéma – je profite de cette critique pour y glisser le ressac des lignes du Ciel et la Terre de Carlo Coccioli, bouleversant recueil sur les confessions tourmentées d'un prêtre italien à l'aube du fascisme de son pays. Ce parallèle s'instaure par certes la culture conjointe aux deux œuvres, mais également l'ambigüe approche de la religion catholique qu'elles entretiennent, autant motivées par la démonstration du miracle que les profondes dérives fanatiques qui la creusent.

    Lire la suite

  • Belles-Familles

    Vite, vite !

     

    BELLES-FAMILLES – Jean-Paul Rappeneau

    Dans le nouveau film de Jean-Paul Rappeneau, tout va très très vite. Belles-familles accompagne son récit d'un dynamisme sans cesse éclatant, comme si Rappeneau fouettait littéralement les corps de ses acteurs et les coupes de son montage, les pressant à accomplir leur effet. Cette vélocité constitue autant son charme que les limites.

    Lire la suite

  • Pan

    Petit Pan ne devient pas grand...

    PAN – Joe Wright

    Si je n'avais pas apprécié les choix narratifs d'Anna Karénine, le précédent film de Joe Wright, la virtuosité du film m'avait conquise. Joe Wright possède un indéniable sens de l'émotion liée à une théâtralité rendue possible au cinéma. Celle-ci tenait dans l'idée d'une constante dynamique des décors et des costumes, eux-mêmes soumis et transformés par le montage visuel et musical. Anna Karénine gagnait au sublime par l'artifice assumé d'une scène de théâtre recueillant les événements, mais aliénée sans cesse par l'autre « grand spectacle », celui du cinéma.

    Lire la suite