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Kung-Fu Panda 3


Le temps de la paternité

 

KUNG FU PANDA 3 – Jennifer Yuh Nelson et Alessandro Carloni

 

Ce troisième volet des aventures de Po confirme la stratégie du studio Dreamworks dans l'évolution de ses franchises. Stratégie classique puisqu'elle consiste à représenter un aspect de la croissance de son personnage, sans nécessairement qu'il grandisse physiquement, mais plutôt qu'il se confronte à de nouveaux dilemmes. Un peu comme Shrek, Po vit d'abord un moment de rencontre nécessitant un engagement. Celui-ci est marqué plus intensément dans le second volet, jusqu'à enfin migrer vers celui de la paternité – et nul doute que How To train A Dragon semble voué à la même logique. Cependant, à l'inverse de Shrek, le passage au temps de la paternité se révèle plus complexe que l'idée d'avoir des enfants : ici, il s'agit d'apprendre à transmettre un savoir et d'ainsi s'inscrire dans un ensemble.

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L'argument est d'emblée problématique et tombe vite à plat. Le jeune Po avait largement déjà prouvé, au cours de batailles épiques et d'ordres loufoques proférées par Jack Black, sa capacité à diriger une équipe et à cerner les points forts de chacun de ses compagnons de kung-fu. Le prétexte du soudain doute du personnage, afin de justifier sa quête vers ses origines de panda, apparaît donc redondant, et moins émouvant que dans le second KFP. La quête du protagoniste convainc donc à moitié et n'instille qu'une vague inquiétude face à la résolution de son problème intérieur. La transformation finale en dragon est dès lors plus l'achèvement royal d'un symbole déjà institué, et dont la glorieuse esthétique vient couronner – juste pour le plaisir ? - la célèbre franchise.

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Ainsi, vague coup de pied dans l'eau, Kung-Fu Panda 3 ? Si la dextérité technique n'est plus à prouver, ni encore la fabuleuse alchimie entre les textures orientales et le rythme du divertissement américain, ce troisième récit fait sourire en même temps qu'il paraît fade par rapport aux précédentes cabrioles de Po. Ainsi, la balourdise du personnage durant les combats, qui permettait de délicieux enchaînements de gags à répétition, est redirigée vers son comportement et le réveil de ses instincts de panda dans les actions les plus simples (se rouler en boule, manger à profusion, faire la sieste...). La création du village des pandas est en cela un arc tout juste amusant, mais ne faisant qu'amplifier des gags déjà présents, les rendant même parfois plus lourds ou inutiles.

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De même, l'enjeu qu'est le méchant ne gagne pas en intensité par rapport aux précédents adversaires de Po. Son discours relativement plat sert surtout une stratégie d'affront qui n'est que prétexte à pour réunir tous les combattants de kung-fu, et notamment faire référence à Oogway. S'il est certes plaisant de revoir la zen tortue, et de recevoir un aperçu exhaustif des légendes évoquées dans l'univers de KFP, le personnage de Kai est, du point de vue de l'animation, loin des étoffes cinglante ou originale respectivement construites par Tai Lung ou le paon Shen. Cela notamment parce que le film déplace l'argument oriental pour l'inscrire dans un discours plus large, plus universel, faisant ainsi de Kai un super-méchant titanesques proche de ceux observés dans les sagas de super-héros actuelles. D'une manière similaire, le village des pandas prône un épicurien retour à la nature qui pourrait s'inscrire dans n'importe quelle région du monde, même si les étoffes et les constructions rappellent des peuplades isolées dans la montagne.

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Ce décevant retour à des choix plus conventionnels, moins expérimentaux dans sa riche matière sino-américaine, est parfois atténué par des à-côtés malicieux. La présence d'Oogway et ses énigmatiques réflexions bouddhistes est la bonne surprise en ouverture du film, Maître Shifu est toujours bordé de caustiques remarques à l'égard du panda, et les cinq compagnons de Po prennent une importance plus considérable. Kung-Fu Panda 3 se permet même une audacieuse relecture de la cellule familiale puisque proposant, après le souvenir omniprésent de la mère dans le second volet, une paternité double, oscillant entre le maigrichon Ping et le costaud Li Shan. Cette vision de la paternité, cachée en filigrane de la quête d'enseignement de Po, explose par l'humour certains standards familiaux durablement à l'oeuvre dans la production animée américaine. Le vague coup de pied dans l'eau réussira peut-être à faire naître quelques vagues de renouveau.

 

Commentaires

  • D'accord à 100%. Toute la famille s'est poliment ennuyée devant ce troisième opus.

  • Bonjour Oriane, concernant ce Kung Fu Panda 3, j'ai parfois trouvé les répliques un peu niaises et l'animation faiblarde mais cela reste sympa même si c'est le premier de la série que j'ai trouvé le plus réussi. Bonne journée.

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