<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="/atom.xsl" ?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr">
<title>Lysao</title>
<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://lysao.hautetfort.com/atom.xml"/>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/" />
<subtitle>Lysao</subtitle>
<updated>2010-03-19T21:23:18+01:00</updated>
<rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights>
<generator uri="http://www.hautetfort.com/admin/" version="6.0">HautetFort</generator>
<id>http://lysao.hautetfort.com/</id>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Duras 1</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/03/19/duras-1.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-03-19:2660433</id>
<updated>2010-03-19T21:23:18+01:00</updated>
<published>2010-03-19T21:22:00+01:00</published>
<category term="Cinéma" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary> &amp;nbsp;       COMPTE RENDU DE L'EVENEMENT DURAS (Partie 1)            India...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;COMPTE RENDU DE L'EVENEMENT DURAS (Partie 1)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;center&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;India Song – Un film de Marguerite Duras&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2344857&quot; src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/02/463786987.jpg&quot; alt=&quot;indiaaff.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2344857&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Entre les épreuves intensives de ma semaine de bac blanc, je trouvais le temps et la force de me concentrer sur le troisième de l'événement Duras, consacré à son œuvre cinématographique pour le moins atypique comme son écriture, qui se déroulait au Centre culturel André Malraux à Vandoeuvre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Tout d'abord, je suis légèrement mécontente, non pas envers la qualité des films choisis ou les divers intervenants, mais envers l'organisation d'un événement pour le moins important et intéressant. Or, il se trouve que le public était peu présent pour les conférences, la salle souvent à moitié, voire aux trois quarts vides, et j'en ressentais une certaine gêne pour des intervenants qui étaient venus de très loin pour parler de l'écrivain. Je me pose du fait des questions sur le travail de diffusion qui semble très superficiel, car il est dommage que ces projections soient passées inaperçues (a contrario d'un spectacle comme La maladie de la mort qui eut un certain succès).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Néanmoins, c'est essoufflée après avoir couru en sortant du tram pour arriver à l'heure que je m'asseyais dans la petite salle du bar, au milieu d'un public attentif à la lecture de M. Lonsdale. Le comédien venait juste de présenter le texte dont il faisait la lecture, &lt;i&gt;L'Ete 80,&lt;/i&gt; assis en face du micro. Mais, trop petite pour hisser mes yeux au-dessus des têtes, trop gênée pour déplacer ma chaise de plusieurs centimètres, je n'eus pas la chance de saisir le visage du magistral acteur dans sa lecture, concentré, saisissant les mots de son livre sans lunettes. Mais sa voix, mêlée au texte de Duras, transcende les esprits, pousse les paupières à se fermer et à se laisser bercer par le timbre chaud, légèrement feutré, grave et lent de Michael Lonsdale. Quel contraste plus saisissant entre cette silhouette courbe, corpulente, se déplaçant avec précaution, alourdie par la vieillesse ; et cette voix emplie d'émotion et d'assurance, cette manière d'exprimer les idées et les mots dans un seul et solide souffle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;India Song : en dépit de la qualité déplorable de la copie projetée (bien que notre ciné-club en fournisse souvent de piètre qualité), le film imprime une force et une émotion sidérantes. J'avais déjà lu le texte, porté par un complexe de voix déstabilisant et empli d'indications précises, minutieuses. Il s'attache au portrait d'une femme, Anne-Marie Stretter, femme de l'ambassadeur de France en Inde. Femme belle, ensorcelante, étrange, divisée entre ses multiples amants que décrivent, commentent les diverses voix-off, non sans cruauté et fascination. Tout le film repose sur cet audacieux parti prix de supprimer toutes les voix diégétiques, et d'enregistrer les conversations entre les personnages en voix-off sur l'image. Ainsi, tandis qu'Anne-Marie Stretter danse avec chacun des hommes, Michael Richardson, le jeune invité, l'attaché d'Ambassade allemande ou le vice-consul de Lahore, muet, silencieusement tendus et accrochés l'un à l'autre au rythme lancinant de l'orchestre qui joue &lt;i&gt;India Song&lt;/i&gt;, résonne au-delà de ces pas leur échange.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2344858&quot; src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/01/1204667894.jpg&quot; alt=&quot;indiamir.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2344858&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Des films de Duras, tout comme ses films, se dégagent aussi une cohérence parfaite, une unicité dans ce drame qui se joue, dans sa mise en scène et sa progression. Outre le principe des voix, les images du film se limitent à quelques espaces extérieurs, et surtout un salon comportant un vaste miroir dupliquant les silhouettes. Cette pièce, comme la cuisine dans &lt;i&gt;Les enfants&lt;/i&gt;, est à la source de tout le drame, exploitée au maximum : chaque protagoniste y passe, y danse avec Anne-Marie, y devient le sujet de toutes les conversations. L'espace et le temps semblent les tenir captifs dans l'image, les immobiliser pour mieux les juger et les décrire (ce que font non sans cruauté les «&amp;nbsp;voix&amp;nbsp;»), étouffer leur angoisse et les réduire à de pâles silhouettes fantomatiques. La musique, d'India Song ou d'airs classiques, accompagne les déplacements calculés, les gestes silencieux mais significatifs, cette mouvance corporelle qui crée cette atmosphère si envoutante. Cependant, hors de l'image, en hors-champ, éclatent tous les non-dits, telle celle du vice-consul de Lahore, voix noyée de larmes et écrasée par la douleur, qui taille cette fissure dans l'image glacée des personnages à l'écran, transcende cet espace, figent les regards et provoque l'hésitation et le trouble.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2344860&quot; src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/21868091.jpg&quot; alt=&quot;indiaprécx.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2344860&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Dans &lt;i&gt;India Song&lt;/i&gt; se retrouve aussi une préciosité, cette contenance due à la fois au luxe qui caractérise ce «&amp;nbsp;clan&amp;nbsp;» loin des misères du pays, voulant se donnant l'illusion d'en échapper, sorte d'ivresse passionnée dans laquelle les personnages se plongent ; et le sentiment de la mort qui s'immisce, la lassitude qui gagne chacun. Cette dualité, où la passion luxueuse et précieuse se mêle au sentiment de décrépitude et de fin rappelle le magnifique &lt;i&gt;Guépard&lt;/i&gt; de Visconti, où le Prince Salina, derrière son élégance et son assurance, laissait peu à peu entrevoir son désespoir et sa désillusion.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Enfin, la force d'&lt;i&gt;India Song&lt;/i&gt; se trouve également dans le choix des acteurs. Duras choisissait en effet scrupuleusement ses interprètes afin d'exprimer le mieux possible le souffle de son phrasé et son rythme complexe et poétique. Ainsi Lonsdale et la magnifique Delphine Seyrig incarnent ces personnages torturés avec une subtilité sidérante : chaque geste, chaque regard, chaque ondulation du corps et chaque mot est pesé, souligne quelque chose, esquisse une douleur à la fois terriblement présente et totalement indescriptible. Par exemple, chaque valse de Seyrig est différente selon l'homme avec qui elle danse : sa sensualité avec Richardson évoque leur complicité, sa raideur avec le vice-consul montre au contraire sa distance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2344861&quot; src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/01/1234701775.jpg&quot; alt=&quot;indialonsd.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2344861&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Peu après cette projection, Michael Lonsdale nous parla avec émotion, tendresse et humour des premières expériences de Duras avec le tournage, mais aussi du théâtre et de sa formation hésitante. Que dire face à la sagesse discrète et belle de cet homme altruiste, parlant avec générosité de ses riches rencontres ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal; text-decoration: none;&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Le mystère de la chambre jaune et Sherlock Holmes</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/03/03/le-mystere-de-la-chambre-jaune-et-sherlock-holmes.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-03-03:2635498</id>
<updated>2010-03-03T22:22:52+01:00</updated>
<published>2010-03-03T22:22:00+01:00</published>
<category term="Cinéma" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Le goût de la vieille littérature     &amp;nbsp;    LE MYSTERE DE LA CHAMBRE...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Le goût de la vieille littérature&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE - Bruno Podalydès &amp;amp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;SHERLOCK HOLMES - Guy Ritchie&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/01/560584783.jpg&quot; id=&quot;media-2313924&quot; alt=&quot;cjaff.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313924&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/02/812868285.jpg&quot; id=&quot;media-2313925&quot; alt=&quot;shaff.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-2313925&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il est des périodes où la vision de certains films semble se recouper, se compléter et pousse ainsi à l'écriture d'articles communs. Peu de temps après avoir vu au cinéma le &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt; de Guy Ritchie, je visionnais le DVD (grâce à Mathilde, merci à elle) du film à succès de Bruno Podalydès, &lt;i&gt;Le mystère de la chambre jaune&lt;/i&gt; (2003&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;, où se traduisait également la même volonté de retourner à ce genre d'enquête appelant plus le travail logique de la raison et l'aventure romanesque que les armes scientifiques dont sont pourvues bon nombre de séries policières sur le petit écran. A contrario, il se traduit au cinéma un désir commun et avoué de replonger dans l'atmosphère intrigante des classiques du genre. Un tel retour aux sources ouvre, outre l'appui d'un scénario littéraire construit, à des galeries de personnages détonants et évidemment à la possibilité et surtout le défi de renouveler l'esprit de l'époque sans pour autant le trahir, de rendre attrayant ce qui est ancien, voire considéré comme démodé, et d'utiliser ce parfum éventé comme moyen de création.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les films de Bruno Podalydès et Guy Ritchie, cependant très différents, réussissent cette combinaison par la vivacité de leurs films et la qualité des interprétations de leurs acteurs. Il y réside cette volonté de restituer l'atmosphère de toute une époque, et la débrouillardise des moyens d'enquête, généralement face à des mystères et des faits inexplicables et lugubres. De plus, ces deux films traduisent ce même renouvellement et en même temps continuation des adaptations de séries romancées au cinéma, permettant de comparer les différents acteurs, les différents points de vue sur l'œuvre. Cependant, il faut être lucide face à ces deux films qui, malgré les apparences, restent très fidèles à l'œuvre, se complaisant au contraire dans l'atmosphère de l'époque. Si &lt;i&gt;Le mystère de la chambre jaune&lt;/i&gt; comporte la quintessence des meilleurs acteurs français de toutes générations, il retranscrit fidèlement les étapes de la résolution du mystère. Si &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt; paraît «&amp;nbsp;survitaminé&amp;nbsp;» par le brio de ses scènes d'action et le dialectique dynamique du couple Holmes/Watson, il n'en reste pas moins porté par une intrigue très classique&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En effet, loin d'être une inconditionnelle des romans de Sir Arthur Conan Doyle, je n'en étais pas moins attirée par le film de Guy Ritchie, réalisateur dont on m'avait beaucoup vanté la folie jouissive de &lt;i&gt;Snatch&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Arnaques, Crimes et Botanique&lt;/i&gt;. Mais il semblerait néanmoins que le despotisme des studios américains engagés dans ce projet colossal ait mis un frein au délire visuel et narratif de Ritchie, faisant de ce &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt; tant attendu un classique film d'aventures dans le genre, à l'ambiance volontiers gothique et aux topos du genre. Le film n'en reste pas moins agréable et dynamique, porté par des acteurs complices et attachants.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/01/1622283315.jpg&quot; id=&quot;media-2313928&quot; alt=&quot;shholms.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313928&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;A première vue, le film semblait se placer sous les signe de la relecture originale et explosive des personnages. Étrangement, le Sherlock Holmes crée par Ritchie et son acteur Robert Downey Junior n'est pas si éloigné de l'original, dans le sens où il correspond bien à la légende : un homme atypique, excentrique, préférant jouer du violon dans sa chambre enfumée plutôt que de paraître à des soirées mondaines, s'immisçant facilement dans les quartiers dégradés de Londres. Sa nonchalance et sa dépravation (qui est peut-être le seul élément qui s'oppose à l'aspect dandy soigné incarné autrefois à l'écran) cachent aussi le même esprit calculateur, le même fin connaisseur de poisons et potions en tous genres et surtout une certaine élégance discrète dans les combats les plus grotesques. Le film se plaît à ainsi représenter l'intelligence du personnage à travers ses réflexions médicales sur la portée de ses coups, comme dans le première séquence d'ouverture, rapide immersion dans l'action. Au lieu de briser l'image de la légende, Guy Ritchie l'a au contraire étoffée en donnant au personnage une certaine tendresse inattendue, et en respectant sa connaissance et son sens instinctif. &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt; est ainsi un peu ce qu'&lt;i&gt;Inglorious Basterds&lt;/i&gt; fut à sa sortie : les quelques images et la filmographie de réalisateurs éclectiques dressaient l'attente d'une version décapante et explosant les codes du genre, et le film, à sa sortie, surprend quelque peu par l'ensemble agréable et convenable qu'il s'avère être.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/2113235734.jpg&quot; id=&quot;media-2313931&quot; alt=&quot;cjroul.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313931&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C'est la même remarque vis à vis du Rouletabille interprété par le sympathique Denis Podalydès. Il n'est nullement revisité mais Bruno Podalydès se plaît à réaffirmer son côté joueur, débrouillard, image un peu caricaturale du journaliste de l'époque, un petit &lt;i&gt;Tintin&lt;/i&gt; curieux et courageux, fourmillant d'idées. Le comédien dynamise l'ensemble, traînant ses jambes agiles et son pantalon aux fraises dans les couloirs du château, n'hésitant pas à se glisser sous le lit de la victime pour voir l'impression que cela fait, déplaçant çà et là des objets et se voulant démonstratif et éloquent. Peut-être une certaine moquerie tendre se manifeste à propos du personnage, souvent puéril dans sa manière d'agir et de vouloir se faire remarquer, comme lorsqu'il affirme «&amp;nbsp;J'le battrai, le grand Fred&amp;nbsp;» face à l'inspecteur Frédéric Larsan, prenant l'enquête comme une bataille de billes dans la cour de récréation. Cette dimension enfantine se retrouve non seulement dans le nom du héros, mais constitue toute le fondement de la mise en scène même de Bruno Podalydès.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/00/83630674.jpg&quot; id=&quot;media-2313933&quot; alt=&quot;cjduo.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313933&quot; /&gt;Cela dit, Rouletabille entraîne dans sa course le photographe Sinclair, dont il est dommage que le rôle en soit pas plus exploité. Le tandem reste celui, classique, du héros et de son acolyte, où se définit un simple rapport d'amitié et d'admiration du second envers le brillant journaliste. Si Jean-Noël Brouté et Denis Podalydès jouent cette complémentarité avec une certaine malice et complicité, il est vraiment dommage que le rôle de photographe n'acquiert une plus grande importance dans le récit. L'appareil de Sinclair est sans cesse caché par sa sacoche, du coup le personnage perd de son importance et ne vit plus qu'aux dépens de l'enquêteur titré.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En revanche, une relecture du film de Guy Ritchie se fait plus au niveau des rapports entre Holmes et son acolyte Watson, celui-ci &lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/02/1297695461.jpg&quot; id=&quot;media-2313934&quot; alt=&quot;shcoupl.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-2313934&quot; /&gt;généralement présenté sous la forme d'un médecin bedonnant et spectateur passif des enquêtes du détective. Ici, Watson, à l'inverse d'un personnage comme Sinclair, prend une importance capitale puisque son départ et ses fiançailles constituent une intrigue sous-jacente au récit. Il est assez amusant de constater l'immaturité surprenante du détective mythique qu'est Holmes, se comportant comme un compagnon jaloux face au départ du médecin. De plus, Ritchie semble avoir exploré les rapports comme si le lien qui reliait Holmes à Watson s'était usé, perdu de cette agaçante admiration qui marquait le médecin spectateur. Dans le film, Watson agit plus, secoue même le détective, agacé par son manque d'hygiène, son excentricité, sa curiosité et son cynisme permanents. Les rapports sont ainsi beaucoup plus complexes et intéressants, le tandem agissant à la fois sur la dispute, chacun ne pouvant supporter l'autre, mais aussi une certaine tendresse profonde qui empêche leur séparation. De même, les interprétations de Robert Downey Jr et Jude Law fonctionnent admirablement dans ce sens, constituant des ping-pong verbaux où chacun contredit l'autre par une réplique cinglante tout en conservant un petit sourire amusé en coin. Une relation de complémentarité que traduisent bien le pétillant et sensible Robert Downey Jr et l'élégant Jude Law.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/1330762640.jpg&quot; id=&quot;media-2313936&quot; alt=&quot;shlondr.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313936&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Cependant, le film de Guy Ritchie perd de son charme au niveau du scénario, qui s'appuie sur une banale intrigue de magie noire et de secte obscure, rejoignant certes l'esprit des enquêtes du limier britannique, mais faisant peu preuve d'originalité. Les événements se succèdent sans grande surprise, s'enchaînant peut-être parfois trop rapidement, mais gardant un rythme agréable et cohérent. Un élément, néanmoins, s'avère intéressant dans son utilisation : l'apparition de l'électricité, pas encore connue pour l'époque, qui est la clé de l'énigme et fait figure d'un nouveau pouvoir dangereux. Toute la résolution de l'enquête se fait par la science et le récit respecte scrupuleusement l'aspect très scientifique, chimique et botanique de Holmes, désappointé par cette nouveauté physique et technique qu'est l'électricité. L'intrigue doit ainsi surtout son intérêt aux décors fastueux et à la photographie, qui desservent cette banale affaire de magie noire et de conspirateur contre l'Empire de la Reine. Une fois de plus, l'excellent travail de Philippe Rousselot fait de Londres un lieu dangereux et grouillant, à la touche gothique et poussiéreuse, mais dont les images de synthèse prédominent malheureusement, saturant souvent le travail des décors ou de la lumière. Évidemment, le film mise beaucoup sur les scènes d'action époustouflantes, se réalisant souvent dans des lieux vastes et complexes, à l'image de la puissance de l'Empire (le pont, le navire...) ; ou au contraire dans les bas-fonds miséreux de Londres (la scène de combat au corps à corps, l'abattoir...), multipliant les différentes échelles, les différentes strates de populations et de rang social, se voulant au plus près de la réalité de l'époque. De même, le film multiplie les effets de style, alourdissant parfois l'ensemble : les ralentis sur l'impact des coups portés sur l'anatomie des adversaires, notamment, sont quelque peu inutiles, donnant visuellement un aspect artificiel à l'image ; et bien évidemment la surabondance de rajouts numériques. Cela dit, l'ensemble est porté par un certain dynamisme et quelques idées se distinguent, tels la poursuite d'Irene Adler dans les ruelles de Londres, le montage halluciné de Holmes lors de ses expériences rituelles, la découverte de la chambre «&amp;nbsp;cabinet de curiosité&amp;nbsp;» du détective, ou les références à de grands monuments en cours de construction...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/01/1117328367.jpg&quot; id=&quot;media-2313937&quot; alt=&quot;shefft.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt;&quot; name=&quot;media-2313937&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/02/422742621.jpg&quot; id=&quot;media-2313939&quot; alt=&quot;cjlieu.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313939&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En revanche, si le film de Podalydès reste très proche et très fidèle à l'intrigue de base, sa mise en scène s'avère aussi plus minimaliste, évitant les effets de dramatisation ou de surenchère, scandant les différents moments du récit : un mystère posé, une recherche, des hypothèses, un temps fort dans les couloirs du château, un éventuel coupable arrêté, et la résolution finale par Rouletabille, évidemment longue phase d'explication démonstrative. Ce parti pris respecte bien l'ambiance d'un tel roman, mais perd progressivement de sa force au fil du film. Après un moment mémorable dans les couloirs nocturnes, avec une démonstration de camouflage en pendule particulièrement détonante, le rythme s'assouplit et toutes les pièces du mystère semblent se remettre à leur place sans grande surprise. Podalydès évite les rebondissements multiples - à l'inverse d'un block-buster américain comme le film de Guy Ritchie qui se veut sans cesse éviter l'ennui, réduisant les scènes d'explication et prolongeant celles d'action - et reste fidèle à la modestie et au charme minimaliste de départ. Un lieu unique concentre toute l'intrigue, les personnages y évoluant, des chaumières des serviteurs aux appartements de Mathilde Stengerson, en passant bien évidemment par le très beau parc ensoleillé. Ce superbe château et ses dehors champêtres, baignés dans une belle photographie aux lumières douces, encadrent ainsi les circonvolutions de chacun, leur détours, leur intrusions, leurs réunions.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/02/1524787188.jpg&quot; id=&quot;media-2313945&quot; alt=&quot;cjchabre.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313945&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La mise en scène est amplement plus personnelle et recherchée que celle de &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt;, cette dernière étant assez uniformisée et plus «&amp;nbsp;clinquante&amp;nbsp;». Bruno Podalydès, dans sa logique ludique et logique, utilise tout un système de petits labyrinthes à billes, symbolisant les déplacements frénétiques de «&amp;nbsp;Roule-ta-bille&amp;nbsp;» dans l'espace. On comprend le désir du cinéaste de transposer cette oeuvre, connaissant sa «&amp;nbsp;tintinophilie&amp;nbsp;» (merci à Mme SP pour ses explications complémentaires) et son goût de l'enquête, de la débrouillardise, et du principe de la boucle bouclée. Cet aspect circulaire se retrouve par ailleurs dans son dernier film, &lt;i&gt;Bancs publics&lt;/i&gt;, où le générique de fin se clôt sur le travelling arrière tourbillonnant en plongée au-dessus du cercle central du parc. Dans la &lt;i&gt;chambre jaune&lt;/i&gt;, du point de vue narratif, chaque objet trouve l'explication de sa place, Rouletabille retourne à la source de tout mystère, finissant un cercle inachevé grâce à sa raison (et il s'agit de saisir le «&amp;nbsp;bon bout de la raison&amp;nbsp;»,de suivre la courbe ligne de ce mystère). Du point de vue visuel, chaque protagoniste, en particulier dans les couloirs, circule et poursuit l'autre dans un cercle, celui-là même qui aidera Rouletabille à déterminer le coupable aux deux visages.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/1826320853.jpg&quot; id=&quot;media-2313948&quot; alt=&quot;shirene.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2313948&quot; /&gt;De plus, le film aime les seconds rôles croustillants et les interprétations excentriques et diversifiées. Et c'est aussi là qu'il se démarque de &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt;, où les autres personnages en marge du duo explosif, sont juste convenables. L'ennemi joué par Mark Strong est décevant, malgré son physique très marqué, s'avérant juste un intermédiaire et une préparation du second volet où apparaîtra le très attendu Professeur Moriarty. De même, Irene Adler, pourtant interprétée par la pétillante Amy MacAdams, se voit manger sa place de femme aventurière par le très présent Watson et perd peu à peu de sa présence (mais on peut y voir une limite de la production, &lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/00/1232255319.jpg&quot; id=&quot;media-2313951&quot; alt=&quot;cjmath.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-2313951&quot; /&gt;étant donné que certaines scènes de la bande-annonce avec Irene n'apparaissent pas dans le film). A contrario, &lt;i&gt;Le mystère de la chambre jaune&lt;/i&gt; fourmille de protagonistes aux comportements réjouissants, sans pour autant être trop excessif, alors que &lt;i&gt;Bancs publics&lt;/i&gt; s'appuyait trop sur son casting florissant, réduisant son intérêt à des numéros d'acteurs plus ou moins bons. Mis à part l'excellent Denis Podalydès, Pierre Arditi est un inspecteur sombre et ténébreux, un brin grincheux face à une tripotée d'agents dignes de la maladresse légendaire des Dupont/d. Dans le rang des suspects, le charme de Sabine Azéma et de Michael Lonsdale comptent aussi pour beaucoup et Olivier Gourmet prouve une fois de plus sa réelle capacité d'adaptation à des rôles différents.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En conclusion de ce long chassé-croisé des critiques de films extrêmement différents, autant par leur réalisation ou leur objectif, mais qui emploient la même démarche de base. En effet, il faut souligner cette effort (encore plus dans le cinéma français, avec Pascal Thomas) de s'inspirer de figures mythiques et quelque peu usées, faisant parties d'un patrimoine littéraire ancien, que des cinéastes se plaisent à restaurer, réactualiser en vue d'un certain hommage.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Césars 2010</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/02/28/cesars-2010.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-02-28:2630322</id>
<updated>2010-02-28T18:43:25+01:00</updated>
<published>2010-02-28T18:43:00+01:00</published>
<category term="Cinéma" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>     CESARS 2010 :       &amp;nbsp;     L'an dernier je m'étais un peu mise en...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;center&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;b&gt;CESARS 2010 :&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;L'an dernier je m'étais un peu mise en colère pour la cérémonie des Oscars et des Golden Globes, deux manifestations qui récompensent de manière souvent très convenue. Il faut dire que les prix annuels dans nos industries cinématographiques bien développées sont marqués par de nombreux défauts. Et pour illustrer mon mécontentement, je vais bien évidemment critiquer les Césars, devenu show télévisuel de qualité au fil des années, avec son lot habituel d'applaudissements, de robes et costumes, de numéros de présentateurs, d'hommages et de surprises, néanmoins rares.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Tout d'abord, concernant la sélection des films, il faut constater une fois de plus l'absence cruelle des comédies, souvent reléguées en second plan çà des Césars techniques ou, au mieux, à celui de la Meilleures première œuvre. Constatons ainsi l'oubli du second opus d'&lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/08/12/42545f3703015a79d40fe7b0433f9963.html&quot;&gt;&lt;i&gt;OSS 117&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, réduit aux meilleurs décors et aux costumes, alors qu'il est l'un des films français les mieux écrits du moment, notamment au niveau de ses dialogues truculents et pertinents. Seul &lt;i&gt;Les beaux gosses&lt;/i&gt;, du dessinateur de BD Riad Sattouf, mérite une petite distinction. Comme nous l'avais constaté Mme S-P en cours, les nominations les plus honorifiques ne concernent que des drames, et le genre de la comédie, pourtant bien plus ardu et complexe, n'est pas encore assez reconnu dans nos industries où se jouent les lois du privilège et de la distinction.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Ensuite, pointons cette pratique de l'hégémonie, où un film emporte un lot de nominations, anticipant d'avance sur le palmarès. En effet, &lt;i&gt;Un prophète&lt;/i&gt;, avec ses treize nominations et son passage remarqué à cannes et dans les salles, écrasait d'ors et déjà quelques films remarquables, tel &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/04/16/welcome.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Welcom&lt;/i&gt;e&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/12/06/les-herbes-folles.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Les herbes folles&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Certes, le film de Jacques Audiard est brillant d'intelligence et de violence, méritant les Oscars du Meilleur Film, Réalisateur ou du Scénario, mais une telle présence écrasante paraît exagéré. Dès le départ, tous les médias le proclamaient favori, ce qui est finalement le cas, à neuf Césars, ôtant tout effet de surprise, provoquant une certaine désillusion en cette Cérémonie, inhibant la qualité de certains films.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Un film comme &lt;i&gt;Welcome&lt;/i&gt; de Philippe Lioret, dont certains savent que j'aime à le défendre et à continuer de l'admirer, méritait bien plus que cette ignorance. Si son scénario s'avère assez classique dans son développement, en comparaison avec le rythme particulier et captivant d'&lt;i&gt;Un prophète&lt;/i&gt;, le film aurait pu prétendre à certains prix, tels celui de la Photographie, de la Musique, et plus encore de l'Interprétation masculine. Le doublé du jeune acteur de Jacques Audiard est ainsi assez incompréhensible, éclipsant l'excellent Vincent Lindon qui, outre sa retenue confirmée dans &lt;i&gt;Welcome&lt;/i&gt;, avait également brillé dans &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/11/23/d363bb8153d7d68ed5506b2becf69449.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Melle Chambon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Stéphane Brizé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Suite à une discussion sur «&amp;nbsp;l'oubli&amp;nbsp;» du film de Philippe Lioret avec mes proches, vint cette possible hypothèse d'une mise à l'écart voulue de ce film polémique. Certes, &lt;i&gt;Un prophète&lt;/i&gt; est tout aussi pertinent et provocateur que &lt;i&gt;Welcome&lt;/i&gt;, mais son propos incisif est pleinement accepté, apprécié, et moins débattu que la dénonciation plus ciblée et radicale des conditions des immigrés à Calais chez Philippe Lioret.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Dans la même veine, &lt;i&gt;Les herbes folles&lt;/i&gt; fut également superbement ignoré, sachant que le film fut apprécié à une moindre mesure à sa sortie, nombreux critiques hésitant évidemment entre la critique sincère et cette désagréable pratique du respect envers le réalisateur, dont les &lt;i&gt;Herbes folles&lt;/i&gt; retiennent plus l'attention par son nom et son âge, et non par l'essence même du film. Ainsi, à Cannes, il y avait eu ce Prix Spécial sensé honoré mais déshonorant généralement le film, sorte de prix de consolation ridicule mais qui valut à Alain Resnais l'un de ses meilleurs discours teinté d'ironie subtile et d'hommage pur au cinéma, face à toute cette hypocrisie exaspérante. Le film n'a remporté aucun prix, peut-être un nouveau moyen de prouver que le réalisateur déroute toujours autant par sa fantaisie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;En outre, citons toutes les incohérences et aberrations de la sélection des films, réunissant parfois deux fois le même acteur (Tahar Rahim, ou encore François Cluzet), le choix de films «&amp;nbsp;populaires&amp;nbsp;» à défaut de la qualité (Le concert, énorme succès public mais néanmoins véritable échec honteux pour ma part) ou encore les rassemblements éclectiques. Le meilleur exemple reste sans conteste les nominations pour les films étrangers : au même titre que le magistral &lt;i&gt;Ruban Blanc&lt;/i&gt;, les très bons &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/03/16/harvey-milk.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Harvey Milk&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;Gran Torino&lt;/i&gt; siègent deux gros blockbusters, &lt;i&gt;Avatar&lt;/i&gt; et l'affreux &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/08/12/42545f3703015a79d40fe7b0433f9963.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Slumdog Millionar&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un charmant film d'animation belge panique au village et le film très particulier d'un tout jeune réalisateur, &lt;i&gt;J'ai tué ma mère&lt;/i&gt;. Une sélection pour le moins surprenante, réunissant des films de qualité attendus, des choix audacieux, et certains (un en particulier puisque que je n'ai pas encore l'occasion de découvrir le long-métrage révolutionnaire de James Cameron) dont la place reste exagérée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Concernant le Palmarès en lui-même, si j'approuve le choix d'&lt;i&gt;Un prophète&lt;/i&gt;, jusqu'à une certaine mesure cependant, je reste choquée par des choix très convenus et abondant dans le sens du public. C'est la présence d'&lt;i&gt;Un concert&lt;/i&gt; au palmarès qui provoque le plus cette colère. Si sa critique n'a pas été publiée sur ce blog, le film de Radu Miheileanu est peu intéressant, surenchère de clichés russes et surtout français, dressant à grands traits grotesques ses personnages (sans exagérer : les protagonistes russes aiment boire et faire la fête, tandis que leurs antagonistes français aiment les bonnes manières et le luxe discret, et tout directeur du Chatelet s'avérant homosexuel porte bien évidemment des cravates ou des chemises roses !), s'appuyant sur un scénario sans grande audace et surtout réalisé de manière plate et très académique. L'Oscar du meilleur son et de la meilleure musique sont surprenants au vu de la qualité passable d'un film complaisant, d'autant plus que les musiques sont surtout des reprises. Le travail sur le son n'a pas de grande portée, notamment sur le passage du concert (par ailleurs dirigé de manière très superflue par l'acteur), concert dont il était possible de saisir plus subtilement l'émotion plutôt qu'une surenchère de travellings et de plongées.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Autre récompense convenue : celle des Meilleures costumes, toujours décernée à un film d'époque, comme &lt;i&gt;Coco avant Chanel&lt;/i&gt;. De même, Isabelle Adjani, dont je n'ai malheureusement pas vu l'interprétation dans &lt;i&gt;La Journée de la jupe&lt;/i&gt;, ne surprend pas du tout par sa cinquième récompense dans ce domaine, ce qui peut commencer à agacer, reléguant dans l'ombre une actrice sensible telle Sandrine Kiberlain. Le choix de Mélanie Thierry paraît également très convenu, actrice aux choix de films moyens, contrairement à la jeune Pauline Etienne qui sidère plus par sa présence dans des films nouveaux et originaux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Signalons enfin quelques absences regrettées de certains films intéressants dans le paysage français de cette dernière année de la décennie : le très beau et dérangeant long-métrage de Claude et Nathan Miller, &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/12/19/je-suis-heureux-que-ma-mere-soit-vivante.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Je suis heureux que ma mère soit vivante&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; le premier film à la construction spiralée et aux interprétations excellentes de Matthias Gokalp, &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/10/19/rien-de-personnel.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Rien de personnel&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; le dernier film sympathique de Bruno Podalydès, &lt;i&gt;Bancs publics&lt;/i&gt; ; et enfin quelques incontournables dans le cinéma étranger, &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/06/07/los-abrazos-rotos.html&quot;&gt;Etreintes brisées&lt;/a&gt;, l&lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/09/27/le-temps-qu-il-reste.html&quot;&gt;e temps qu'il reste&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/08/30/inglourious-basterds.html&quot;&gt;Inglorious Basterds&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-decoration: none;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;La cérémonie des Césars est tout autant surprenante au fil des années par son absence de surprises et ses choix, certes très honorables dans l'ensemble, mais convenus, attendus, sans grande audace ou prise de risque, restant à la surface d'une certaine qualité pleinement assurée et acceptée et ne découvrant pas, ne révélant pas de noms, attirant uniquement l'attention sur ce qui avait déjà été remarqué. Par la plupart de ses choix, l'intérêt des Césars semble plus se diriger vers le confort et l'assurance de la qualité des films choisis, assurance qui se veut prouver à l'opinion commune et aux médias les moins réfléchis leur raison et leur bon jugement. Ironie du sort, c'est un réalisateur à l'écart de toutes ces convenances et cette rigidité, revendiquant son originalité et sa marginalité, qui a été mis à l'honneur ce soir-là par Fabrice Luchini, qui lut un excellent texte de Jacques Fieschi consacré au réalisateur - même si des propos venant du cinéaste lui-même auraient sûrement été plus éclairants, pertinents, voire divertissants dans cette morne soirée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Duras, Cleitman, Levin, Beckett</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/02/17/duras-cleitman-levin-beckett.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-02-17:2614367</id>
<updated>2010-02-17T21:42:54+01:00</updated>
<published>2010-02-17T21:42:54+01:00</published>
<category term="Théâtre" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   Les dernières pièces de cet hiver...     &amp;nbsp;    LA MALADIE DE LA MORT -...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les dernières pièces de cet hiver...&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;LA MALADIE DE LA MORT - Marguerite Duras&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mise en scène de Sandrine Gironde - Cie l'escalier&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/01/10185014.jpg&quot; id=&quot;media-2285938&quot; alt=&quot;affMDMpetit.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2285938&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;A Nancy se déroule actuellement l'événement Duras, consacré à cet écrivain atypique, s'étant créée un style à elle toute seule, unique en son genre, toujours aussi déroutant et ensorcelant malgré les années. Avant la projection de ses films au Centre culturel André Malraux en mars (avec notamment la présence de Michael Lonsdale), le Théâtre Gérard Philipe accueillit le mois dernier la création de Sandrine Gironde, &lt;i&gt;La maladie de la mort&lt;/i&gt;, texte de Duras mis en scène avec Marie de Bailliencourt et Quentin Ogier. D'emblée, les spectateurs sont plongés dans un univers intimiste, dépouillé, une chambre dénudée et hors du temps, avec pour arrière-fond sonore le grondement obsédant de la mer. Sandrine Gironde a opté pour la confrontation la plus proche possible avec les spectateurs et la suppression du «&amp;nbsp;quatrième mur&amp;nbsp;». Nous sommes en effet sur la scène même, face aux fauteuils du théâtre, assis sur des bancs à la fourrure soyeuse. Le texte érotique de Duras, avec son langage charnu, sensuel, ses mots torturés et sa violence pudique, prend toute son ampleur dans l'incarnation qu'en font les comédiens, tous deux excellents. Un beau travail de lumière, aux changements parfois peut-être trop brutaux, illumine les blessures et la tension, ou au contraire englobe dans la pénombre le mal-être des personnages et leurs tentations. Au centre, une immense «&amp;nbsp;fenêtre&amp;nbsp;», ouverture sur la mer qui enferme le couple, appelle à la confrontation. La simplicité de la structure appelle à des positions strictes et lourdes de sens, une gestuelle et une progression dans l'espace qui instaurent successivement le rapprochement, l'oubli, le pardon, la distance, le mépris, la colère, faisant parfois songer aux circonvolutions des deux amants d'&lt;i&gt;Hiroshima mon amour&lt;/i&gt; dans le film d'Alain Resnais. Les comédiens jouent un rôle sidérant, pesant chaque mot avec précision, le balançant précautionneusement ou avec une rapidité acerbe. Mais le plus bel hommage à l'écriture de Duras reste sans contexte cette ouverture et fermeture sur la projection des premières lignes et des derniers mots du récit, s'inscrivant en blanc dans la pénombre où se tiennent, tendus en un souffle, les spectateurs modernes et émus que nous sommes.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;UNE CONFERENCE EXTRAVAGANTE de Pierre Cleitman :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La place du mécontentement dans les énergies renouvelables&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/02/2041114971.gif&quot; id=&quot;media-2285939&quot; alt=&quot;conferencesextravagantes.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2285939&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;De ces conférences extravagantes de Pierre Cleitman, je n'en avais vus que deux, «&amp;nbsp;L'esprit du labyrinthe dans le cappuccino européen&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;Le ying et le yang dans les relations franco-allemandes&amp;nbsp;» (à ce jour ma préférée, quoi qu'on me vante beaucoup les mérites de «&amp;nbsp;L'amour platonique dans les trains&amp;nbsp;»). Bref, des intitulés alléchants et à l'image d'un contenu à la fois absurde et tout à fait sensé. Telle est la formule et le fonctionnement de ces conférences qui ont conquis un public averti et présent sur Frouard ces dernières années. Si je me décide à écrire un petit article sur ces conférences particulières, c'est également en réaction à ce fanatisme incroyable qui s'est développé dans la salle du théâtre. En effet, commencé petit dans la galerie d'exposition du TGP, Pierre Cleitman fait maintenant face à une salle comble et une scène vide et large pour sa petite table de conférencier. Il n'existe en effet pas ou peu de mise en scène, car tout est dans le contenu, l'exposition théorique drôle et pertinente face à une question décalée de notre société, servis par le langage soigné et élégant de Cleitman. Une table noire, une pochette rouge et une carafe d'eau chaude dont la vapeur s'élève gracieusement dans la lumière faible, telle est la disposition qui suffit à captiver tous les regards et l'attention d'un public nombreux. L'efficacité des conférences réside en trois points : dans l'alliage subtil entre absurde et sérieux, où des exemples concrets et minimalistes de notre quotidien (l'emballage tapageur et élogieux d'un jus de fraise insipide) sont rationalisés par des théories scientifiques ou philosophiques (toute la différence entre contenu et contenant) ; mais aussi à travers un humour fin et subtil, ravagé par les lapsus en tous genres, les références politiques ou les imbrications absurdes ; et bien sûr la solennité du conférencier, le plus sérieux possible face à ce qu'il expose aux yeux de tous, réussissant tout autant à persuader qu'à convaincre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;YAACOBI ET LEIDENTHAL - Hanokh Levin&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mise en scène d'Alain Batis&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Compagnie de La Mandarine Blanche&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/00/792880491.jpg&quot; id=&quot;media-2285940&quot; alt=&quot;2577_Yaacobi-et-Leidenthal.show.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2285940&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La Mandarine Blanche, après deux coups d'éclat à Frouard avec &lt;i&gt;L'assassin sans scrupules&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Neige&lt;/i&gt;, reconfirme son talent avec &lt;i&gt;Yaacobi et Leidenthal&lt;/i&gt;, pièce cependant totalement éloignée des précédentes. Après l'adaptation d'Henning Mankell et celle du poétique roman en haïkus de Maxence Fermine, Alain Batis s'est tourné vers l'auteur israélien Hanokh Levin, dont les pièces très crues et s'apparentant à des vaudevilles grinçants cachent un constat amer et tragique d'une société cruelle. J'avais déjà vu &lt;i&gt;Schitz&lt;/i&gt; il y a quelques années au festival d'Avignon, étant ressortie de la salle avec un profond dégoût et malaise, qui s'expliquaient en partie par l'immaturité de mon âge. Certes, &lt;i&gt;Yaacobi et Leidenthal&lt;/i&gt; est un peu plus frivole, pour ne pas dire sage, que &lt;i&gt;Schitz&lt;/i&gt;, mais comporte le même pessimisme à l'égard de la condition humaine, incapable de se communiquer et de former des liens humains, contenue dans un égoïsme et un individualisme hypocrite entretenus par la société étouffante. A travers cette histoire simple, où deux «&amp;nbsp;amis&amp;nbsp;» se disputent une femme tyrannique, se décrit l'infernal hypocrisie de chacun, où se disputent les rapports de pouvoir et de profit et où rien ne compte plus que le gain que l'on peut profiter de l'autre. Même Yaacobi, personnage désespéré et désespérant, peut être privé de son malheur. Les deux hommes jouent sur un rapport de contraste, l'un émotif, l'autre indifférent, mais tous deux soumis à la même femme infernale. Cependant, l'humour est grinçant, le rapport de forces terrible qui nous fait rire aboutit à un final désœuvré, le constat misérable de chacun face à une impasse. Alain Batis a su retranscrire cette complexité par une mise en scène ingénieuse : un plateau circulaire au centre et autour duquel se jouent les différentes scènes, symbole d'un cirque humain où chacun s'expose et doit jouer le mieux qu'il peut. Ce plateau tournant permet en outre de faire évoluer les personnages, de précipiter les rencontres, de jouer sur les oppositions et les poursuites, cercle infernal et vicieux qui enfonce au fur et à mesure les protagonistes dans leur propre misère. De plus, la vivacité de la pièce et le côté volontiers cabaret n'en est pas moins perdu : les comédiens s'avèrent d'excellents chanteurs (surtout la femme, d'une énergie sidérante), portés par la musique toujours impeccable de la compagnie.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;EN ATTENDANT GODOT - Samuel Beckett&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mise en scène de Bernard Lévy&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/1120208801.jpg&quot; id=&quot;media-2285942&quot; alt=&quot;en-attendant-godot-2-philippe-delacroix.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2285942&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La mise en scène de Bernard Lévy doit ses salles combles sur Nancy cette dernière semaine de février grâce à la présence attentive de nombreux lycéens. En effet, faisant moi-même partie de ce groupe, il se trouve que &lt;i&gt;Fin de partie&lt;/i&gt; de Beckett est au programme des terminales L, œuvre atypique parmi les classiques Liaisons dangereuses ou L'odyssée, suscitant généralement l'incompréhension et la surprise dans les classes, et profitant ainsi à la programmation du théâtre de la Manufacture. Et comme de nombreuses pièces du haut lieu de la culture de Nancy, la mise en scène de ce génial Beckett s'avère dépouillée de toute inventivité, mais suffisamment efficace pour respecter convenablement le langage particulier de l'auteur. &lt;i&gt;En attendant Godot&lt;/i&gt; n'est en effet qu'une attente, celle de cet homme énigmatique et au nom quelconque, &lt;i&gt;Godot&lt;/i&gt;, s'apparentant à l'avancée vaine et lente vers la mort, à l'image de celle qu'attend le désabusé Hamm dans &lt;i&gt;Fin de partie&lt;/i&gt;. La pièce est moins noire et scabreuse que celle étudiée mais contient le même pessimisme à l'égard des hommes, réduits à leurs besoins physiques, privés de tous sentiments. Lucky et Pozzo apparaissent ainsi comme la réplique serviteur proche du chien/maître tyrannique que forment Clov et Hamm. Une fois de plus, tout signe temporel a presque disparu, tout indication topographique, et les personnages sont prisonniers dans un espace-temps indéfini, fluctuant entre rencontres improbables et attentes lasses. Beckett joue d'ailleurs habilement sur la mise en abîme du théâtre (le lieu désigné par Godot pour le rendez-vous est un «&amp;nbsp;plateau&amp;nbsp;»), et cherche par tous les moyens à exaspérer son spectateur, en appelant à son humour cynique, son absurdité, qui recèlent de réflexions amères sur l'existence humaine. Si les comédiens sont tous très bons (sauf l'acteur qui joue Vladimir, en deçà de l'interprète excellent d'Estragon), la mise en scène est bien fidèle au dépouillement de la pièce, mais s'avère paresseuse. Blancheur grisâtre d'une pierre et d'un arbre rachitique, une belle peinture de fond aux mystérieuses nuances noires et blanches, certes cela suffit pour exprimer le vide existentiel et l'attente vaine des personnages mais la simplicité de la scénographie décrite dans la pièce ouvre à de multiples possibilités, laisse la voie à l'imagination d'une metteur en scène. Pas de point de vue particulier, mais seulement un jeu, heureusement dynamique, qui prend le pas sur cet espace peu exploité, mais qui doit jouer un rôle primordial dans l'attente de Godot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A VENIR : * Une critique croisée et comparative entre &lt;i&gt;Sherlock Holmes&lt;/i&gt; de Guy Ritchie et &lt;i&gt;Le mystère de la chambre jaune&lt;/i&gt; de Bruno Podalydès&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*La critique de &lt;i&gt;Mother&lt;/i&gt;, le dernier film de Bong Joon-ho&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*La critique de &lt;i&gt;Jules et Jim,&lt;/i&gt; merveilleux film de François Truffaut&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*La critique de &lt;i&gt;Lebanon&lt;/i&gt;, film-choc de Samuel Moaz&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*La critique de &lt;i&gt;the fantastic Mr Fox&lt;/i&gt; de Wes Andersen&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis peut-être, en vrac, quelques autres films, tels &lt;i&gt;In the air&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La petite bande&lt;/i&gt; de Michel Deville, &lt;i&gt;Tetro&lt;/i&gt;, le génial &lt;i&gt;Chats persans&lt;/i&gt; et le catastrophique &lt;i&gt;Concert&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis un article sur l'oeuvre de Joseph Losey et un sur Eric Rohmer...&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Bright star</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/01/24/ef15de17555000c9608693c1c1e8befc.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-01-24:2576023</id>
<updated>2010-01-24T11:55:35+01:00</updated>
<published>2010-01-24T11:55:00+01:00</published>
<category term="Cinéma" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>   «&amp;nbsp;Nous avons tissé une toile...&amp;nbsp;»      BRIGHT STAR - Jane...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;«&amp;nbsp;Nous avons tissé une toile...&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;BRIGHT STAR - Jane Campion&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/00/1723013484.jpg&quot; id=&quot;media-2237206&quot; alt=&quot;braff.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt;&quot; name=&quot;media-2237206&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Du festival de Sarlat, décevante manifestation (excepté pour sa rétrospective de films soviétique) de par son ambiance tapageuse et la qualité moindre des films projetés, j'emportais néanmoins le souvenir inaltérable du nouveau film de Jane Campion. Avec quelques hésitations, je le revus une seconde fois en salles et la charme fut le même. &lt;i&gt;Bright Star&lt;/i&gt;, parce qu'il est une histoire d'amour romantique pure, est un véritable poème audiovisuel, une œuvre à la préciosité ensorcelante.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le film raconte la relation amoureuse pour le moins platonique entre le poète John Keats et la couturière Fanny Brawne, dans l'Angleterre du début du 19ème siècle. &lt;i&gt;Bright Star&lt;/i&gt; est une oeuvre extrêmement romantique, dans la lignée du courant auquel se rattache aujourd'hui le poète, restituant ses motifs à travers une photographie éblouissante et des idées de mise en scène très poétiques. Le film restitue les &lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/01/1438637196.jpg&quot; id=&quot;media-2237214&quot; alt=&quot;brpap.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-2237214&quot; /&gt;mots de Keats dans sa forme originelle, où ses deux papillons sur papier se transposent à l'infini dans la chambre de Fanny, transformée en sphère à papillons vivante. Le papillon, insecte insaisissable et fragile mais éclatant de beauté, est le symbole le plus représentatif de cette histoire. Comme la mort tragique de Keats, comme un amour trop vite consumé, les papillons ont une vie éphémère et leurs cendres s'éparpillent rapidement sur le sol de la chambre. Il représente aussi ces deux vers qui ouvrent le recueil &lt;i&gt;Endymion&lt;/i&gt; que découvre Fanny : «&amp;nbsp;A thing of beauty is a joy for ever&amp;nbsp;», où l'éphémère, parce qu'il est si précieux, se transforme en éternité. Autre topos romantique, la nature joue un rôle essentiel dans la découverte des premiers sentiments. Si l'hiver et l'automne annoncent la mort et la maladie, le printemps suit de près les premiers émois, où les fleurs s'ouvrent à l'image des premiers baisers donnés. De plus, ce sont ces forêts qui donnent l'occasion aux deux amants de se retrouver, étant généralement séparés par l'architecture de l'appartement. Les champs et les arbres permettent le vagabondage des deux âmes, leurs incertitudes et leurs émotions : Keats perché dans les fleurs de cerisiers fait écho à Fanny étendue dans les lilas. La magnifique photographie du film, tour à tour éblouissante ou glacée, saisit parfaitement ces sensations.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/02/660725863.jpg&quot; id=&quot;media-2237208&quot; alt=&quot;bright_star.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2237208&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La sensation : elle est justement le pouls et le cœur du récit. Étouffés par la pudeur et la discrétion de la société anglaise, les deux amoureux, jamais amants, ne peuvent que s'effleurer, se regarder, se caresser. Loin de la passion dévorante et charnelle de La leçon de piano, ici, tout contact, que ce soit par les yeux ou les mains, a son impact. «&amp;nbsp;la peau est une mémoire&amp;nbsp;» affirme Keats, seul moyen de retenir chaque preuve d'amour, chaque mouvement de l'être aimé. De plus, ce qui provient de l'être lui-même est essentiel à la survie de chacun, que ce soient les broderies de Fanny ou une mèche de ses cheveux. L'objet comme création est un moyen de chérir indirectement : les lettres sont embrassées, de même que la taie d'oreiller brodée pour le petit frère de Keats. Le contact est un moyen de survie. A travers la cloison, Keats imagine le visage de celle qu'il aime, presque pressé contre sa poitrine. Fanny désespère et s'alite lorsqu'elle ne reçoit plus de lettres. Par ailleurs, la maladie du jeune homme provient autant de l'agressivité du temps que de sa distance avec la muse. Les rondeurs douces de Fanny s'opposent et complètent la maigreur et pâleur de John. La scène de l'annonce de la mort de ce dernier est par ailleurs très forte : Abbie Cornish s'écroule, haletante, vidée de tout le désir qui la tenait debout, agonisante face à la rupture.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/02/1434698952.jpg&quot; id=&quot;media-2237209&quot; alt=&quot;brcontact.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2237209&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais plus qu'un duo amoureux, le film est même un trio amoureux. En effet, le personnage du poète quelque peu grivois joué par Paul Schneider partage pour Keats une même affection, presque fraternelle ou paternelle, surveillant le succès et la santé de son compagnon. Une scène décrit admirablement la complexité des rapports entre ces trois protagonistes au début du film : le jour de la St-Valentin, Keats effectue une sorte de crise de jalousie, se méprenant sur le billet vengeur envoyé par Brown. Les trois personnages se suivent l'un l'autre, tentent de capturer et de conforter ce petit papillon fébrile et fragile qu'est Keats. La qualité du film tient également beaucoup à ces rôles secondaires ; la famille de Fanny est tout aussi ambivalente, chérissant à la fois la fille aînée tout en sentant son détachement progressif. La petite sœur est ainsi à la fois jalouse et fière de sa grande soeur. Le frère est quand à lui le gardien et le témoin constant, un peu comme Brown, de Fanny, surveillant tous ses déplacements, répondant à ses demandes. De très belles scènes soulignent ce rapport aux autres, comme celle où Fanny et Keats, en arrière-plan, s'immobilisent à chaque regard de la petite fille qui les précède. Corps qui doivent s'immobiliser, sous le coup du temps, de la mort. Le personnage de Brown est cependant le plus complexe, le plus étrange, sorte d'ours vulgaire et coquin, mais empli d'affection. Voyant Fanny comme une menace, il n'hésite pas à la séparer de Keats, celui-là même qu'il «&amp;nbsp;abandonnera&amp;nbsp;» pour la jeune servante. Paul Schneider, qui avait déjà un rôle de plaisantin ambigu dans &lt;i&gt;The assassination of Jesse James&lt;/i&gt; deux ans auparavant, se révèle ici d'une subtilité beaucoup plus approfondie et efficace. Tout son attachement au poète, néanmoins caché par la pudeur, alors qu'il est extrêmement extraverti pour d'autres sujets, s'exprime admirablement lors de cette scène où il martèle «&amp;nbsp;I have failed John Keats&amp;nbsp;» ou celle où il annonce sa mort, entre gêne et compassion.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/1412151462.jpg&quot; id=&quot;media-2237210&quot; alt=&quot;5929_119644201306_119639461306_2777529_5254858_n.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2237210&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La structure du film se construit selon deux motifs représentatifs des deux amants. La couture qui ouvre le film et définit Fanny agit ainsi comme un microcosme des liens amoureux. Les premières images montrent l'entrelacs des fils sur une robe, à l'image de la rencontre entre Fanny et le poète, convergeant de salons en salons, de réceptions en réceptions jusqu'à leur liaison. Par ailleurs, chaque fois que Fanny ne s'intéresse pas à Keats, elle répand sa passion dans l'élaboration de ses vêtements, tout comme la pianiste muette de &lt;i&gt;La leçon de piano&lt;/i&gt;, dérivant en cela son amour sur un objet autre que son plaisir. Dès qu'elle se lie au poète, plus aucune scène ne la montre en train de coudre. Mais cette action s'étend maintenant à l'échelle humaine et sentimentale, non plus matérielle. «&amp;nbsp;Nous avons tissé une toile&amp;nbsp;» affirme John Keats à la jeune fille lors de leurs adieux. Un univers romantique où rien ne compte plus que le visage et le corps de l'autre, un petit refuge où ils sont blottis l'un contre l'autre.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/00/402013155.jpg&quot; id=&quot;media-2237211&quot; alt=&quot;brrefuge.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2237211&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;A l'exact opposé de ce thème de la couture, la poésie soutient et définit John Keats. Si le corps de Fanny entretient sa survie, il est aussi le moyen d'inspirer au poète ses plus beaux vers, insufflant dans sa plume son désir grandissant. &lt;i&gt;Bright Star&lt;/i&gt; est enfin un ode à la poésie, thème rarement présent sur le grand écran. Ainsi, Jane Campion sublime la poésie de John Keats par les symboles poétiques, mais aussi le langage et la prosodie récitée par divers personnages. Dans les salons, on discute avec préciosité les dernières compositions des poètes du siècle, des chœurs de jeunes hommes chantent, Fanny apprend par cœur le premier couplet d'&lt;i&gt;Endymion&lt;/i&gt;... Le film réussit à introduire habilement ces passages de lecture de poèmes, en faisant un élément narratif et nécessaire à son atmosphère. La poésie est à la fois complément et essence de l'image. La plus belle scène est sans contexte le travelling arrière final sur Fanny Brawne, marchant dans la forêt, les cheveux coupés comme symbole de destruction du passé, faisant son propre deuil pour Keats. Cette scène est forte car la voix de Fanny et son avancée à travers les arbres traduisent à la fois son épuisement et une forme d'espérance. Car John Keats restera vivant malgré tout, à travers ses mots, ses vers, son étoile brillante.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/00/1608703802.jpg&quot; id=&quot;media-2237213&quot; alt=&quot;brfinalvr.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2237213&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Invictus</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/01/21/757225453e53b5afb98cbff28d1e906c.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-01-21:2570894</id>
<updated>2010-01-21T19:43:06+01:00</updated>
<published>2010-01-21T19:42:00+01:00</published>
<category term="Cinéma" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>     L'humanité des hommes       &amp;nbsp;      INVICTUS – Clint Eastwood...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;center&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;L'humanité des hommes&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;INVICTUS – Clint Eastwood&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/00/750565344.jpg&quot; id=&quot;media-2232351&quot; alt=&quot;invaff.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232351&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;De l'année 2009, j'avais regretté l'absence de quelques critiques de films, notamment celles des deux films sortis coup sur coup de Clint Eastwood : &lt;i&gt;The changeling&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Gran Torino&lt;/i&gt;. J'avais par ailleurs pris de nombreuses notes sur le premier, en vue d'un devoir sur le scénario, mais le manque de temps, la longueur de ce film magistral et empli de rebondissements m'ont amenée à me détourner d'Eastwood pour passer aux frères Coen (pour &lt;i&gt;Burn after reading&lt;/i&gt;), cependant aussi complexes et méticuleux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Mais il est cependant étrange de constater la formidable vitalité de l'acteur-réalisateur qui, depuis Million dollar baby, ne cesse de compiler succès public et l'enthousiasme presque unanime des critiques. Eastwood est en train de gagner, en l'espace de moins de deux ans, une popularité saisissante et sidérante, car ses films s'adressent au grand public, au large, et ce, malgré les principes américains qui y sont profondément enracinés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/609412716.jpg&quot; id=&quot;media-2232359&quot; alt=&quot;invenfts.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232359&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Invictus signifie «invaincu&amp;nbsp;» en latin, issu d'un poème victorien qu'aurait lu Mandela en prison, ce qui lui aurait permis de vivre. A présent, les principes victoriens font partis de la volonté du nouveau Président d'Afrique du Sud, prêt à tout pour faire gagner la coupe du monde de rugby à l'équipe la plus misérable et critiquée (autant que nos Bleus français). Évidemment, le film joue beaucoup sur son slogan populaire et empli d'espoir, articulant avec clarté l'arrivée au pouvoir de Mandela dans un pays déchiré par la haine entre Blancs et Noirs, ses tentatives de redressement de l'équipe, sa réhabilitation progressive jusqu'au match décisif. Le coup de brio de Eastwood est d'avoir su autant faire partager une intrigue sportive que de démontrer toute l'imbrication politique et sociale qui en dépend avec une belle subtilité et maîtrise. Comme toujours, le film a ainsi plusieurs degrés de lecture, ce qui explique son caractère très populaire. Dans &lt;i&gt;The Changeling&lt;/i&gt;, le combat courageux de la femme du XXème siècle se mêlait au portrait d'un meurtrier. &lt;i&gt;Gran Torino&lt;/i&gt; décrivait à la fois le portrait d'un vieil homme en proie à la solitude, semblant redécouvrir les autres, que celui des nouvelles générations immigrées. Ici, le constat d'une Afrique bâtie sur la ségrégation et l'espoir reposant sur la figure du nouveau Président accompagnent les tribulations des rugbymen. En deux heures douze, Eastwood compose une fresque humaniste et humanitaire selon son rythme toujours efficace et sa mise en scène ample.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/1089974391.jpg&quot; id=&quot;media-2232352&quot; alt=&quot;invmatch.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232352&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Consacrons une critique à la manière dont le réalisateur parvient à distiller son intrigue autour d'un sport rude et aujourd'hui moins en vogue que notre football national. Le film sait intéresser le spectateur lambda, pas forcément amateur de sport comme moi par exemple, lui faire comprendre les enjeux et l'exaltation du match. Certes, l'intrigue fonctionne d'autant plus qu'elle dessert la stratégie intelligente de Mandela pour unifier son pays, mais il est rare de voir le sport filmé d'une telle façon, jouant sur les rapports entre temps et espace. Le travail sur le son, notamment, est impressionnant. Le micro situé dans le ballon restitue parfaitement la violence assourdissante des chocs entre les cuirasses des joueurs, les coups et toute la tension délivrée en cours de match. De plus, tout au long d'&lt;i&gt;Invictus&lt;/i&gt; est sous-entendue cette question tenant de la réalisation : Comment filmer le sport au cinéma ? Comment éviter les effets propres à la télévision ? Si Eastwood emprunte les dispositifs vidéos situés dans les stades ou les ralentis, il joue aussi admirablement sur la temporalité. En fin de match, le temps semble se suspendre, les gestes ralentissent et s'alourdissent, sorte de fièvre hagard et de fatigue insupportable qui maintient les joueurs de rugby – et leurs supporters - dans un état léthargique. Et dès l'ultime lancer, ce temps explose, éclate à l'image de la joie attendue avec espoir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/02/00/1385779770.jpg&quot; id=&quot;media-2232355&quot; alt=&quot;invmandela.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232355&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Bien plus que la dimension sportive, le film excelle dans la peinture historique d'un pays livré aux risques de sa reconstruction sociale et politique. Le personnage de Nelson Mandela est dépeint de manière très directe et franche, redonnant à l'homme son humanité, sa générosité et son élégance. Morgan Freeman est toujours aussi parfait dans son interprétation. Il y a dans la manière de faire le portrait d'un homme politique et de ses actions des ressemblances avec &lt;a href=&quot;http://lysao.hautetfort.com/archive/2009/03/16/harvey-milk.html&quot;&gt;&lt;i&gt;Harvey Milk&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Gus Van Sant. Le même style de point de vue, à la fois proche et très respectueux du personnage, s'inscrivant dans l'optique de l'hommage et du courage, tout en évitant l'excès d'éloges. &lt;i&gt;Invictus&lt;/i&gt; sous-entend le passé douloureux de cet homme sans flash-back, ceux-ci n'étant pas nécessaires tant le parcours singulier de Mandela s'inscrivent dans le visage et les paroles de Freeman. De même, les quelques scènes rétrospectives vécues par l'entraîneur dans l'ancienne cellule du Président restent des moments tenant du fantomatique, d'une empreinte du passé ancrée encore quelques instants au présent. Par ailleurs, la photographie est très intéressante sur ce passage, étrangement illuminée. Le personnage de Mandela semble enfin représenter un idéal de Président, plein de sagesse et de vitalité, loin de toute corruption, médiatisation et démagogie. Il se pourrait que derrière cette figure se dessinent les espoirs placés envers le nouveau Président des États-Unis... cela n'est qu'une hypothèse mais un tel portrait humaniste s'inscrit dans le regain de confiance gagné récemment par le pays américain et son vote massif en faveur d'Obama.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/00/979745118.jpg&quot; id=&quot;media-2232356&quot; alt=&quot;invmix.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232356&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;L'Afrique du Sud est également illuminée par la photographie solaire, les couleurs claires et les contrastes peu marqués. Le film montre très clairement les ségrégations raciales entre Blanc et noirs, le contraste entre les minorités protestantes aisés et le reste du pays plongé dans la misère. La première scène du film situe efficacement ce contexte, les enjeux et les différences de toute l'histoire : deux grillages, l'un tordu et secoué par des mains d'enfants africains pétillants, l'autre reposant sur les doigts blancs des jeunes joueurs de rugby. Entre eux deux passe la voiture de Mandela, seul médiateur possible. Le film joue énormément sur le rapport à l'espace pour exprimer cette distance progressivement annulée. La situation des gardes du corps en est un excellent exemple : placés dans un espace exigu au Palais alors que les autre secrétaires ont droit à des pièces spacieuses, les gardes affiliés et fidèle de Mandela se voient contraints de partager le bureau avec des Blancs issus des forces spéciales. De l'arrogance et du cynisme, ils passent peu à peu au registre amical et finissent par se mélanger dans ce petit lieu d'organisation. Cependant, ce curieux contraste, tout en étant clair évite tout manichéisme ou caricature. Comme dans &lt;i&gt;Gran Torino&lt;/i&gt;, le film mêle à la fois les images traditionnelles d'une culture tout en privilégiant un regard humain et sincère sur les personnages. A l'énergie des petits enfants noirs des quartiers pauvres répond la fraternité de l'équipe. A la jeune aide souriante à domicile de Mandela se confronte la fiancée aimante du capitaine. Le film réussit à dépeindre le principe d'opposition farouche présente en Afrique du Sud à l'époque, et à montrer le démantèlement de cette situation par le biais de diverses figures : les gardes du corps, les policiers et les enfants, la relation entre la bonne noire et la famille de l'entraîneur, et la popularité croissante du Président et de l'équipe des Springhot. Cependant, on peut regretter que le personnage du capitaine ne soit pas plus nuancé et défini, rôle dans lequel Matt Damon semble un peu pâlot face au grand Morgan Freeman. Mais le film est aussi la confrontation entre ces deux acteurs intéressants, l'un en pleine ascension explosive, l'autre d'une maîtrise et sagesse parfaites.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/00/01/1224295591.jpg&quot; id=&quot;media-2232357&quot; alt=&quot;invcellul.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232357&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Cependant, derrière le récit historique se glisse tout de même un esprit farouchement américain que défend Clint Eastwood dans tous ses derniers films (sauf peut-être &lt;i&gt;The Changeling&lt;/i&gt;), à savoir tout le respect des valeurs démocratique. Outre la recherche d'un Président idéal, la question de la tolérance entre les différents peuples, déjà présente dans &lt;i&gt;Gran Torino&lt;/i&gt;,reste issue du pays américain où se joue tout le respect des populations immigrées. De plus, la chaleur du film et son énergie ne peuvent passer que par ces valeurs américaines que sont l'esprit de communauté, le mixage social, le patriotisme... La religion est également toujours présente, à travers certains hymnes ou ce court passage (néanmoins un peu inutile) dans l'église. Mais elle est encore un moyen d'action plutôt impuissant, comme dans &lt;i&gt;The Changeling&lt;/i&gt;, où le combat du prêtre joué par John Malkovich reste vain. Autre détail, la musique, composée par son fils Kyle Eastwood, dont je ne suis pas une fervente admiratrice, comporte ces mêmes relents surannés et assez pénibles (à l'exception des quelques chants africains), même s'ils s'adaptent finalement au propos du film. On retrouve enfin une même composition ample et aérienne des mouvements de caméra, d'autant plus adaptés aux dimensions du stade et aux événements s'y déroulant. &lt;i&gt;Invictus&lt;/i&gt; s'amuse même un peu avec les impressions qu'impriment une telle démesure, faisant croire de nombreuses fois à la possibilité d'un attentat : le passage de l'avion en est un bon exemple, néanmoins symbolique de cette fameuse frayeur de l'explosion issue du 11 septembre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lysao.hautetfort.com/media/01/01/675115130.jpg&quot; id=&quot;media-2232360&quot; alt=&quot;invfin.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2232360&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;i&gt;Invictus&lt;/i&gt; est une nouvelle preuve de la qualité du travail de Clint Eastwood, trouvant toujours une pertinence autant au niveau historique que du côté de l'humanité universelle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Oya SIDRE</name>
<uri>http://lysao.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Second blog</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://lysao.hautetfort.com/archive/2010/01/06/second-blog1.html" />
<id>tag:lysao.hautetfort.com,2010-01-06:2545714</id>
<updated>2010-01-06T21:37:57+01:00</updated>
<published>2010-01-06T21:37:57+01:00</published>
<category term="Blog" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary> Nombreux sont ceux qui ont dû remarquer l'inactivité prolongée du deuxième...</summary>
<content type="html" xml:base="http://lysao.hautetfort.com/">
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui ont dû remarquer l'inactivité prolongée du deuxième blog consacré au cinéma crée il y a déjà plus de deux ans. Ce blog, Precious-Cinema, avait été créé dans le but de faire partager des analyses de séquences personnelles, sur diverses films, allant du classique (&lt;i&gt;La règle du jeu&lt;/i&gt;) au sympathique film américain (&lt;i&gt;Et au milieu coule une rivière&lt;/i&gt;). Une large part devait notamment être consacrée à &lt;i&gt;The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford&lt;/i&gt;, film dont je raffole (ce que certains de mes amis ont pu constater...) et qui possède des qualités de mise en scène très fortes et intéressantes, jouant souvent sur le processus d'identification de Robert Ford à son &quot;héros&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malheureusement, le manque de temps, l'inconvénient que posait la prise des photogrammes du film, les analyses que je faisais déjà en cours, m'ont empêché de développer plus ce blog, qui ne doit comporter qu'une dizaine d'articles au moins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà pourquoi, je propose trois solutions pour reconvertir ce blog :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;le consacrer à une réalisateur particulièrement doué et en pleine émergence, &lt;b&gt;James Gray&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;le consacrer à des réalisateurs déjà plus expérimentés et ayant uen belle carrière, comme &lt;b&gt;Les frères Dardenne&lt;/b&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;...Ou &lt;b&gt;Gus Van Sant&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Consacrer cela à un de ces cinéastes signifie autant livrer des critiques de leurs films qu'effectuer des analyses de certaines séquences, publier des photos et des interviews, mettre des infos sur l'actualité...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;Une dernière solution, qui se rapprocherai plus de l'objectif de base de ce blog, serait de parler de ces &lt;b&gt;images&lt;/b&gt;, de ces courts instants visuels et sonores qui font d'un film un chef d'oeuvre à nos yeux. Evidemment, le contenu serait plus personnel. par exemple, il s'agirait du fameux assassinat dans le film d'Andrew Dominik, de la discussion entre Reeves et Phoenix au coin du feu dans &lt;i&gt;My own private Idaho&lt;/i&gt;, de la fuite de Lorna dans le dernier film des frères Dardenne, de la performance vocale de jean Dujardin dans &lt;i&gt;OSS 117&lt;/i&gt;, de la scène de l'hôpital dans &lt;i&gt;La nuit nous appartient&lt;/i&gt;, du regard final du commissaire de &lt;i&gt;Memories of murder&lt;/i&gt;, de l'ultime valse de Don Saluste du &lt;i&gt;Guépard&lt;/i&gt;, de la mort d'Aschenbach dans &lt;i&gt;La mort à Venise&lt;/i&gt;, du final des &lt;i&gt;400 coups&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ainsi, je sollicite tout commentaire sur ce choix entre quatre solutions : Lequel vous semble le plus satisfaisant ou intéressant ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
</content>
</entry>
</feed>