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Blog

  • Nécessité de l'illusion

    Après les attentats du vendredi 13 novembre.

     

    Difficile de trouver des mots pour qualifier la terreur ressentie vendredi dernier, et la flopée d'émotions au cours du week-end, se succédant aussi vite que les débats, les articles, les témoignages, les tweets et les posts. A défaut, mais pas à contrecoeur, on se tourne vers les évidences, vers nos connaissances. Après l'effroi, on revient à nos amis, nos proches, on retourne à la source des sentiments réconfortants ; une illusion peut-être, dressée de manière fragile pour tenter d'éviter ce fait que rien ne sera plus comme avant. On l'évitait, jusqu'à ce que la proximité nous éclate en pleine figure, car le quotidien se transforme en probabilité du risque, les rues sont soudain celles d'à-coté, les noms et les visages des victimes nous semblent familiers, nous ressemblent.

     

    Retourner à d'autres mots. Ici, ceux de la modeste ambition de ce blog, où s'embrasse encore plus la passion du cinéma, et la tentative de saisir des cultures, qu'elles soient françaises ou étrangères, par la compréhension et l'analyse de leur sensibilité.

    Cette volonté cinéphile n'est-elle pas aussi une illusion, celle du pouvoir de réconfort des films, de l'émotion d'un grand écran protecteur, du plaisir de la remémoration et de la réflexion de nos souvenirs de spectateur ? Probablement. Mais l'illusion ne devrait-elle pas nous aider à tenir ? Ne devrait-elle pas nous incliner au calme, à l'apaisement et à la générosité ? Car, dans notre quotidien nécessairement bouleversé, qui va devoir se remettre en question, dans son engagement et par-dessus dans sa lucidité face aux amalgames, aux récupérations politiques, à l'emballement d'une haine inacceptable, nous aurons besoin plus que tout de ces espaces d'illusions. Et leur fragilité ne les rendra que plus précieux, plus forts.

     

  • Meilleurs voeux pour 2014

    UNE BONNE ANNÉE SUR LYSAO ET MIRABELLE-CERISIER

    Pour souhaiter la nouvelle année, je remercie bien chaleureusement tous ceux qui sont venus sur les blogs, par hasard ou par conviction, et encore plus ceux qui n'ont pas hésité à y mettre des commentaires. Je ne peux que conseiller les blogs des plus fidèles, tels Toronto film review, Nightswimming (ou Nage nocturne depuis quelques semaines), Dasola, et la Confiserie des livres.

    Pour cette année, Lysao enregistre une moyenne de 2500 visites (avec un pic de 3612 visites en janvier 2013), ce qui est légèrement en baisse par rapport à l'année 2012. En revanche, Mirabelle-cerisier, le second blog consacré à la culture asiatique, a connu une belle envolée sur toute l'année, passant de 600 en janvier 2013 à 1200 visites pour ces derniers mois.

    Le début du mois de janvier laissera bientôt la place au traditionnel Top 10 des films de l'année 2013, d'ici le 5 ou le 6 janvier. La newsletter, laissée en suspens depuis novembre dernier, reprendra au même moment (il est possible de s'y inscrire en envoyant un mail à l'adresse indiquée dans la colonne de gauche). Pour l'heure, arriverons très vite les critiques consacrées à des films encore en salles, en particulier Snowpiercer, La Vie d'Adèle, Frozen, et The Immigrant, d'où le sublime Joaquim Phoenix s'est échappé pour constituer la nouvelle bannière de Lysao. Quant à Mirabelle-cerisier, les plus perspicaces auront remarqué que c'est The Killer qui orne le blog, annonçant d efait une série d'articles sur des films noirs, que ce soit avec John Woo, Akira Kurosawa ou même la dernière réalisation de Jia Zhangke, A Touch of Sin. La sortie du prochain Miyazaki, Kaze Tachinu, le 22 janvier 2014, apportera probablement une touche de légèreté pour débuter la nouvelle année.

    Dans l'attente du Top 10 2013, bonne année 2014 à tous !

    Kaze_Tachinu.png

     

  • Rentrée 2012

    RENTREE 2012

    En ce mois d'août, Lysao a curieusement explosé les records dans le nombre de visites. Peut-être les vacances disposent-elles à plus surfer sur le net, même si l'été n'a pas forcément apporté de véritables bonnes surprises cinématographiques. Les examens de mi-juin, ainsi que de nombreux projets personnels, ont de plus freiné le nombre de posts su ce blog, aussi je tiens à remercier ceux qui continuent de venir fréquemment, et de me soutenir, via Facebook, ou oralement, ou bien encore par leurs commentaires, en particulier Dasola, Louise et Big-Cow (qui a contribué à quelques critiques, comme toujours).

    Ces derniers temps, le mois fut constellé par les sorties habituelles de blockbusters, tel The Dark Knight Rises, décevant pour ma part, alors que le prolifique studio Pixar réussit un beau film d'animation avec Rebelle (critique à venir), histoire aux héroïnes pleines de dynamisme et de courage, réussissant son plus meilleur pari sur la création visuelle et sonore. Je m'en tiens cependant à ces deux films pour l'été, ne pouvant donner d'avis sur les sorties cinématographiques de l'été, ayant été bien peu au cinéma.

    Parallèlement, l'été fut plutôt riche en découverte de DVDs, en particulier dans le domaine de la comédie, en visionnant des films plus ou moins déjà cultes dans ce genre : le sympathique Big Lebowski (Joël et Ethan Coen, bientôt mis à l'honneur à la Cinémathèque) ; le pétillant Good Morning England (Richard Curtis) ; le survolté Scott Pilgrim (Edgar Wright), ou même encore le grinçant Exercice de l'Etat (Pierre Schoeller).

    Parallèlement, le cinéma iranien continue encore et toujours de fasciner, avec le superbe Les Enfants de Belle-Ville, brillant second film d'Asghar Farhadi, prolongeant sa vision de la société et de la réalisation entamés et perfectionnés avec par la suite A propos d'Elly... et Une Séparation. Mais également la découverte d'Au Travers des Oliviers, film de 1994 donnant une fois de plus une nouvelle facette au réalisateur Abbas Kiarostami.

    A venir sur ce blog, de nombreux articles sur de nouveaux films en salles :

    • Rebelle (Mark Andrews et Brenda Chapman)

    • A perdre la raison (Joaquim Lafosse)

    • Camille redouble (Noemie Lvovski)

    • Des Hommes sans Loi (John Hillcoat)

    • Ombline (Stephane Cazes)

    • Le Sommeil d'Or (David Chou)

    • Vous n'avez encore rien vu (Alain Resnais)

    Un programme très français, d'une certaine manière, mais auquel vont probablement s'ajouter d'autres films à venir. Egalement très prochainement, la troisième et dernière partie du regard sur le cinéma iranien ; mais aussi un compte-rendu sur le salon du festival America, grand festival de Vincennes réunissant de grands auteurs américains.

    Et bien, entendu, toujours d'autres nombreux articles sur le second blog Mirabelle-Cerisier consacré à la culture asiatique.

    Très belle rentrée à tous !

  • Nouveau Blog

    J'annonce ici l'ouverture d'un nouveau blog, exclusivement consacré au cinéma asiatique, et élargi à tout ce qui touche à l'animation japonaise, la littérature, le domaine du manga...

    Voici le lien ! http://mirabelle-cerisier.hautetfort.com

     

    N'hésitez pas à y faire un tour et à y laisser des commentaires.

    Tous les articles en rapport avec le cinéma asiatique de Lysao seront dès à présent re-dirigés vers ce blog (c'est déjà le cas pour Detective Dee).

    Bonne lecture !

  • Compte-rendu Juin 2011

    COMPTE RENDU DES FILMS VUS SUR JUIN 2011

    Je mets ici en place une nouvelle "formule" dans le blog, afin de mieux servir un nombre de visiteurs qui grandit de mois en mois, et que je remercie sincèrement, qu'ils soient des habitués ou juste de passage. J'aimerais, parallèlement à ce nombre qui grandit, voir plus de commentaires !

    Bref, ce compte-rendu mensuel vise à donner une courte liste de mes découvertes cinématographiques, qu'elles soient en salles ou en DVD, mais également de toute la diversité artistique en passant par la littérature, le théâtre, les mangas et la "japanimation", la peinture, la musique… Les oeuvres dont le nom serait en italique, en gras et coloré seront des liens vers les critiques plus approfondies ; celles au nom italique et en gras annoncent une critique à venir ; et enfin celles au nom figurant uniquement en lettres italiques seront brièvement traitées, faute de temps ou d'intérêt.

    Ainsi, afin d'allier la démonstration à l'explication, voici un compte-rendu sur le mois de juin 2011 !

    the-tree-of-life-tree-of-life-18-05-2011-27-05-2011-6-g.jpgCINEMA : Fortifié par un temps moins contrasté et plus ensoleillée que les mois de mars et d'avril, juin présente toujours un cru dynamique et riche, laissant place aux première productions de l'été et surtout à l'arrivée de certains films cannois. Evidemment, le nom de la Palme d'Or s'impose dans ce panorama des salles, The Tree of Life ayant reçu la plus haute distinction de Cannes alors qu'il venait de sortir en salles – on peut rêver meilleure stratégie commerciale pour un film. Pourtant, la dernière réalisation de Terrence Malick, si fascinant soit-il, est empêtrée d'effets esthétisants et d'un symbolisme lourd et loin de la grâce dont se réclame l'oeuvre du réalisateur. Face aux étalages visuels et sonores de The Tree of Life, on peut préférer la sobriété magistrale d'un autre film ayant reçu une distinction tout aussi honorable, Une Séparation de l'iranien Asghar Farhadi. Primé au Festival de Berlin par l'Ours d'Or et les Ours d'interprétations féminines et magistrale, le nouveau film de ce réalisateur fascine par l'intelligence de son scénario et des réflexions qu'il inspire, sa mise en scène ciselée et le jeu impressionnant de ses acteurs. Une vision pertinente de la société iranienne et de la complexité humaine. 

    Une Separation.jpg

    Autre rescapé de Cannes, c'est Le Gamin au Vélo, qui a remporté le Grand Prix du Jury, ex-aequo avec le dernier film de Nuri Bilge Ceylan. Les frères Dardenne signent une fois de plus un film émouvant et prenant, d'une grande sincérité, plus proche de l'épure de La Promesse que de l’âpreté du Silence du Lorna. Avec des interprétations d'une grande qualité, comme toujours.

    Le Gamin au Velo.jpg

    ballade.jpgL'interprétation a joué un grand rôle dans les dernières sorties, sauvant certains autres films moins flamboyants. Déjà, dans The Tree of Life, la présence de Brad Pitt et Jessica Chastain donnaient plus de poids à ces personnages bien trop esquissés et frôlés par la caméra de Malick. De même, l'esthétisme mélancolique et languissant de la Ballade de l'impossible, de Tran Ahn Hung est rééquilibré par la composition émue des deux actrices principales du film, Kiko Mizuhara et surtout Rinko Kikuchi, une des meilleurs actrices japonaises révélée par Babel. Ce film, adapté du roman de Murakami, impressionne par sa photographie, sa pudeur mêlée à un propos cru sur les frustrations sexuelles de ses personnages, mais pêche par son manque cruel et rythme et la mollesse du comédien principal, bien en-dessus des actrices. Autre exemple de la qualité des interprétations, c'est, curieusement, X-Men le Commencement, meilleur volet d'une série assezxmen.jpg atypique dans le paysage des super-héros au cinéma. Loin d'arriver au niveau de la richesse d'un Christopher Nolan, le film séduit néanmoins par sa sobriété et sa sincérité, jouant la carte de l'amitié et de l'intrigue politique plutôt que l'époustouflant (hormis sur le final) et doit beaucoup à ses acteurs qui donnent le charme et la force nécessaires aux personnages discriminés des X-Men : James MacAvoy touchant, la jeune Jennifer Lawrence issue de Winter's Bone charmante, et surtout l'excellent Michael Fassbender.

    deeaff.jpgEnfin, pour en revenir à des valeurs sûres toujours en salles, il reste Detective Dee, de Tsui Hark, énorme production qui hérisse le spectateur sur ses débuts tape-à-l'oeil (cadavres en combustion-décomposition ; générique d'un exotisme forcé) pour finalement le surprendre et l'emporter dans cette flamboyante enquête sur fond historique. Contrairement à ce que fut Sherlock Holmes de Guy Ritchie (aussi une adaptation de célèbres enquêtes dans un contexte précis), donnant lieu à un récit convenu et paresseux et dont le seul atout reste le tandem Robert Downey Jr-Jude Law, Detective Dee laisse sa place au mystère de l'intrigue tout en évitant le manichéisme. Chaque partie reste nuancé, et Dee tente de se poser en permanence comme un protagoniste neutre, mais est sans cesse rattrapé par les griffes politiques et tyranniques du pouvoir. Les scènes de bataille fascinent par la richesse de leurs idées et leur léger excentrique, et les acteurs, tous de grandes stars, sont très bons. Andrew Lau confirme la densité magnétique qu'il a su toujours mettre en valeur dans son jeu, de Running out of time à Infernal Affairs. Mais l'autre chef d'oeuvre à découvrir (ou à revoir) est l'extraordinaire Pina de Wim Wenders. Il est assurément l'un des meilleurs films de l'année : en plus d'avoir su utiliser la 3D avec intelligence, il rend un hommage vibrant et toujours ému sur cette magistrale chorégraphe que fut (et que reste) Pina Bausch. Le film se conclut sur ses mots de résistance : "Tanz, tanz, sonnst sind wir verloren", "Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus"…

    Pina White.jpg

    Close-up fin.jpg

    Côté DVD, c'est l'odyssée « kiarostamienne » qui se poursuit, en parfait écho avec la sortie d'Une Séparation. Abbas Kiarostami est un cinéaste fascinant, qui a livré des chefs d'oeuvre fascinants tels que Close-UpOù est la maison de mon ami ?, Et la vie continueLe goût de la cerise... Face à ce voyage iranien toujours en marche, il faut signaler la fin de la rétrospective Satoshi Kon, génial cinéaste d'animation japonais et tragiquement disparu au cours de l'été dernier. Perfect BlueMillenium Actress, Tokyo Godfathers et Paprika restent ses uniques longs-métrages, constituant une unité vibrante et fascinante par leur originalité et leur écho avec la société actuelle.

    Paprika Filmmaker.jpg

    Face à eux, d'autres découvertes asiatiques peinent à relever mon intérêt : le dernier film du duo Andy Lau/Alan Mak, après Infernal Affairs, se nommant  Confession of Pain, est saturé par une réalisation à l'américaine et les lourds défauts de son scénario, son seul atout résidant dans un Tony Leung qui porte de mignonnes petites lunettes qu'il enlève à ses pires crimes pour signifier son ambivalence... Origine, film d'animation de Keiichi Sugiyama, se prétendant livrer la véritable version de la légende de Nausicaa – celle qui a inspiré le second long-métrage de Miyazaki – reste sympathique et coloré mais est loin d'égaler la profondeur et l'émotion de Nausicaa de la Vallée du Vent. Et puis, un drôle d'ovni datant des années 1990, une sorte de parodie chinoise du James Bondaméricain. Bons baisers de Pékin de Stephen Chow est d'une déjanterie burlesque plaisante et heureusement assez courte, le film pêchant par quelques excès de grotesque.