11.10.2008
la ou les tigres sont chez eux
Trafic(s) à l’amazonienne
LA OU LES TIGRES SONT CHEZ EUX – Jean-Marie Blas de Roblès – éd Zulma

Enfin, je suis venue à bout de l’un des deux pavés de la sélection, mais non sans plaisir. Là où les tigres sont chez eux brasse les destins plus ou moins reliés de plusieurs protagonistes, s’échelonnant sur toutes les classes sociales et nationalités. Reliant tous ces destins de manière philosophique, un manuscrit du XVIIème siècle de Caspar Schott à propos de son maître, l’érudit Athanase Kircher, est le point central du roman, dont la traduction est décryptée au fil des chapitres par le personnage d’Eléazard. Une vision du XVIIème, à travers la personnalité impressionnante de Kircher, où progressent à grands pas les recherches scientifiques, mais aussi la dévotion religieuse, s’oppose au contexte social alarmant du Brésil, terre noyée entre les favelas, la forêt amazonienne, les demeures luxueuses et les plages paradisiaques.
De la jeunesse insouciante aux générations dominant économiquement et politiquement le pays, toutes les situations sont décrites par le biais de personnages hauts en couleur, plus ou moins attachants, plus ou moins riches d’émotions. Les aventures dépeintes ne sont pas embellies par la qualité de l’écriture, tirant le personnage jusqu’à être dépouillé de toute apparence, de tout contrôle, dévoilant progressivement es faiblesses et ses désirs. Ceux-ci sont souvent entravés, corrompues par le pouvoir de l’argent, la misère, la drogue, le sexe, la violence ou la religion. Seul Eléazard échappe à tous ces vices, entravé qu’il est à la traduction d’Athanase Kircher (ou encore le docteur Euclides, mais ce personnage représente une sorte de supériorité par rapport aux autres, une sagesse dans l’expérience).

Loredana ne vit qu’aux dépens de sa maladie, Moreira à celui de sa puissance, Carlotta à celui de son fils, Moéma à la drogue, Nelson à celui de son assassinat… Chacun s’enfonce un peu plus dans sa misère, son destin, entraîné irrémédiablement face aux épreuves. De même, le paysage joue un rôle moteur dans cette mise à nu : forêt féroce de mystères, d’humidité et d’insectes voraces affaiblissant les 5 chercheurs, favelas pauvres et colorés parcourus par Nelson, demeure luxueuse où se jouent le déchirement du couple Moreira, appartement farfelu inspirant ou agaçant Eléazard…
De plus, le choc des cultures présent au Brésil fait écho aux découvertes d’Athanase face aux nationalités ethniques qu’il rencontre. Le récit d’aventure se mêle à une philosophie précise et parfois trop complexe. Le récit d’Athanase Kircher mêle habilement fiction et réalité, mais nécessite une forte concentration et de nombreuses références, sans pour autant être pompeux ou inaccessible. Aux multiples hypothèses ethnologiques, scientifiques, historiques, archéologiques ou linguistiques du savant se répondent les épreuves imposées aux personnages, rencontres, errances, peines d’amour, chutes financières, violences…
En résulte une grande fresque, tendue d’un chapitre à l’autre, mais nécessitant du temps à dépenser en lecture. Le style reste irréprochable, philosophique et acerbe à souhait.
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Collura
LES ENQUETES DU COMMMISSAIRE COLLURA – Andrea Camilleri

Parcouru en vingt minutes avant d’attaquer le prix Goncourt, ces nouvelles se déroulent selon le principe du huis clos sur un bateau de plaisance. Certes, nous sommes loin des aventures truculentes du ronchon Dottore Montalbano. L’écriture s’avère moins drôle et acerbe que les enquêtes du commissaire Montalbano, mais celles de Collura n’en sont pas moins charmantes et agréables, d’une accessibilité sympathique. Pour des enfants trop jeunes pour découvrir les cadavres crûment décrits et les méthodes pas très catholiques de Montalbana, c’est préférable.
20:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commissaire collura, montalbano, andrea camilleri
09.10.2008
Prix goncourt lycéens
Prix Goncourt des Lycéens
Alors que certains se perdent dans les méandres mathématiques ou physiques, alors que d’autres dissertent aux petits oignons, certains (plus rares) sont débordés par les livres de la rentrée littéraire. Ma classe faisant partie cette année du prix Goncourt des Lycéens, commencé depuis un bon petit mois intensif, il serait temps que j’y fasse un peu allusion, entre mes nombreux articles de cinéma. J’en préviens les surfeurs et les (quelques) fidèles : la cadence des critiques cinématographiques du mois risque de fortement chuter… Au profit de critiques littéraires, voire analyses d’un coup de cœur.
Ayant gagné le jackpot (15 livres en deux mois, dont deux pavés de 800 pages), une classe du lycée Henri Poincaré s’amuse ainsi à s’écharper sur certains livres, en conseiller d’autres, à tournant les pages de l’un avec un profond agacement ou à en brandir un autre les yeux pétillants ; bref, toute cette ribambelle de lycéennes (et lycéens, ils restent présents en L) organisant des rendez-vous quotidiens au CDI du lycée, transformé en salle de débat, parfois un peu trop bruyant pour les documentalistes.
Cependant, il est parfois dur, difficile de finir certains livres, parfois très exécrables, arrachant le plaisir pour imposer brutalement la corvée. Mais l’expérience est de taille et le défi se doit d’être relevé, chacun à sa cadence, selon ses envies, à son rythme de digestion, sans pour autant s’abstenir de repas.
La liste est, brièvement :
Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)
Le Silence de Mahomet de Salim Bachi (Gallimard)
Le Rêve de Machiavel de Christophe Bataille (Grasset)
C'était notre terre de Mathieu Belezi (Albin Michel)
Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (éd. Zulma)
Un brillant avenir de Catherine Cusset (Gallimard)
Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier (Stock)
Qui touche à mon corps je le tue de Valentine Goby (Gallimard)
Une nuit à Pompéi d'Alain Jaubert (Gallimard)
La beauté du monde de Michel Le Bris (Grasset)
Jour de souffrance de Catherine Millet (Flammarion)
La Traversée du Mozambique par temps calme de Patrice Pluyette (Seuil)
Syngué Sabour d'Atiq Rahimi (POL)
Un chasseur de lions d'Olivier Rolin (Seuil)
La domination , de Karine Tuil (Grasset)
Voici l'adresse du blog du Goncourt du lycée : http://lewebpedagogique.com/cdipoinca
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06.10.2008
Le fils
LE FILS – Jean-Pierre et Luc Dardenne (2002)

Avant que Le silence de Lorna ne sorte en salles, je m’imposais un des films de ces deux frères belges, trouvé avec bonheur dans les bacs inépuisables de la médiathèque de Nancy. Autant avouer que l’attente était imposante, au vu des flopées de salutations et de prix consacrés aux 2 Belges, de même que des conseils avisés de mes proches ; et la déception fut – heureusement – absente. En effet, malgré les conditions de visionnement désagréables, dues au petit écran, comme toujours, Le fils réussit à nous emmener dans un moment de pur cinéma.
Le cinéma des frères Dardenne se distingue par la sincérité et la pureté qui marquent leurs histoires et leurs personnages. Dans Le fils, la caméra capte le moindre sursaut, tressaillement de vie du personnage d’Olivier Gourmet. Le point de vue adopté est volontiers serré, suivant scrupuleusement les épaules de l’acteur, tentant de s’immiscer dans ses pensées. De plus, l’une des particularités du jeu d’acteur d’Olivier Gourmet est cette constante dureté affichée sur son visage, cette raideur gravée dans ses épaules, impénétrable dans sa corpulence, déjà présent dans son rôle de libraire bourru dans La petite Chartreuse de Jean-Pierre Denis. Le personnage de l’acteur est peut-être moins aigri, mais il reste très renfermé et silencieux, expliquant la position quasi-constante de la caméra rivée à sa nuque dans une première partie du film, accentuant encore plus le mystère.

Olivier est un menuisier enseignant dans un centre de réinsertion pour jeunes délinquants. Alors que le film suit au plus près la progression de ce menuisier, le cadre de vie apparaît en second plan, derrière la tension dramatique, mais n’en allège pas l’engagement social. Le quotidien du centre est volontairement dépeint avec naturel, sans exagération ni lourdeurs moralistes. Ce lieu de vie, intriguant par le silence qui y règne, entrecoupé de bruits de machines ou d’ordres brefs, se dessine par petites touches, consistant à mettre en place la filature de l’adolescent. D’un atelier à l’autre, derrière le comptoir d’une cantine ou au coin des vestiaires, Olivier guette le jeune garçon dont le nom semble fortement l’avoir bouleversé. Une première partie du film joue ainsi subtilement sur l’attente du spectateur, les profondes interrogations qui le traversent quant à l’identité de l’adolescent et de son passé.

Le plus beau coup de brio dans le cinéma des frères Dardennes est cette habileté à manier le suspense, à jouer sur l’attente du spectateur et ce, sans recourir à un quelconque effet spécial, ambiance glauque ou musique stridente. Leur cinéma se démarque ainsi par la véritable « pureté » de l’image, aucunement saturée par des critères comme ceux énoncés précédemment. Dans Le fils, cette sincérité se traduit par la très grande proximité avec le corps d’Olivier Gourmet, évoluant avec lenteur le long des couloirs, respirant fortement, haletant presque. Le spectateur s’accroche alors à cette progression, tendu, aux aguets pour le moindre tressaillement. Seul le corps évoluant dans l’espace compte plus que tout, dirigeant la caméra.

A cette tension permanente, mais gorgée de force, s’ajoute un grand mutisme de la part des deux personnages (par ailleurs en fort contraste avec le bavardage et la facilité de communication des Dardenne lors de leurs interviews). Les dialogues, très travaillés, nous en livrent petit à petit sur les intentions d’Olivier, accroissant l’attente et traduisant la fragilité du dilemme auquel le(s) personnage(s) est/sont confrontés. L’intrigue s’esquisse par petites touches, jour après jour, laissant se développer la relation entre les deux personnages et amenant insensiblement vers un final surprenant. De ce dernier se dégage cette même pureté où Olivier « éclate » totalement la bulle dans laquelle il se renfermait. Ce flot de sentiments contenu tout au long du film se traduit par la soudaine violence émanant du corps d’Olivier, cette même agitation physique qu’il déversait lors de son travail.

Les interprétations sont sidérantes. Olivier Gourmet, toujours aussi réservé et impeccable, livre ici un de ses plus beaux rôles, exprimant toutes ses émotions par le corps et le regard. Face à lui, le jeune Morgan Marinne sidère par son naturel. Son personnage ne tombe jamais dans le caricatural, car il représente avec une extrême sensibilité un garçon discret, s’endormant facilement et à tout moment, dépassé par les éléments et n’ayant aucune attache. L’apprentissage de la menuiserie, si ardu soit-il, et l’intransigeance de son professeur, lui permettent de s’intégrer dans un univers de bois, de poutres, d’instruments divers (comme le mètre).

Le fils reste d’une dureté et d’une pureté inébranlables.
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23.09.2008
entre les murs
Entre ces murs, ces corps et ces mots
ENTRE LES MURS – Laurent Cantet

Pour le pur bonheur des cinéphiles du coin, le cinéma Art et Essai de Nancy bénéficia vendredi dernier, le 22 août, d’une avant-première exceptionnelle concernant le nouveau film de Laurent Cantet, primé à Cannes par la plus convoitée des récompenses cinématographiques. Pour ma part, je m’engageais à assister à cette projection, pouvant non seulement découvrir un nouveau travail dans le cinéma français actuel, mais également rencontrer un cinéaste en pleine émergence. En effet, la projection était suivie d’un débat avec Laurent Cantet, très à l’aise, et François Bégaudeau, plus présent à l’écran qu’en chair et en os, puisqu’il ne pouvait finalement pas venir ce soir-là.
Face à une salle bondée, jalonnée par toutes les générations, Entre les murs fut projeté avec rigueur, dans une ambiance détendue. La première considération que le spectateur devrait se faire est de ne pas prendre en compte le sentiment d’injustice qu’a soulevé la consécration de ce film à Cannes, face à de multiples œuvres hautement soignées de réalisateurs talentueux (Clint Eastwood, Arnaud Desplechin, Steven Soderbergh, James Gray…). Je ne vais pas revenir sur l’ambiguïté des choix de Sean Penn (voir à ce sujet le billet d’humeur sur Cannes). Le film reste un excellent moment, brillant pour son engagement social et sa description simple et efficace des particularités de notre système scolaire actuel.
Entre les murs, librement adapté du roman éponyme de François Bégaudeau, décrit le quotidien d’une classe de quatrième dans un collège « difficile », durant toute une année, et de sa relation avec son professeur principal et de français. Le premier atout de ce film est sa simplicité et son équilibre, alternant moments dramatiques et humoristiques, jouant sur la langue (celle de l’apprentissage scolaire et celle des adolescents) et diffusant une palette de sentiments grâce aux personnalités des élèves et professeurs. Il s’agit d’un portrait fidèle et pertinent de la situation scolaire française actuelle. J’avoue avoir retrouvé mes souvenirs de collège : ambiance survoltée d’une salle de classe de jeunes adolescents, premiers travaux de réflexion et critique, sports ou téléphonie dans la cour, conseils de classe tendue, questions de l’orientation, angoisse à l’idée du conseil de discipline… Le film se retranche des deux « côtés », prenant comme personnage principal un professeur, mais cherchant à situer tous les éléments dans une classe au quotidien, sans pour autant décrire des stéréotypes de l’adolescence.

En effet, le travail mené avec les jeunes acteurs résulte d’une remarquable justesse, où chacun se nourrit de ses expériences personnelles, mais en pouvant garder une distance avec leur vraie personnalité. Comme nous l’a expliqué Laurent Cantet, chaque élève, en ateliers d’improvisation, s’est forgé son personnage et leurs parents ont suivi le jeu. Cet investissement collectif, énergique et riche, prend toute sa force lors des interventions du professeur, s’immisçant dans leur langage, leurs critiques et leurs conseils. Beaucoup de journalistes ont décrit ces échanges comme un « jeu de ping-pong linguistique », où s’établit un contraste entre le français correct et habile du professeur et le langage décalé et vif des adolescents, menant ainsi à un contact surprenant et révélateur.
De même, la classe révèle le contexte ethnique de la France : des élèves de multiples nationalités s’y répondent, débattant sur leurs pays, comme, par exemple, l’équipe de football la plus efficace… Les adolescents remettent en cause la rigueur de l’enseignement, mais avec une pointe de nonchalance et d’obstination injustifiée. Enseignement dont l’image conformiste prime, et que le professeur essaie de modifier, par sa patience et sa subtile répartie. Enseignement qui risque de le piéger à tout moment, l’amenant à observer ses élèves se défoulant sur leur territoire (pourtant encore encerclé), à savoir la cour. De celle-ci, de nombreuses prises de vue subjectif depuis l’intérieur de l’établissement, exprimant le désir du professeur face à la débandade des élèves : parties de football survoltées, bavardages féminins sur les bancs, portables et MP3 volant de main en main… Finalement, l’année s’achèvera collectivement dans cet espace de loisirs, d’une liberté limitée à bon escient.

François Bégaudeau tentera par ailleurs de franchir cette limite entre élèves et professeurs, salle de classe et cour de récréation. Dans ce dernier recours de contact, ayant troublé la confiance établi, il vient empiéter leur territoire, étant rapidement entouré par tous les adolescents méfiants, comprenant qu’il n’a pas le droit de s’immiscer dans leur logique. Le personnage principal est extrêmement maladroit durant cette séquence, perdant ses repères habituels d’une salle de classe. Ce parti pris, celui d’un professeur hésitant et empli de doutes malgré sa repartie et son expérience, est audacieux et intelligent, expliquant en partie le futur succès d’Entre les murs, film s’intéressant de près à la psychologie de chaque personnage, lui faisant une suite de sentiments et d’évènements. Le film se base en partie sur le pouvoir de la parole et les conséquences graves qu’un malentendu linguistique peut entraîner.
De plus, Entre les murs est surtout un film engagé qui, malgré le fait qu’il reste avant tout une fiction, est ancré dans l’air du temps, décrivant ce système scolaire si contesté en France. Cette dimension prend encore plus de force face à des connaisseurs du milieu scolaire, professeurs ou élèves. Dans les murs du collège surgissent des interrogations, des débats contre l’emploi des félicitations pour l’un, du blâme pour l’autre et surtout le jugement irréversible des conseils de discipline… Tous les doutes et failles du système sont démontrés à travers le film, des séquences de la vie courante d’un collège où se retrouvent les mêmes comportements (le professeur qui pète les plombs, le principal sérieux et conventionnel…). De même, les ambiances comptent pour beaucoup dans la représentation du lieu scolaire, huis-clos condensant les petits drames et les sourires. Au bavardage de la classe s’oppose la tension des conseils de classe, où chacun se rétracte au nom d’un élève « difficile ». Face aux photos personnelles et optimistes d’un élève, chaleureusement louées par le professeur s’impose le contraste d’un acte d’accusation incompris par le parent de l’élève en faute.
Dressons tout de même un article quant aux interprétations des acteurs. Car il s’agit bien d’acteur, et non pas d’adolescents jouant leur propre rôle, qui incarnent ces élèves survoltés et pétillants. Formés en ateliers, ils portent littéralement le film, par leur vivacité et leurs provocations, se basant sur l’improvisation et la construction de leur rôle. Evidemment, la qualité du jeu est saisissante, parfois bien plus que celui des adultes. Ceux-ci sont néanmoins convenables et vivants. Quant à François Bégaudeau, je reste un peu sceptique sur son interprétation. Celle-ci reste parfois ambigüe car le personnage est extrêmement introverti (mis à part en présence des élèves), traversé de doutes et d’un comportement souvent obscur.
Ce brassage, étant à la fois linguistique, émotionnelle et ethnique constitue le succès du film de Laurent Cantet, et l’engouement des membres du jury de Cannes. Car Entre les murs est traversé d’un flux de vie et d’espoir tout à fait nécessaire à notre société, pouvant être comparé à cette même force qui provenait de l’Esquive (Abdellatif Kechiche) en 2004 et qui avait apporté un nouveau souffle au « conventionnel » cinéma français.

19:52 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : entre les murs, françois bégaudeau, laurent cantet, collège françoise dolto


