29.09.2007

Enfance

ENFANCE. de Nathalie Sarraute :

Racontant son enfance, Nathalie Sarraute évite avec brio l'autobiographie classique, celle qui décrit laconiquement les joies et les traumatismes de cette période si explorée.

En effet, l'écrivain a choisi tout d'abord une narration à deux voix, donc sous forme de dialogue,comme si elle se parlais à elle-même. La voix principale raconte différents moments forts de cette enfance déchirée et, au fur et à mesure du récit, se laisse emporter dans le passé, dans les souvenirs, dans les détails et finit par ressentir l'émotion de l'enfant qu'elle était. Cette projection en arrière, comme le visionnage d'un film, est à la fois identique et différente de la vraie scène.

La retombée en enfance est telle que Nathalie en vient à porter le même jugement qu'autrefois, à accentuer ses colères et ses joies qui, stoppées par une réfutation de la deuxième voix, s'évanouissent ou plutôt se développent, se transforment en le jugement adulte de Nathalie.

Si la deuxième brise souvent, trop souvent,l'émotion ressentie par la narration nostalgique de la première, elle permet la réflexion face aux événements et la compréhension beaucoup plus humaine des caractères des différentes relations de cette enfance.

Les deux voix se parlent, se contredisent, se calment, se complètent et finissent par se mêler. De nombreux doutes et interrogations jaillissent entre les phrases, des hésitations aussi, des troubles, telle une photographie un peu floue.

Le style magnifique de Nathalie Sarraute, parfois proche de la poésie, rend enfin ce livre incontournable.

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image -source -www.lelitteraire.com   

  

08.09.2007

Le pianiste

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Quoi de plus fort et percutant, tel un coup de fouet en pleine figure, que cette autobiographie au coeur du ghetto de Varsovie, écrite par un homme qui a connu l'horreur sur Terre : Wladyslaw Szpilman.

En effet, il est très difficile de critiquer un livre autobiographique, surtout si l'auteur relate sans s'apitoyer sur son sort l'un des crimes contre l'humanité.

Au début, l'asdpect narratif a du mal à décoller : Szpilman vit la paisibilité d'une famille cultivée, à Varsovie et mène une existence convenable malgré les premières mesures antisémites. Mais à chaque chapitre, il nous rappelle avec froideur ou ironie que tout ceci n'est rien, que les nombreuses patrouilles circulant dans les rues le soir ou les tabassages en direct ne sont qu'un grain de poussière dans l'immensité de la folie et de la violence humaines. Très vite, les premiers Juifs sont arrêtés, torturés ou abbatus, leurs cadavres étant abandonnés sur les trottoirs, tandis qu'autour, les varsoviens s'organisaient égoïstement pour trouver de la nourriture ou des vaccins.

 Au fil du récit, l'auteur décrit nettement l'ascension de l'horreur et ressent des émotions de plus en plus fortes, de plus en plus personnelles. L'histoire devient à la fois personnelle et universelle. De plus, Szpilman accorde une confiance immense au lecteur en le respectant, d'où le message légèrement pacifique délivré à la fin.

 Néanmoins, il est difficile d'en dire plus pour ne pas dévoiler toute cette histoire invraisemblable par l'immensité de ses horreurs.

 Un livre à lire absolument.

  Petite précision : le livre, écrit en 1946, a été interdit sous le régime communiste. C'est seulement en 1998 que son fils, l'ayant découvert,réclame une nouvelle publication. Encore un nouvel exemple de la censure d'oeuvres relatant pourtant la vérité.