01.09.2009

Saiyuki

SAIYUKI OU LE STYLE KAZUYA MINEKURA

 

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Au cas où certains n'auraient pas remarqué ce qui est écrit sur la petite bannière préparée avec soin le jour de l'ouverture de ce blog (autrement dit, a long time ago), je signale que je suis sensée publier des critiques de mangas, ou bandes dessinées japonaises. En effet, entre les nombreux films découverts en salle ou en DVD, pièces de théâtre, classiques littéraires, polars ou études théoriques sur le cinéma, je trouve le temps, parfois, de me jeter dans ces pages aérées que dévorent de nombreuses personnes de mon âge. Difficile d'expliquer le succès de cette culture importée d'Asie, qui est néanmoins souvent de médiocre qualité.

Tout d'abord, un manga ne se lit pas comme une de nos excellentes bandes dessinées européennes. Alors que sont privilégiés fréquemment le graphisme soigné, le découpage régulier, la documentation pour les décors et un récit structuré chez nous, les mangas cherchent à obtenir l'immédiateté de l'action, la compréhension la plus rapide possible de l'histoire, des événements et du sentiment imprimé dans les personnages. Ainsi, le découpage est aéré, les dialogues clairs et le trait léger, contribuant à enrichir l'intrigue par des galeries de personnages, une multiplication des sensations et explications. Évidemment, il y a toujours des exceptions, comme Jiro Taniguchi qui, lui, compose ses mangas tels de véritables romans, avec une recherche méticuleuse sur les paysages et un texte compact. Cette petite introduction pour en venir à un de mes auteurs favoris, outre Taniguchi, c'est à dire Kazuya Minekura, qui compte beaucoup de séries à son actif et un certain succès actuel. Malheureusement, des conflits injustifiés entre éditions japonaises et françaises ne permettent la publication que d'une seule, Saiyuki, et d'un magnifique oneshot en couleurs, Stigma.

Saiyuki, doublé de sa suite Saiyuki reload, est une sorte de parodie d'une légende traditionnelle chinoise, provenant du roman Voyage en Occident qui raconte les pérégrinations d'un bonze et de ses trois disciples, personnages fantastiques (deux démons et un roi singe). Cette légende a déjà inspiré beaucoup de séries (Osamu Tekuza, Akira Toriyama), mais Kazuya Minekura en fait une nouvelle adaptation extrêmement libre et personnelle, faisant notamment de ces personnages nobles et traditionnelles de mauvais exemples modernes et complexes. Tout d'abord parce qu'il s'agit de personnages indifférents à leur mission, considérant le voyage comme un pique-nique dans la nature, ce qui fait du manga une sorte de road-movie divertissant et hilarant, mais également porté par une force dramatique due au passé sombre des quatre héros et à leur potentiel dangereux. Par exemple, le bonze, loin d'avoir le crâne rasé ou l'abstinence de la cigarette ou de l'alcool, est totalement corrompu et porteur d'un mauvais caractère ; le roi singe n'est qu'un gamin affamé et insupportable ; des deux démons ne ressortent qu'un pervers vulgaire et un aimable jeune homme sournois. Cependant, chaque protagoniste, malgré les apparences futiles et décontractées, est marqué par une certaine noirceur intrigante, qui gagne en profondeur au fil de la progression du récit et du voyage entrepris.

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Si les quatre premiers tomes révèlent une certaine maladresse du trait et un découpage parfois paresseux, dès le cinquième volume, l'action prend de l'ampleur, de même que le texte qui s'affine et distille l'intrigue de manière maîtrisée et efficace. Mais ce qui attire dans le style de Minekura, ce sont la qualité et l'originalité du graphisme. Alors que de nombreux mangas perdent beaucoup du fait de la fragilité d'un trait un peu trop léger ou rapide, l'auteur confère aux personnages un charisme dans les attitudes et les regards, du volume aux corps et aux vêtements. Les contrastes de lumière ou la complexité du grain de la chair et des cheveux gagnent en profondeur par son style tranchant et recherché. En revanche, on peut reprocher l'absence de décors, d'autant plus qu'il s'agit d'un voyage...pratiquement sans paysage. En effet, les villages traversés se succèdent sans grand changement dans leur architecture, quelques forêts ou montagnes jonchent parfois le parcours, les chambres d'hôtels se ressemblent toutes... A partir de la deuxième série, le décor commence à devenir plus soigné et observé, mais il reste dommage que cet aspect du manga reste peu traité.

Enfin, Saiyuki recèle d'un humour irrésistible, notamment en raison de l'excentricité de ses personnages, leur attitude à la fois classe et totalement immorale. Chacun adopte des points de vue opposés, ce qui fait de leurs confrontations multiples des rixes verbales et physiques totalement délirantes. De plus, par l'insouciance et le train de vie hasardeux de ces quatre héros, les scènes d'action ou de tension sont toujours brisées par leur indifférence fière.

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18.06.2007

Saiyuki Reload

Un mot pour prévenir de l'absence de critiques de films ou de livres, notamment dans les semaines qui ont passées et qui vont venir. Etant très prise ces temps-ci par mes activités scolaires et personnelles, je profite d'une pause entre mon souper et mon coucher pour parler du nouveau Saiyuki qui vient (enfin) de sortir.

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Certains sauront déjà que je craque depuis longtemps pour ce manga qui est (plus de doute) mon préféré, notamment grâce à un humour délirant, des dessins de qualité,  un grand sens de suspense et l'absence de censure (parfois il en faut!)

 La suite de Saiyuki est donc enfin sortie, sous le nom d'une nouvelle série "Saiyuki Reload" mais qui raconte toujours le pélerinage de ces quatre garçons hétéroclite. Il y a peu de différences dans le scénario, mis à part le fait que deux des personnages principaux ont troqué leurs habits : Sha Gojyo (aux cheveux rouges pour ceux qui ont du mal) se retrouve étonnament afflué d'un ensemble marron, où l'on apprécie (ou regrette par pure fantaisie??) la disparition de ses horribles bottes difformes des tomes précédents ; et Son Goku (le petit) a juste déchiré le bas de son jean (pour le fun, surement?).

Néanmoins, nos 4 compères n'ont pas perdu leurs traits caractéristiques en chemin : Sanzo, le bonze, est toujours aussi colérique, Goku, si naïf et impulsif, Gojyo, si pervers, hakkai, si prévenant. Néanmoins, dans ce tome où ils sont confrontés à plusieurs petites histoires, les combats sont mieux définis, les détails plus présents et l'émotion plus importante (alors qu'auparavant, elle était étouffée par des dialogues absurdes).

La première histoire n'est pas très intéressante, elle ne sert juste qu'à présenter les personnages rapidement et assurer leur force. Elle commence d'ailleurs par l'arrivée de 4 étranges inconnus portant des lunettes noires dans une auberge, et qui intriguent fortement la petite fille de l'aubergiste.

 la seconde histoire, par contre, est très horrible. Je conseille aux âmes sensibles de s'abstenir. Certes, il y a peu de sang ou de massacres. Enfin, si mais Kazuya Minekura (l'auteire) a préféré évité les décors où la splendeur cadavérique triomphe pour insister sur la gravité du dralme et les émotions qui en écoulent. Elle a confronté ses personnages à une situation qui leur échappe pour mieux montrer que, sous leurs airs de brute et de mecs cools, ils sont grandement secoués par des interrogations psychologiques. Goku, surtout, est le plus traumatisé ou, du moins, celui qui a le plus de mal à contenir sa peine, car il est encore un enfant, sa sensibilité en est plus grande. Néanmoins, les 4 personnages principaux ont tous une grande blessure du passé qu'ils cachent coûte que coûte, mais nous savons tous qu'ils risquent de s'y retrouver confronté un jour...

 

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15.03.2007

Image de passage

AN ANGEL BEHIND A MASK :
 
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  Une "gueule de petit ange" derrière un masque de monstre ou comment ce petit être si fragile et adorable qu'est Son Goku devient le personnage central d'une série de drames sanglants. "Saiyuki Gaiden" est la série annexe de "Saiyuki" de Kazuya Minekura qui raconte la vie antérieure de nos quatre héros ravageurs (autant du côté caractériel que physique (notamment chez les filles...) où ils étaient des dieux. Cette série n'est malheureusement pas encore disponible en France, ce qui est bien dommage car les psychologies des personnages est différent voire mieux que celles de la série en cours.
   Son Goku, au lieu d'être un gamin bruyant, naïf, impulsif et gourmand, se révèle être un ADORABLE petit enfant solitaire et joyeux, réduit injustement à l'état de prisonnier. 
 
Image: source www.saiyuki.com 

22.01.2007

Saiyuki

 

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Je n'ai pas le temps de faire la critique de ce manga, qui est un de mes préférés. On trouve de tout dans Saiyuki, de Kazuya Minekura : de l'humour, de l'action, des passés sanglants, des beaux jeunes hommes, des scientifiques fous, des stratégies amusantes, des formules de politesse, de l'amitié, de la haine, des insultes inhabituelles... Bref, un VRAI DELIRE !

Cette image représente très bien les caractères ambigües des quatre personnages principaux, et également leur manière de vivre. Pas très discret, genre indifférent des éléments alentour mais malgré tout susceptible pour un rien.

Du faux bonze colérique, énervé mais timide (Genjyo Sanzo, le blond) au gentleman souriant, positif mais dangereux (Cho Hakkai, aux cheveux noirs), en passant par le gosse naïf, pas très futé mais gourmand (Son Goku, le brun) et par le beau gosse pervers, agressif mais au coeur d'artichaud (Sha Gojyo, le rouge), ces quatre-là composent une équipe qui dépasse l'expression "avoir un bon esprit d'équipe" et nous entraine de surprises en surprises, entremêlées de crise de fous rires ou d'effarement complet.