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Musique

  • Renaud Garcia-fons

    Renaud Garcia-fons

    QUARTET LA LINEA DEL SUR

    Le 13 mai dernier se déroulait au TGP de Frouard un concert exceptionnel de Renaud Garcia-fons. Exceptionnel par l’impressionnante musicalité dégagée par le quartet ; par la dextérité de ce contrebassiste ; par l'émotion toute personnelle de voir enfin sur scène un musicien de mon enfance ; par l'enthousiasme d'un public très attentif.  

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    Renaud Garcia-fons a reçu durant l'été le prix du meilleur Instrumentiste International, dans le cadre de la manifestation allemande Echo Jazz. Sa musique est inspirée par de multiples courants et pays : jazz, msuiques du monde, rythmes latino, ambiances méditerranéennes. Le titre d'un de ses derniers albums, dont les titres ont été joués à ce concert, s'applique bien à cette musicalité surtout héritée du Sud : La Linea del Sur, ou la Ligne Sud.

    « Ligne », quel joli mot pour désigner cette fameuse technique propre à Renaud Garcia-fons, constituant la force motrice de ses compositions si troublantes. Lignes courbes de sa contrebasse à cinq cordes, alliées à la ligne droite de son archet. Le musicien fait glisser, avec une souplesse et une grâce impressionnantes, cet archet magique le long des cordes, créant ce son si lyrique qui fait son unicité. A sa présence rayonnante participent trois musiciens époustouflants : Kiko Ruiz, dont les doigts sillonnent sa guitare flamenco avec une clarté impeccable ; Pascal Rollando, en véritable transe rythmique dans ses percussions ; et David Venitucci, dont l'accordéon s'allie joliment à la contrebasse.

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    Entre eux agissent enfin des regards complices et une formidable humilité les uns à l’égard des autres. Renaud Garcia-fons, humble et généreux de bout en bout du concert, lève parfois ses yeux malicieux vers le public, comme l'invitant à déguster la formidable mélodie émergeant de ses doigts ou de son archet. 

  • Divine Féminin

    DIVINE FEMININ - Drame musical en 4 tableaux de Dominique Lemmonier

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    Grâce à mes professeurs de BTS, ma classe eut la possibilité de découvrir le travail de Dominique Lemmonier à L'Arsenal de Metz, impressionnante salle de concert. Organisant un cycle Ciné-concerts en février, L'Arsenal présentait ainsi une curieuse proposition musicale : l'association d'un répertoire de musiques de films jouées en direct avec un travail vidéo d'Ange Leccia sur le thème des actrices de cinéma. Si l'orchestration musicale était de grande qualité (elle était dirigée par le grand compositeur Alexandre Desplat), le travail vidéo reste de moindre mesure, proposant des associations et des expérimentations de montage assez hideuses et ennuyeuses. Utilisant des tableaux de Jacques Monory en hommage, la composition vidéo s'éloigne de son sujet et crée des associations faciles et d'un symbolisme lourd : le deuxième tableau sur les héroïnes d'Hitchcock et sur la pulpeuse Sharon Stone, insiste lourdement sur des salles de bains peintes ou des tigres bleus pour signifier la dangerosité de ce style de femme, rendant grotesque le travail des actrices, voire des cinéastes qui les filment. Parce qu'il s'agit des tableaux de Jacques Monory, longuement filmés dans leurs détails ou assimilés par des split-screens peu élégants à des extraits de films, l'ensemble se révèle extrêmement et trop américain. D'autant plus que ce sableux appartiennent à un style que je trouve personnellement vulgaire et facile, difficilement supportable sur grand écran. Le travail vidéo se révèle d'autant plus inutile qu'il s'appuie sur des codes, allant de Marilyn Monroe dans The Misfist à Ingrid Bergman chez Rosselini, en passant par la Sharon Stone de Basic Instinct. L'ensemble à cordes, le Traffic Quintet, est excellent et interprète des oeuvres du magnifique Pascal Dusapin à chaque ouverture de tableau. C'est la musique et l'admirable interprétation des musiciens qui donnent à ces femmes leur grandeur et la magnification de leur drame, notamment les compositions angoissantes de Dusapin, et non pas le travail vidéo. On retrouve des grands thèmes d'Hermann, le travail répétitif vibrant de Philip Glass, la qualité d'Alexandre Desplat, et même une interprétation élégante de Highschool Lover, la chanson d'Air dans Virgin Suicides de Sofia Coppola. Les meilleurs moments de ce ciné-concert qui aurait presque dû se réduire à un concert, même si le projet s'avérait intéressant, restaient ceux où Nicole Kidman, Ingrid Bergman, Marylin Monroe, Isabelle Adjani, Grace Kelly, Janet Leigh, Tippi Hedren ou Kirsten Dunst affichaient leurs visages émus sur grand écran, rares extraits de films non retouchés ou recoupés avec les tableaux de Monory, leur regard fixés sur nous. 

  • Bernardo Sandoval - Amor

    AMOR

    CONCERT DE BERNARDO SANDOVAL

    Samedi 17 mai 2008 au Théâtre Gérard Philipe de Frouard

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    Malgré la panne inattendue de la billeterie électronique ce soir-là, malgré la longue attente dans les bureaux pour obtenir son billet, le public restait curieux de découvrir le célèbre chanteur de flamenco, accompagné d'un ensemble de jazz.

    Enfin, le noir se fait après le discours habituel du directeur, et les artistes s'installent simultanément : le pianiste Guillaume de Chassy, assis dos au public ; le contrebassiste raide Joël Trolonge ; le batteur décontracté Jean-Denis Rivateau ; et enfin Bernardo Sandoval, grande silhouette aux yeux baissés, assise maladroitement sur une chaise métallique inconfortable.

    Après un interlude (de qualité) des trois musiciens, Sandoval commence à chanter. Lentement. Prudemment. De cette voix profonde, à la fois âcre et poignante qui nous surprend, nous impressionne.

    Si les premiers morceaux reflètent une certaine sobriété, le concert suit une lente progression où se noue cette relation chaleureuse avec le public charmé et respectueux des dernières notes (mis à part quelques inhabitués). Les rythmes s'accélèrent alors, les coups d'oeil entre les membres du quatuor se font signe, les sourires apparaissent, les têtes se trémoussent. La passion anime de feu ces artistes, alternant engouement et sagesse, enjambement et profondeur des sensations.

    Bernardo Sandoval nous fascine. Sa voix troublante provient du fond de sa coeur et de son coeur, tel un souffle de vitalité, transcendant le silence et les notes, animant les esprits. Si Sandoval est crampé intérieurement sur cette chaise, cela prouve sa concentration extrême. Cette chaise, si inconfortable soit-elle, est son seul rattachement à la scène. Sans elle, Sandoval s'envolerait, s'évaderait dans ce feu qui l'anime. Les pieds noirs luisants se contorsionnent dans tous les sens, les mains papillonnent d'extase, encadrant ce corps vibrant de musique.

    Enfin, la guitare de Sandoval, complice inévitable et aujourd'hui célèbre, lui permet de retranscrire en notes frénétiques la force qui l'agite. Leur union forme un duo détonnant de rythme et de vibrations.

    Sandoval est d'un charisme incroyable, irradiant sur la scène grâce à cette intériorisation qui le caractérise, tandis que les excellents musiciens accompagnateurs le surveillent et échangent des coups d'oeil complices, s'alliant pour électriser cette passion.

    Le chanteur relevera à peine le regard lors des applaudissements. Il est et restera cette silhouette marquante aux yeux baissés, perdus dans la splendeur du flamenco-jazz et du feu brûlant qui le fait fondre sous les lumières sur scène.

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    Autres renseignements : le site de Bernardo Sandoval : http://www.bernardosandoval.com/

    le site du TGP de Frouard : http://www.tgp-frouard.com/