Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

appaloosa

  • Compte-rendu fin septembre 2008

    COMPTE RENDU DES FILMS VUS FIN SEPTEMBRE 2008

    La Belle Personne

    Christophe Honoré

    bell.jpg

    Face à la violence verbale de Nicolas M. quant à ce réalisateur, face aux critiques encenseurs des Cahiers du Cinéma, face aux avis mitigés de Mme S-P et de Pierre-Louis, mais surtout grâce aux fous rires de Julie et Margot, je décidai de découvrir ce cinéaste qu’est Christophe Honoré. J’avoue tout de suite n’être pas convaincue par le film. Je regrette d’avoir assistée à sa projection seule car j’aurais apprécié rire aux éclats en étant entourée. En effet, La Belle Personne devient progressivement de plus en plus ridicule, irréaliste dans sa représentation des amours vexés d’une élève et son professeur d’italien. Honoré aurait apprécié démarrer dans les années 1960 : Louis Garrel, tout comme l’a signalé Mme S-P en recherche d’exemple pour son cours sur la Nouvelle Vague, traîne ses grandes jambes et sa mine boudeuse dans Paris comme Léaud en peine d’amour. Sauf que Doinel, on y croyait, on s’accrochait à son petit minois, à son physique d’adulescent. Louis Garrel nous prend à témoin dans ses pérégrinations conjugales, observant ses élèves avec désir non dissimulé, échangeant les numéros de téléphone sans trop convaincre. En effet, ce côté « peines et chagrins d’amours » agace profondément : répliques littéraires et pédantes au coin d’un bar ou d’une salle de classe (Garrel devant une vodka, face à son ami goguenard : « Je vais mourir d’amour. »), regards courroucées des anciennes amantes repoussées, hantises philosophiques de la jeune fille fidèle, déception déchirante (se traduisant par un très bon doublage marmonné d’une chanson à pleurer de rire) du jeune homme, disputes d’homosexuels aimant les belles lettres d’amour… Mis à part un travail sur l’architecture du lycée Molière qui méritait d’être approfondi, quelques interprétations charmantes (le cousin de Julie, naturel mais dont l’homosexualité est vite grossièrement soulignée par des décolletés roses dès qu’il la dévoile ; la tenancière du bar ; le professeur de russe titillant l’élève-espion), cette Belle personne s’admire dans un miroir sans reflet.

     

    Appaloosa

    Ed Harris

    app.jpg

    Curieux western réalisé par l’excellent acteur Ed Harris, Appaloosa détourne les codes du genre en se fondant plus sur l’aspect psychologique. Moins audacieux et plus modeste que L’Assassinat de Jesse James… (cf critique), il a le mérite de s’ancrer dans une histoire minimaliste, avec des personnages doucement esquissés, évoluant dans le village d’Appaloosa. Le film comporte un rythme assez lent, calme et prévenant avec le spectateur. Pas de final ou de péripéties haletantes, des claquements secs comme le soleil, un léger pincement des lèvres, un regard en coin. De même, la relation entre les trois protagonistes se dessine lentement, sûrement, entre les planches polies d’une maison conjugal, à la table d’un bar, bercé par l’effleurement des notes de piano ou sur la croupe dodelinant d’un cheval au milieu des plateaux désertiques. Les interprétations sont impeccables : Ed Harris en vieux cow-boy usé par sa violence intérieure, Viggo Mortensen en acolyte discret et effacé, entre les deux pétille Renée Zellweger, toujours en forme comme dans Jeux de dupes (cf critique). L’ensemble est lisse, même trop lisse… Mais l’aspect intéressant reste ce sentiment ambigu qu’entretient le personnage de Mortensen à l’égard de celui d’Ed Harris, affirmant lui « appartenir » autant que sa femme et se sacrifiant pour lui sauver son honneur. Le western reviendrait-il, non pas pour assouvir le désir d’action des spectateurs, mais pour décrire subtilement les relations homosexuelles ? Après les deux cow-boys de Brokeback Mountain s’ensuivirent le jeune Robert Ford idolâtrant Jesse James, l’acolyte de Ben Wade jaloux d’Evans dans 3h10 for Yuma (cf critique), et maintenant Appaloosa.

     

    Ocean’s Thirteen (2007)

    Steven Soderbergh

    13.jpg

    Bon, clôturons la trilogie. Après l’explosif 11, le décevant 12, le 13 porte-il bonheur ou malheur ? Un peu des deux, semble-t-il. Moins agaçant que le second volet, mais plus ronronnant que le premier, Ocean’s thirteen finit sans trop de surprise ni de mécontentement, se reposant sur le charme des acteurs, heureux d’être réunis et s’en donnant à cœur joie. Après un premier quart d’heure embrouillé et incompréhensible, l’intrigue file sur des rails avec de nombreuses péripéties, parfois évidentes, parfois surprenantes, réussissant à retrouver un peu de l’énergie séduisante du premier film. L’esprit du groupe est ici devenu plus soudé : chacun émet son opinion et dévoile ses qualités, moins étouffés par les leaders habituels. Ainsi, les seconds rôles ont enfin droit à une place plus importante et intéressante, rendant le contenu plus riche. Casey Affleck peut enfin plus se démarquer, criant avec enthousiasme à la rébellion avec son frère (Scott Caan) dans une petite usine ; Matt Damon est moins puéril et plus prudent qu’auparavant ; le regretté Bernie Mac ensorcèle encore plus les fervents du casino ; Carl Reiner sautille en tous sens malgré son âge ; mais c’est le génial Andy Garcia qui impressionne le plus, toujours aussi machiavélique et retenu dans son jeu, volant la vedette à Al Pacino décevant en patron de casino vorace. Quant à Brad Pitt et Georges Clooney, ils s’en tirent toujours avec autant de distinction et de charme, préférant discuter mésaventures conjugales dans les rues, tout en surveillant du coin de l’œil le déroulement des opérations.

    Autres films de Steven Soderbergh : Ocean’s eleven, Full Frontal, The good german

    Autres films avec Brad Pitt : Et au milieu coule une rivière, L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Babel, Troie

    Autres films avec Georges Clooney : Syriana, Michael Clayton, Jeux de dupes