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atiq rahimi

  • Rencontre Fnac avec les auteurs du Prix Goncourt

    RENCONTRE LITTERAIRE A LA FNAC DE NANCY

    Jean-Louis Fournier, Valentine Goby, Patrice Pluyette, Salim Bachi, Atiq Rahimi, Karin Tuil, Alain Jaubert

    Aimablement organisée par la Fnac de Nancy (et notamment notre « tuteur » personnel, grand bonhomme au costume soigné et au sourire toujours éclatant), une rencontre réunissant 7 auteurs du Prix Goncourt se déroula ce lundi 13 octobre 2008 dans la salle de l’hôtel de ville. Etouffant et suant sous la chaleur écrasante, les auteurs ont tout de même répondu avec une enthousiasme parfois léger et méfiant aux questions de la centaine de lycéens qui lui faisait face. En effet, la disposition, similaire à celle d’une conférence de presse cannoise, n’avantageait pas un échange actif, de même que le trafic de micros qui s’opérait incessamment. Mais, grâce à ces petits détails anodins et d’autres maladresses, l’humour fut au rendez-vous.

    goby.jpgCertains auteurs se démarquaient, n’hésitant pas à défendre leur parti pris avec passion, justifiant et expliquant leurs choix avec clarté et sincérité ; Ainsi, Valentine Goby, auteur du très beau Qui touche à mon corps, je le tue, rayonnait par sa présence et sa faculté de communication. Insistant sur le fait que son livre ne portait pas sur l’avortement, elle a démontré l’importance de la liberté de notre corps, ses limites et ses droits, corps qui s’apparente à notre identité. De même, la jeune femme a fortement défendu son style empreint de dureté (mais pas de noirceur comme certains l’affirment), en se basant sur une majestueuse citation de Louis Aragon : « Il n’y a pas de lumière sans ombre ».

    fournier.jpg

    Outre cette forte présence féminine, un autre auteur a surpris les élèves, Jean-Louis Fournier avec son court roman Où on va papa ? . Restant fidèle à l’esprit de son livre, l’homme n’a pas lésiné sur les sous-entendus pleins d’humour amer, passant par une moquerie farouche pour mieux se tourner en dérision lui-même. Car son livre, s’il semble à première lecture cruel et cynique envers la société, n’est en réalité qu’une large démonstration d’autodérision, où Jean-Louis Fournier dévoile subtilement ses erreurs et ses doutes, utilisant cet humour comme « carapace ».

    pluyette.jpgCes deux auteurs se démarquaient le plus, mais ne faisaient néanmoins pas d’ombre sur les autres, tout aussi questionnés avec curiosité. Ces auteurs définissaient mieux, par leur présence, l’esprit plus complexe ou subtil de leurs œuvres. Des élèves furent donc surpris par cette apparition en chair et en os d’un individu qui ne leur avait fait impression auparavant qu’avec des mots. Patrice Pluyette, ou La traversée du Mozambique par temps calme, semblait légèrement en décalage par rapport à la tripotée d’auteurs. Par exemple, il était le seul à oser se servir dans les coupoles atiqrahimi.jpgremplies de chamallows, au lieu d’écouter les propos de ses collègues, ou alors fixer le plafond d’un air vague, sursautant lors d’une question posée. Mais son esprit ludique et rêveur s’enflammait devant les lycéens. Autre personnalité surprenante : Atiq Rahimi, auteur afghan de Pierre de patience, incarnant une figure orientale inoubliable (cheveux longs mordorés, lunettes rectangulaires et traits tranchés), répondant d’une manière extrêmement belle et poétique, tout comme son écriture.

     

    bachi.jpgSalim Bachi, ayant signé Le silence de Mahomet, représentait moins cet vision orientale, car il tenait des propos très tranchés sur son personnage, prouvant finalement que les 4 témoins qui dressent successivement son portrait prennent plus d’importance que la légende elle-même. Près de Rahimi se trouvait la seconde présence féminine de la rencontre, Karin Tuil. Celle-ci prenait également un ton très tuil.jpgaffirmé pour défendre La domination, mais ses propos sont restés très convaincue, définissant les thèmes lui étant chers, comme brouiller les pistes ou les identités. Enfin, Alain Jaubert dit quelques mots pour défendre sa nuit à Pompéi, mais l’ayant personnellement détesté, je ne m’y attarderais pas…

    Bref, une rencontre sans tensions, mais malgré tout trop courte. On peut toutefois déplorer l’impressionnante politesse du cameraman de France 3, se plaçant juste devant les auteurs de manière à empêcher toute communication à visage découvert…Heureusement, il restait la séance de dédicaces…