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festival de cannes

  • Critique de Poesia Sin Fin

    Réconciliations

     

    POESIA SIN FIN – Alejandro Jodorowsky

     

    Six ans après la sortie de Poetry de Lee Chang-dong, ma timeline cinématographique semble poursuivre son chemin d'un bouleversement lié au 5ème art transposé au 7ème... Car si le film d'Alejandro Jodorowsky paraît aux antipodes de celui réalisé par Lee Chang-dong, et découvert à l'aube de mes 18 ans, les deux réveillent en la spectatrice que je suis des sentiments de mélancolie et d'exaltation similaires. Et chacun de ces films se concentre sur un protagoniste transcendé par le thème de la poésie, elle-même scandée telle une incantation magique. Le jeune Alejandro comme la vieille Mija sont tous deux gonflés d'une fierté, à l'évidente, mais magnifique, naïveté. Lorsqu'ils réfléchissent tous deux aux futurs poèmes qu'ils veulent écrire, ils s'imaginent par ce biais changer le monde...

     

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  • Critique de Juste la fin du monde

    Loin de la maturité

     

    JUSTE LA FIN DU MONDE – Xavier Dolan

    Avec cette adaptation de la pièce homonyme de Jean-Luc Lagarce, Xavier Dolan passe à côté de ses nombreuses intentions et signe un lourd échec. Le film est définitivement boursouflé de défauts, accablé par des problèmes de rythme et une mauvaise direction d'acteur. L'échec est d'autant plus retentissant qu'il contredit la volonté du jeune cinéaste, à savoir d'accéder à la maturité avec ce film.

     

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  • Critique de Toni Erdmann

    Une absurdité à double-tranchant

     

    TONI ERDMANN – Maren Ade

    Parce qu'il navigue sans cesse entre la comédie et la mélancolie, entre la farce, le grinçant et la violence des sentiments, Toni Erdmann vogue sur des tons multiples et une sensation diffuse d'éparpillement. L'ambition de ce film à la lisière de deux tons déploie certains moments d'anthologie, revigorants par leur cynisme à l'égard des absurdités de la société actuelle. Cependant, cette ambition échoue aussi à marquer les esprits, notamment parce qu'elle manque de soutien de la part de la mise en scène, volontiers souple et invisible, mais parfois sans force.

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  • Elle

    Le contrôle ou la monstruosité

     

    ELLE – Paul Verhoeven

    Film fétiche pour un bon nombre de mes collègues blogueurs, Elle n'a pas créé la révolution chez la spectatrice que je suis. Mais il n'a pas non plus choqué, outré ou révolté quant à son approche du personnage. Bien au contraire, le film de Verhoeven présente un protagoniste singulier – et non pas nécessairement à ranger rapidement du côté de la folie ou de la nymphomanie – en somme un véritable et passionnant enjeu de cinéma.

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  • La Tortue rouge


    Un mysticisme naturel

     

    LA TORTUE ROUGE – Michael Dudok de Wit

    Avec La Tortue rouge, le chevronné Michael Dudok de Wit signe, après de bouleversants et célèbres courts, son premier long-métrage. L'oeuvre, déjà belle de sa coproduction néerlando-franco-japonaise, offre une animation saisissante, baignée de cette délicatesse propre à De Wit. Pour autant, la beauté de La Tortue rouge s'estompe peu à peu. Si le long-métrage saisit au début, par ses grandes plages fines, ses forêts irisées de taches douces et ses tortues déesses, il finit par abandonner, écrasé qu'il est par une ambitieuse métaphore sur l'existence, sa sensibilité sur son rivage.

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