03.09.2008
100ème note
Hier et aujourd'hui étaient deux jours de rentrée scolaire. Beaucoup y prêtent attention, notamment dans le cadre scolaire, la littérature, le cinéma, la politique... Evidemment je ne peux que vous parler de cinéma, passion que je défends toujours avec acharnement, mais j'encourage également à profiter des autres arts. En ces journées, ensoleillée pour hier, pluvieuse pour aujourd'hui, beaucoup ont repris le quotidien, pestant, râlant, soupirant et baillant. Je me suis dit que pour encourager tous mes proches camarades de classe qui éprouvaient quelques réticences à reprendre le rythme, ainsi que de nombreux autre élèves et salariés, j'allais chaudement recommander deux films vus en avant-première, tous deux pleins d'énergie et de courage, de poésie et d'émotion.
Je constate alors qu'il s'agit de ma 100ème note, qui inaugure, coïncidence étrange, une nouvelle année cinématographique. Je remercie alors tous ceux qui circulent sur mon blog, prenant le temps ou non de lire mes très longues critiques. Merci à tous.
Quant aux deux films, il s'agit d'abord de l'inévitable Palme d'or française, Entre les Murs de Laurent Cantet, film incontournable dans l'air du temps. L'engagement est présent, certes, mais de manière extrêmement subtile, s'appuyant sur le dynamisme des élèves et leur originalité. Le film est une véritable palette d'émotions collectives, ne tombant jamais dans le cliché, donnant une image juste du collège, de la France actuelle et de ses problèmes face aux réformes de l'enseignement. Les interprétations sont sidérantes. Le langage moderne et vif des élèves se heurte aux remarques subtiles du professeur, établissant un échange riche et un véritable contact allant au-delà du moderne apprentissage. Réservz une place dans votre emploi du temps lors de sa sortie, le 24 septembre !

Le deuxième film n'en est pas moins réjouissant. Rumba réunit humour belge, univers à la Tati et veine poétique, bercés par les paysages de basse-Normandie. L'histoire du couple s'enchaîne sur une péripétie de gags d'une subtile construction, grouillant d'idées pour la mise en scène, les personnages et les décors. Véritable bonheur cinématographique, Rumba est d'une fraîcheur irrésistible, d'une générosité incomparable, parlant avec simplicité d'un univers décalé et coloré. Les deux Belges enchaînent péripéties sur péripéties, n'hésitant pas à faire durer le plaisir sur de longs plans-séquences. N'hésitez pas à voir ce film,peu dansant, mais virevoltant de vie.

19:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rentrée, entre les murs, rumba, laurent cantet, françois bégaudeau, dominique abel, fiona gordon
13.07.2008
Cannes 2008
CANNES 2008 : L’engagement au cinéma ?
Le palmarès de cette année 2008 à Cannes a engendré de nombreuses réactions, notamment en raison de son caractère engagé, favorisant des films à connotation sociale ou politique. A ce propos, Michel Ciment a signé un excellent article dans le numéro de juillet de la revue Positif (revue que je conseille par ailleurs), démontrant les conséquences néfastes du choix plus ou moins imposé par Sean Penn, exemple, justement, d’acteur aux engagements politiques marqués.
En effet, favoriser certains films en fonction de leur engagement, donc du côté scénaristique et démonstratif, signifie prendre peu en compte la qualité artistique d’un film, ainsi que d’autres facteurs essentiels, tels la mise en scène, le travail de l’image et du son… Certes, les films primés ne sont pas forcément dénués d’intérêt et de qualité, mais un tel choix repose la question de ce qui fait une œuvre d’art cinématographique, et selon quels critères se détermine son jugement. Par ce palmarès « socio-politique », le cinéma a-t-il tendance à devenir un art purement démonstratif et de plus en plus réaliste ? Ne perd-t-il pas de sa valeur artistique. Certes, l’engagement d’une œuvre reste important, mais il faut savoir choisir l’art et la manière de la mettre en scène.
Cependant, le palmarès semble satisfaisant, récompensant des auteurs moins connus qu’à l’habitude, et surprenant par une Palme d’or française enclenchant les polémiques. Je conseille de nouveau l’article de Michel Ciment, tentant d’expliquer avec clairvoyance cette décision. De même, le critique regrette l’absence au palmarès de cinéastes renommés aux œuvres impressionnantes, notamment Soderbergh, Gray, Wenders, Desplechin ou Eastwood. Ce dernier a reçu un lâche prix « récompensant l’ensemble de sa carrière », en guise de « consolation » mais insinuant irrespectueusement que son film ne méritait aucune récompense, mais son passé, si. Eastwood a par ailleurs très bien réagi, prenant l’audace de faire la sourde oreille et de ne pas se déplacer. De même, Catherine Deneuve-ayant reçu un prix similaire- remit les pendules à l’heure en remerciant élégamment l’équipe d’un Conte de Noël d’Arnaud Desplechin.

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