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le cahier

  • Compte-rendu février-mars 2008 - 1

     COMPTE RENDU DES FILMS VUS SUR FÉVRIER-MARS 2008

     

     

    Les Liens du sang

    Jacques Maillot

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    De ce petit film sur l’histoire de deux frères policier et gangster il ne me reste pas grand-chose, quelques dialogues sympathiques et quelques scènes de famille plaisantes. Pourtant, François Cluzet et Guillaume Canet confèrent un certain charme à leurs personnages respectifs, et l’ambiguïté de leur relation reste plausible. Le film souffre de nombreuses inégalités et d’une photographie très désagréable et aux couleurs défraîchies, dans le but de reconstituer l’époque, mais qui impose plutôt une saleté en contradiction avec l’histoire, intéressante. Ce qui est bien dommage. De plus, certaines scènes frisent le petit téléfilm du soir et ne confirment pas le style du réalisateur, ou même s’il en a un… Difficile d’émettre un jugement sur un film aux idées parfois plaisantes, mais à la réalisation trop classique.

     

    Le Cahier

    Hana Makhmalbaf

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    Ce film, aux apparences simples et trompeuses, n’est pas le « petit film pauvre » que l’on pourrait croire. Certes, la photographie et les maladresses techniques sont dues aux budgets extrêmement limités proposés par l’industrie cinématographique de l’Afghanistan, mais Le Cahier est un bijou merveilleusement fort et touchant, maîtrisé et travaillé. A travers l’enfance se définissent toute l’histoire et la culture du pays, symbolisant cruellement les influences désastreuses des guerres et les dures conditions de vie des peuples, notamment des femmes. La petite fille, Baktei, figure de proue attachante et expressive, s’avère d’une audace admirable, malgré son jeune âge. Ses péripéties pour essayer d’entrer à l’école sont décrites et filmés avec un suspense surprenant, se combinant sans aucun ajout ou effet spécial.

    Le Cahier est absolument à voir : malgré le sujet, il ne dramatise en aucun cas et reste haletant et effrayant malgré son apparence chétive !

     

    Les Clefs de la maison (2003)

    Gianni Amelio

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    Parler de la difficulté des handicapés s’avère un pari difficile, surtout dans le cas d’une histoire ficitve concernant un père rencontrant son fils handicapé après 15 ans de silence. Le film italien traite avec intelligence et sans cliché, mais avec beaucoup d’émotion, cette condition de part le travail effectué avec les deux acteurs principaux, Andrea Rossi et Kim Rossi Stuart. En effet, le personnage du père a tendance à s’effacer et s’occuper avec gêne et timidité de son fils, reflétant l’habituelle distance consacrée aux personnes handicapées. Face à lui, l’adolescent n’hésite pas à s’affirmer, posant de multiples questions et commentaires sur son père qu’il considère d’abord comme n’importe quel assistant. Les Clefs de la maison réussit également à conférer une atmosphère étrange et légèrement mystérieuse, par le biais de l’hôpital allemand spécialisé. L’ambiance clinique et le fort accent germanique des infirmiers encadrent la relation entre le père et le fils, de même que les autres patients attachés à l’endroit, notamment le rôle, très beau, de Charlotte Rampling.

     

    Soyez sympas Rembobinez

    Michel Gondry

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    Dès l’affiche, les spectateurs sont prévenus qu’il s’agit d’un joyeux délire et univer auxquels il faut adhérer. En effet, la truculence des gags, multiples, et surtout le jeu parfois trop lourd de Jack Black peuvent agacer certains, ou au contraire en réjouir d’autres. De même, le traitement des sentiments est parfois trop simpliste et moraliste (fonctionnaires caricaturés, ode à l’esprit de quartier, fin très happy end…), mais adapté au ton léger de l’ensemble. Michel Gondry réussit surtout à rendre un bel hommage au film amateur, tourné avec un minimum de matériel, mais un maximum d’imagination et d’inventions, dont le réalisateur ne manque pas. Au cours du film, clins d’œil et astuces se succèdent, malheureusement quelquefois indécelables au premier visionnage. Un bon moment, dans l’ensemble.

     

    La Guerre à Paris (2002)

    Yolande Zaubermann

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    Traitant plus des rangs « inférieurs » de la Résistance et surtout de la vie d’un fragment de jeunesse durant l’occupation allemande à Paris, La Guerre à Paris souffre un peu du scénario (notamment sur la fin) évident duquel il est affligé, mais ne manque pas de charme. Outre la photographie épurée et des prises de vue intéressantes, telles celles des cavales ou des scènes de tendresse, les acteurs principaux, aujourd’hui en pleine reconnaissance, dynamisent par leur pureté et leur fougue, notamment Elodie Bouchez, admirable dans un rôle de femme forte et fragile à la fois, Grégoire Colin, jeune frère effarouché, et surtout l’acteur belge Jérémie Renier, impressionnant en jeune homme divisé. L’aspect historique est traité sous un angle très judicieux, à savoir la confrontation entre le frère que joue Jérémie Renier et un lieutenant de la Gestapo faisant du chantage, mais pourtant du même âge que lui, et déjà loin de sa jeunesse.

     

    V for Vendetta (2006)

    James McTeigue

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    Merci à Justine qui m’a aimablement proposé le DVD. En effet, je m’interrogeais beaucoup sur l’adaptation de la bande dessinée admirable à tout point de vue de David Lloyd et Alan Moore. Le résultat ne fut pas aussi pire que je ne me l’imaginais. Le gros défaut de V for Vendetta est le mauvais goût de la photographie et des effets spéciaux. En effet, le sang rouge plastique giclant au ralenti dans les décors studios, trop lisses et plastiques, s’avère extrêmement hideux. De même, les scènes de torture, pourtant si agressives et cachées dans la bande dessinée, restent trop conventionnelles dans le film, et ne reflètent pas le désespoir physique et moral progressif de Evey. Autre problème, pour un lecteur de la bande dessinée : le film suit presque plan par plan le découpage de l’œuvre originale et les dialogues, reprenant toutes les expérimentations et les transcrivant en technique cinématographique. La fin, changée, est heureusement plutôt satisfaisante, de même que les interprétations (notamment l’accent original de V).