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    SUITE A LA PUBLICITE PROJETEE DANS LES SALLES POUR LE FILM DE PHILIPPE CLAUDEL : 

    Je tiens à publier cet article pour me révolter contre les nouvelles campagnes de publicités montés par l'industrie cinématographique française pour promouvoir ses nouveaux films.

    Par respect pour le film concerné, pas encore en salles, je me tiendrai uniquement aux artifices qui l'entourent, et non pas à son contenu.

    En effet, samedi dernier, paisiblement installée dans le fauteuil de la salle de cinéma, j'assistais aux bandes-annonces diverses des films à venir. Impossible d'échapper au premier long-métrage de Philippe Claudel, Il y a longtemps que je t'aime, tourné de surcroît dans la région de la salle de cinéma. Bref, commencent à s'inscrire sur un fond noir les succès littéraires de l'auteur, tandis que retentit les petites notes, agaçantes au bout de la quatrième fois que l'on visionne cette bande-annonce. Cependant, au lieu de re-découvrir Kristin Scott Thomas pensive sur un banc, oh surprise, l'image s'ouvre sur une salle de cinéma, semblable à la notre, mais à la fin de la projection de ce film.

     Attardement sur les spectateurs émus. Gros plans de petits jeunes et de petits vieux ayant les larmes aux yeux, histoire de dire "Voyez, tout le monde a une âme sensible face à ce film". Mais le pire reste à venir pour les interviews. Pluie d'éloges sur Il y a longtemps que je t'aime (pourtant seulement un premier long-métrage, et de surcroît réalisé par une personne n'ayant jamais eu d'expérience prolongée dans ce domaine), insistance pénible sur l'émotion (avec en prime, la chanson suave en arrière-plan sonore).

    Et qu'on en rajoute une couche pour nous convaincre, voire nous forcer à ressentir la même émotion. Ralentis sur des pupilles embuées et des joues rosies. Bribes de phrase : "Ce film est une claque dans la gueule", "C'est le plus beau film de ma vie", "Porteur d'espoir"...

    Et voilà comment on en rajoute des couches et des couches de compliments (et de plus mal filmés, façon documentaire croisés avec le micro-trottoir) sur un film français, le réduisant à une seule vision, un seul aspect, et limitant encore la liberté d'expression et de critique. Car la réflexion sur un film ne naît pas d'un amalgame uniforme de témoignages brefs et répétitifs, mais de débats, de discussions, de disputes, d'une multiplicité d'avis et d'interprétation.

    Que dire face à ce schématisme de l'avis du public ? Un film ne se détermine pas par des réactions prises sur le vif, grossièrement encadrés pour convaincre. Chaque spectateur a le droit de former sa propre opinion, et ne mérite pas, juste avant la sortie d'un film qu'il désire voir, d'être ainsi "emprisonné" dans une vision réductrice.