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sean penn

  • Regard sur le Festival de Cannes 2008

    CANNES 2008 : L’engagement au cinéma ?

    Le palmarès de cette année 2008 à Cannes a engendré de nombreuses réactions, notamment en raison de son caractère engagé, favorisant des films à connotation sociale ou politique. A ce propos, Michel Ciment a signé un excellent article dans le numéro de juillet de la revue Positif (revue que je conseille par ailleurs), démontrant les conséquences néfastes du choix plus ou moins imposé par Sean Penn, exemple, justement, d’acteur aux engagements politiques marqués.

    En effet, favoriser certains films en fonction de leur engagement, donc du côté scénaristique et démonstratif, signifie prendre peu en compte la qualité artistique d’un film, ainsi que d’autres facteurs essentiels, tels la mise en scène, le travail de l’image et du son… Certes, les films primés ne sont pas forcément dénués d’intérêt et de qualité, mais un tel choix repose la question de ce qui fait une œuvre d’art cinématographique, et selon quels critères se détermine son jugement. Par ce palmarès « socio-politique », le cinéma a-t-il tendance à devenir un art purement démonstratif et de plus en plus réaliste ? Ne perd-t-il pas de sa valeur artistique. Certes, l’engagement d’une œuvre reste important, mais il faut savoir choisir l’art et la manière de la mettre en scène.

    Cependant, le palmarès semble satisfaisant, récompensant des auteurs moins connus qu’à l’habitude, et surprenant par une Palme d’or française enclenchant les polémiques. Je conseille de nouveau l’article de Michel Ciment, tentant d’expliquer avec clairvoyance cette décision. De même, le critique regrette l’absence au palmarès de cinéastes renommés aux œuvres impressionnantes, notamment Soderbergh, Gray, Wenders, Desplechin ou Eastwood. Ce dernier a reçu un lâche prix « récompensant l’ensemble de sa carrière », en guise de « consolation » mais insinuant irrespectueusement que son film ne méritait aucune récompense, mais son passé, si. Eastwood a par ailleurs très bien réagi, prenant l’audace de faire la sourde oreille et de ne pas se déplacer. De même, Catherine Deneuve-ayant reçu un prix similaire- remit les pendules à l’heure en remerciant élégamment l’équipe d’un Conte de Noël d’Arnaud Desplechin.

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    L'équipe du film Entre les murs de Laurent Cantet