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serge toubiana

  • Emissions radiophoniques sur François Truffaut

    FRANÇOIS TRUFFAUT
     
    Aujourd'hui vient de s'achever, sur France Culture et présenté par Serge Toubiana (rédacteur aux Cahiers du Cinéma), une grande traversée de cinq matinées consacrées à François Truffaut. Grande admiratrice de ce cinéaste regretté, je ne manquais pas l'occasion d'écouter cette compilation riche et passionnante de divers archives radiophoniques, où Truffaut parlait du cinéma avec cet amour et cet clarté qui le définissent, mais aussi de débats entre proches du réalisateur, spécialistes (notamment Carole Le Berre, auteur de l'imposant ouvrage Truffaut au travail) ou simples critiques. Ceux-ci décortiquaient avec passion les films et propos de Truffaut, s'interrogeant sur leur impact et leur efficacité. Outre ces entretiens, Serge Toubiana enregistra également différents documentaires, comme le travail effectué dans une classe de quatrième à propos des 400 Coups, réalisé en 1959 (formidable leçon de pédagogie et nous prouvant qu'un travail sur un film, une pièce, une chanson...est toujours possible et efficace), ou les réactions de spectateurs ou professionnels croisés lors du dernier festival de Cannes (Wim Wenders nous y livre notamment un hommage très émouvant de Truffaut).

    Les dernières émissions étaient consacrées à L'après-Truffaut, ou son héritage, son influence, le fait qu'il passionnne toujours aujourd'hui. En effet, depuis sa mort, et surtout l'anniversaire des 20 ans de sa mort en 2004, François Truffaut apparaît de plus en plus comme une référence d'un cinéma français à la fois sur la pente "auteur et commerciale", comme le déchiffraient si bien les intervenants du débat de ce matin. De même, ses films bénéficient d'un traitement de plus en plus passionné et interéssé, aujourd'hui présent dans les programmes scolaires et faisant l'objet de nombreuses études. Grâce à cet emportement grandissant, je découvris Truffaut, d'abord par hasard avec sa performance d'acteur dans Rencontres du 3ème type (Steven Spielberg - 1977) et ensuite le visionnement du Dernier Métro (1980), me plongeant dans ses écrits et documentaires, alors tous étalés en librairie à ce moment précis. Je ne compris pas tout de suite que Truffaut était déjà mort et que ces étalages de livres "fêtaient" les 20 ans de sa mort. Je croyais que Truffaut était un pionnier incontournable dans l'histoire du cinéma et que c'était pour cette raison que tout le monde en parlait.
    En réalité, sa disparition soudaine en 1984 (et extrêmement regrettée) est pour beaucoup dans sa renommée actuelle, et dans les questionnements qu'il suscite. Dans certaines interviews de ses collaborateurs sur France Culture, la plupart affirmaient qu'il n'avait pas bénéficié de la reconnaissance actuelle de son oeuvre lorsqu'il était encore vivant. Cet intérêt posthume peut donc susciter quelques inquiétudes...

    Cependant, François Truffaut reste un homme ancré au cinéma, à la passion du cinéma, à son intensité. Wim Wenders disait que "tous ses films se reflétaient dans ses yeux" et le premier sentiment provenant de Truffaut et de chacun de ses films est cet amour pour les personnages, leurs personnalités et leurs malheurs. Cette sincérité et cette générosité, tout en restant très claires et fermes, définissent peut-être la fascination actuelle du cinéaste, dans un contexte d'un cinéma français, voire d'une société française, industriel et critiqué. Un homme aussi ouvert et précis que Truffaut ne peut que nous marquer et l'on peut espérer que cette chaleur humaine continuera à fasciner et faire réagir.
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    François Truffaut et Alfred Hitchcok, sur lequel il a publié un ouvrage d'entretiens passionnants


    Lien vers France Culture : ici