18.05.2008
bernardo sandoval - amor
CONCERT DE BERNARDO SANDOVAL
Amor
Samedi 17 mai 2008 au Théâtre Gérard Philipe de Frouard
Malgré la panne inattendue de la billeterie électronique ce soir-là, malgré la longue attente dans les bureaux pour obtenir son billet, le public restait curieux de découvrir le célèbre chanteur de flamenco, accompagné d'un ensemble de jazz.
Enfin, le noir se fait après le discours habituel du directeur, et les artistes s'installent simultanément : le pianiste Guillaume de Chassy, assis dos au public ; le contrebassiste raide Joël Trolonge ; le batteur décontracté Jean-Denis Rivateau ; et enfin Bernardo Sandoval, grande silhouette aux yeux baissés, assise maladroitement sur une chaise métallique inconfortable.
Après un interlude (de qualité) des trois musiciens, Sandoval commence à chanter. Lentement. Prudemment. De cette voix profonde, à la fois âcre et poignante qui nous surprend, nous impressionne.
Si les premiers morceaux reflètent une certaine sobriété, le concert suit une lente progression où se noue cette relation chaleureuse avec le public charmé et respectueux des dernières notes (mis à part quelques inhabitués). Les rythmes s'accélèrent alors, les coups d'oeil entre les membres du quatuor se font signe, les sourires apparaissent, les têtes se trémoussent. La passion anime de feu ces artistes, alternant engouement et sagesse, enjambement et profondeur des sensations.
Bernardo Sandoval nous fascine. Sa voix troublante provient du fond de sa coeur et de son coeur, tel un souffle de vitalité, transcendant le silence et les notes, animant les esprits. Si Sandoval est crampé intérieurement sur cette chaise, cela prouve sa concentration extrême. Cette chaise, si inconfortable soit-elle, est son seul rattachement à la scène. Sans elle, Sandoval s'envolerait, s'évaderait dans ce feu qui l'anime. Les pieds noirs luisants se contorsionnent dans tous les sens, les mains papillonnent d'extase, encadrant ce corps vibrant de musique.
Enfin, la guitare de Sandoval, complice inévitable et aujourd'hui célèbre, lui permet de retranscrire en notes frénétiques la force qui l'agite. Leur union forme un duo détonnant de rythme et de vibrations.
Sandoval est d'un charisme incroyable, irradiant sur la scène grâce à cette intériorisation qui le caractérise, tandis que les excellents musiciens accompagnateurs le surveillent et échangent des coups d'oeil complices, s'alliant pour électriser cette passion.
Le chanteur relevera à peine le regard lors des applaudissements. Il est et restera cette silhouette marquante aux yeux baissés, perdus dans la splendeur du flamenco-jazz et du feu brûlant qui le fait fondre sous les lumières sur scène.
Autres renseignements : le site de Bernardo Sandoval : http://www.bernardosandoval.com/
le site du TGP de Frouard : http://www.tgp-frouard.com/
18:17 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernardo sandoval, amor, flamenco, jazz, théâtre gérard philipe
20.01.2008
Juste la fin du monde
JUSTE LA FIN DU MONDE
Un spectacle de la compagnie Théâtre du Jarnisy, présenté au Théâtre Gérard Philipe de Frouard (lien ici)
Le samedi 19 janvier 2008
Administration : Alain Morlet
Ecrit durant les années 1990 par le regretté Jean-Luc Lagarce, auteur peu connu mais au style étonnant, cette pièce a été merveilleusement interprété hier, portant l'émotion à son comble dans une salle modestement remplie.
L e texte de Lagarce traite du retour d'un homme discret de 34 ans, Louis, dans sa famille, pour leur annoncer sa mort prochaine dû à une maladie. Mais la peur de blesser l'autre et l'extrême pudeur de chacun des personnages dominent parmi cette famille.
Le texte de Jean-Luc Lagarce est d'une extrême complexité et nécessite une écoute attentive et concentrée. Par de nombreux détours, il définit, voire dénonce, une société humaine fragile et trop ancrée dans une théorie du "paraître", du "faire semblant" face aux autres. Les répétitions volontaires, les longues périphrases ou soucis de grammaire des dialogues s'avèrent très difficiles à écouter ou à lire. Cependant, cette écriture exprime avec une forte émotion l'incapacité de communiquer, d'exprimer ces sentiments.
De plus, les comédiens de cette adaptation y sont tous doués et imprégnés dans leur personnage. Que ce soit la mère, (malheureusement interprétée par une comédienne trop jeune pour le rôle) effacée mais très digne ; la belle-soeur fragile et bien élevée ; mais surtout (et ce sont les plus touchants) la soeur, Suzanne, vieille fille au caractère bien trempé ; le frère Antoine, maladroit et bourru et enfin Louis, fantôme blanc silencieux.
La mise en scène d'Anne-Margrit Leclerc vient accentuer cette pudeur et cette retenue, sans pour autant rendre le jeu trop nostalgique. Tous les personnages restent sur scène, immobiles dans l'ombre, tandis que chacun d'entre eux vient avoir sa part d'expression auprès de Louis silencieux. Parfois un sourire, parfois un haussement de sourcils, toujours les mains dans les poches, habillé de blanc, le crâne chauve et totalement immobile, Louis (Laurent Fraunié) impressionne pourtant par sa présence. Ses monologues, tous adressés au public, sont d'une extrême émotion, et l'on sent l'esprit autobiographique de Lagarce derrière ses paroles.
Certains déplacements de meubles, danses légères et une musique rappelant Comelade viennent alléger le tout, en guise de pauses entre chaque scène.
Les relations familiales dépeintes éveillent de nombreux échos, de nombreuses reconnaissances dans le spectateur. Il y a cette unité que représentent cette famille ou pourtant les spectateurs se reconnaissent parfois.
Bref, un magnifique spectacle, au texte peu évident à mettre en scène et pourtant d'une justesse rare. Par exemple, l'avant-dernière scène concerne le monologue du frère de Louis, qui lui parle avant son départ, et est la plus émouvante partie, notamment grâce à l'interprétation des deux comédiens.
Le spectacle, que je conseille vivement, nécessite une grande concentration. Cependant, cette écoute est sûrement "un besoin du public " pour reprendre les mots de Philippe Sidre (directeur du TGP).
15:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2007
Ouverture de saison du TGP
Et ça y est ...
L'impression de rentrée est une nouvelle fois renforcée par l'ouverture de saison du TGP(alias Théâtre Gérard Philipe de Frouard, voir lien à gauche), hier soir à 19 heures. Les habitués étaient au rendez-vous, les moins habitués aussi, et certains passionnés absents.
Néanmoins, ce fut une excellente soirée, mélange de visages connus ou inconnus ; d'invités heureux ; de surprises encore tenues secrètes...Et de confitures ! Tout cela présenté par Isabelle Hiblot, chargée de l'action culturelle et de la com. et par Philippe Sidre, directeur du théâtre
Quels veinards , ces artistes invités sur scène.. Chacun, après sa petite présentation, avait droit à une tartine de confiture faite maison : coing, cerise, fraise, rhubarbe et marron (la préférée des spectateurs)...
-Laurent Vacher inaugura la soirée avec "Le mystère de la météorite", voyage multi-culturel sur le traget effectué par Théodore Monod en cherchant la météorite de Chinguetti.
-Ensuite, la seconde goûteuse fut une membre du fetival de "La tête Ailleurs"(dont j'ai oublié le nom...). ce festival, tout en recherchant une réelle qualité artistique, présente des spectacles brassant différentes personnalités aux difficultés sociales avec des professionnels. Au TGP aura lieu un concert de percussions "Oflé Nié" regroupant 15 musiciens.
-La troisième tartine fut Belge, avec un spectacle de Luc Dumont, "Trente-deux dix", une très belle histoire sur l'adolescence, l'amour et le jeu.
- 4 Lagarce culinaire ou la présentation d'une de pièces "Juste la fin du monde" sur l'attente et le retour ; et qui semble très prometteur...
-La 5ème dégustation fut en cours de création avec l'intervention de Jean de Pange, construisant en décentralisation son premier propre spectacle "Pourquoi j'ai tué Serge Gainsbourg", conte moderne concernant les retrouvailles de deux amis et hantépar l'icône artistique...
- Francesca Poloniato finit la dégustation de manière "ballerinesque" en présentant le ballet du CCN "La belle et la bête".
Mais outre ces artistes, ayant pris la peine de se déplacer (merci à eux) , il ya également de nombreux autres spectacles à pas manquer (voir le lien à gauche).
Après cette longue mais passionnante présentation se mit en place l'improvisation "A corps, à cordes, un trio" comprenant... un trio artistique : une danseuse superbe et très douce dans ses mouvements Zrinka Simicic ; une impressionnante violoniste-vocale Chris Martineau ; et un sculpteur jouant avec le bois Denis Tricot.
(Denis Tricot et ses sculptures)
Bref, comme l'a si bien exprimé Henri Klein (le président de l'association du TGP), invité en début de soirée sur scène (mais ayant raté la dégustation) :
"Je n'aime pas les ouvertures de saison, car après, on a envie de tout voir".
12:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








